[Edito] - Fragilité de la légère appréciation du Franc congolais à Kinshasa !
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[Edito] – Fragilité de la légère appréciation du Franc congolais à Kinshasa !

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[Edito] - Fragilité de la légère appréciation du Franc congolais à Kinshasa !

Si la semaine en cours s’est ouverte avec un taux de 1 650 CDF pour 1 USD, ce mercredi 02 Août 2017, le taux de change référentiel appliqué dans les bureaux de change agrées affiche 1 550 CDF contre 1 USD. Avec cette appréciation à la fois « fragile et temporaire » observée jusque-là de 100 CDF, ce taux de change se situe au même niveau que celui du 5 Juillet 2017 avant d’atteindre le pic de 1 710 CDF au 29 Juillet 2017.  

L’actuelle appréciation du Franc Congolais est consécutive notamment à un effet naturel de fluctuation liée à l’offre et la demande du Dollar US sur le marché de change. En effet, lors des échéances fiscales, les opérateurs économiques exportant leurs produits (réalisant leurs chiffres d’affaires en Dollars US) changent les devises sur le marché pour obtenir les Francs congolais afin de s’acquitter de leurs obligations fiscales.

Ainsi, des millions de dollars américains ont été déversés dans un marché de change congolais très affamé de cette devise étrangère et souffrant de la surliquidité des francs congolais. D’où, l’obéissance de ces deux monnaies à la loi de l’offre et de la demande.

Cependant, cette opération n’est pas une condition suffisante pour résorber la crise de la rareté des Dollars US dans l’économie congolaise non résiliente et nécessitant une diversification, mieux une industrialisation pour accroître sa production locale, réduire le volume de ses importations et augmenter le niveau de ses exportations des produits à valeur ajoutée.

Hélas, la fragilité de cette appréciation du Franc congolais s’explique par le fait qu’après les échéances de la fin du mois, les opérateurs économiques ont souvent besoin des devises pour pouvoir importer les marchandises de l’étranger (dans un contexte où plus de 90% de ce qui est consommé localement est importé). Dès lors, si la demande de la devise étrangère va accroître, le dollar US va se raffermir et le franc congolais va se déprécier davantage.

Aussi, faudrait-il ajouter, cette légère appréciation n’a aucun impact sur les prix des biens et services sur le marché. Ceux-ci sont restés à leur niveau élevé. Factures d’énergies (REGIDESO et SNEL), produits de première nécessité, services d’hébergement et de restauration, matériaux de construction, pièces de rechange et accessoire des véhicules, services de transport, … tous les prix sont en hausse.

Et donc, commentent certains analystes, rien ne sert d’entreprendre ce qui semble être une compagne de communication « mal placée » et « fondée sur une spéculation sans fondement » autour d’une appréciation fragile et temporaire de la monnaie nationale dans un contexte où le pays traverse une crise économique et financière inquiétante.

Si la solution pratique annoncée, tambours battants, par la Primature pour ramener le taux de change à 1 000 CDF le Dollar US est toujours attendue, la Banque Centrale du Congo ne ménage aucun effort pour éviter que le pire n’arrive. Toutefois, les solutions durables sont connues et elles ne relèvent pas d’incantations ni de simples déclarations encore moins de la spéculation artificielle. Entre-temps, le pouvoir d’achat du peuple congolais ne cesse de s’effriter.

Eric TSHIKUMA /Zoom Eco

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