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Jean-Oscar Ngalamulume : « le Budget de la RDC peut facilement atteindre 60 à 70 milliards USD »

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Jean-Oscar Ngalamulume : « le Budget de la RDC peut facilement atteindre 60 à 70 milliards USD » 1

Jean-Oscar Ngalamulume est de ces congolais qui sont convaincus qu’il est possible pour le Gouvernement Ilunkamba de relever le niveau du Budget de l’Etat dont les prévisions de 2020 le plafonnent autour de 7 milliards de dollars américains. De quoi interpeller le chef de l’Etat à donner l’impulsion pour une mobilisation accrue des recettes publiques.

Cet économiste estime qu’avec une fiscalité appliquée sur le capital humain dans un contexte de création de richesses et d’emplois décents, le Trésor public peut facilement capter 60 à 70 milliards de dollars américains. Ci-dessous, le contenu de sa Tribune :

Depuis le début du siècle, les missions régaliennes  de l’Etat moderne, c’est-à-dire, d’un Etat de droit se sont de plus en plus diversifiées, tout en entraînant ses objectifs vers la croissance économique qu’il doit atteindre. Or, cette  croissance économique est dans une large mesure fonction de l’investissement dont  la composante la plus appréciée de l’investissement, c’est le Capital financier…

La première source du revenu de l’Etat vient de taxes et d’impôts.

Pour qu’un Congolais paie l’impôt à l’Etat, non seulement qu’il doit avoir du travail, mais aussi un salaire décent qui lui  permet de payer le loyer, manger du premier au trente du mois, payer le transport, assumer les soins médicaux, payer le minerval de ses enfants et épargner.

Ce congolais qui remplit ces six conditions, grâce à son salaire, quel que soit son rang social, paiera l’impôt à l’Etat. Donc, pour rétablir les équilibres économiques rompus, notre pays a besoin de deux capitaux.

Capital humain et capital financier

Du point de vue Capital humain, nous sommes estimés à 90 millions d’habitants. L’Etat congolais a le devoir de favoriser la formation de la main d’œuvre et surtout,  la spécialiser.

L’accumulation du capital humain, capable de contribuer au développement du pays, est une fonction croissante du temps consacré à l’éducation. C’est-à-dire,  à la formation du Capital humain. Elle est formulée de la manière suivante: h,=S (l-u,) h.

Donc, l’investissement en capital humain comprend les dépenses d’éducation, d’apprentissage, de formation, ce qui permettra aux entreprises de bénéficier d’une main d’œuvre qualifiée, celle qui devrait s’insérer dans un environnement favorable au développement des entreprises.

Du point de vue Capital financier, le Congo a deux choix. Ou il autofinance sa reconstruction, ou il fait recours à la communauté financière internationale, tout en renforçant le contrôle de l’affectation des capitaux mobilisés  vers le réaménagement des facteurs de la production, c’est-à-dire, la création des nombreux emplois et des salaires décents pour la meilleure consommation.

En effet, s’il arrivait que l’Etat congolais facilitait la tâche à l’entreprenariat privé, seul capable de créer plus au moins 500 millions d’emplois et payer des salaires décents, c’est-à-dire,  un SMIG de 500 dollars par mois, sur lequel l’Etat percevra ne fût-ce que 50 dollars par mois.

Faisons le calcul le plus simple: prenons 50 dollars que l’Etat perçoit sur le salaire de chaque Congolais qui travaille et multiplions par 50 millions des  Congolais qui touchent 500 dollars, l’Etat aura 2.500.00000 de dollars chaque mois dans sa caisse. Multiplions 2.500.000.000 dollars par 12 mois, l’Etat aura déjà 30.000.000.000 de dollars d’impôts sur la masse salariale.

Et lorsqu’il y ajoutera la DGRAD, la DGI, la DOUANE, la DGM et d’autres services d’impôts et de taxes connexes….

Le Budget de la République Démocratique du Congo peut être facilement estimé entre 60 et 70 milliard de dollars américains.

La politique budgétaire est l’œuvre du Gouvernement à travers lequel il définit la politique qui lui  permet d’agir sur l’économie du pays en utilisant son pouvoir de fixer les recettes et les priorités dans la répartition des dépenses publiques. Elle est donc un moyen dont il dispose pour réguler l’économie et conduire des actions sur les cycles économiques afin d’atteindre ses objectifs que ce soit dans le domaine social ou économique.

L’Etat qui a un bon budget grâce aux impôts peut réorganiser et équiper les services de renseignements, la police, l’armée et la fonction publique. L’Etat qui a plus de  moyens grâce aux impôts,  peut réaliser les grands travaux publics en construisant des hôpitaux, des écoles, des prisons, des ponts, etc.

L’Etat qui a plus des moyens grâce aux impôts paiera décemment les fonctionnaires et  Agents de l’Etat. Il pourrait même donner des bourses d’études aux étudiants des humanités.

A condition de retenir une chose : TOUT CE QUI EST UMPUNI  EST DONC PERMIS.
Lorsqu’on a un malade, il faut lui administrer un traitement approprié à la place de calmant.

La classe politique congolaise est spécialisée dans de  nombreuses déclarations et effets d’annonces à la place du débat en toute responsabilité sur un projet de bonne gouvernance, capable de rétablir les équilibres économiques rompus, à l’instar de l’objectif 80, du  changement des  mentalités, de la  nouvelle citoyenneté etc.

Changement des  mentalités, un cas de conscience…

« Je suis enseignant animé d’une volonté exceptionnelle de changer la mentalité, j’habite Bandalungwa et je travaille à N’djili… Pour me rendre sur le lieu de mon travail, je dois emprunter le transport chez mes voisins, mon loyer de trois mois impayés, l’eau, l’électricité et le minerval de mes enfants impayés…J’arrive à l’école et passe l’examen à mes 70 étudiants…40 réussissent, 30 qui ont échoué  s’organisent, préparent l’enveloppe et viennent me trouver,  moi Professeur animé d’une volonté exceptionnelle de changer la mentalité, ils me font comprendre qu’ils ne veulent pas reprendre la classe… ».

Vous donnez  des  leçons  de changement des  mentalités, à la place de ce Professeur, de quel côté vous pencherez-vous?

Ce que je dis pour l’enseignant, je peux aussi le dire pour un fonctionnaire, un agent de l’ordre ou un agent de l’Etat. On ne peut comprendre le présent  dans le but de construire l’avenir que lorsqu’on a la connaissance profonde du passé.

Jean-Oscar Ngalamulume

Edito

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