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Prof. Kinkani aux élus : «prenez courage, oubliez-vous et faites-nous avancer !»

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Prof. Kinkani aux élus : «prenez courage, oubliez-vous et faites-nous avancer !» 1

[LETTRE OUVERTE] – Le professeur Frédéric Adelbert Kinkani Mvunzi Kamosi demande au président de la République, aux députés nationaux et aux sénateurs de la Rd Congo  de prendre leur courage en mains, de s’oublier un moment, d’oublier celui ou celle qui est derrière eux, de privilégier l’intérêt du peuple et de lui faire avancer. Il leur a adressé une lettre ouverte avec l’objet : « Révision de la loi électorale et de certains articles de la Constitution. » Ci-dessous, l’intégralité :

– A Son Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat

(Avec l’expression de toute ma déférence Républicaine)

– Aux Honorables Députés Nationaux et Sénateurs de la RD Congo.

Concerne : Révision de la loi électorale et de certains articles de la Constitution

Excellence,

Honorables,

Je vous écris patriotiquement pour provoquer votre jugement et votre rationalité. Bien plus, pour vous inciter à créer une originalité propre à la République Démocratique du Congo, en ce qui concerne notamment sa « démocratie électorale ».

Vous savez comme moi que plusieurs de nos textes légaux sont pratiquement des copies certifiées conformes aux textes légaux d’autres pays tant il est vrai que nous tombons souvent dans l’impasse face à certaines réalités de notre pays. Cependant, n’étant qu’un simple observateur de la réalité politique congolaise, je ne vais pas m’engager dans des considérations qui vont au-delà de mes compétences.

Je vais m’atteler sur quelques aspects liés à la loi électorale et que j’estime nécessaires à la révision pour d’une part, lutter contre le clientélisme, le népotisme, la corruption, etc., et d’autre part, pour promouvoir un système de suppléance propre à la République Démocratique du Congo.

1° Sur le mode d’élection des Sénateurs

Selon les textes en vigueur, les Sénateurs représentent les provinces et celles-ci constituent leur circonscription électorale. Après l’expérience de 2007 et 2019, il n’est point besoin d’être savant pour comprendre et voir que l’élection des Sénateurs a montré le degré de corruption que notre pays a atteint. Tout l’argent sorti des poches et/ou des caisses par les uns et les autres pour se faire élire Sénateurs pourrait pourtant construire des écoles ou des hôpitaux propres à notre « tropicalité ».

Partant de cette expérience qui corrompt malheureusement les consciences de toute notre jeunesse, il faut prendre tout le courage nécessaire pour arrêter l’hémorragie de la corruption qui devient une identité nationale.

Pour ce faire, je propose que l’élection des Sénateurs soit désormais directe. Comment cela sera-t-il possible ? Plutôt que d’avoir deux scrutins pour les élus au niveau national (Députés Nationaux et Sénateurs), la Loi doit être révisée pour que nous ayons plutôt élections des Députés et des Sénateurs sur la même liste. Selon le nombre de sièges prévus pour chaque territoire, les meilleurs élus seront proclamés Députés Nationaux.

Par la suite, on prendra les meilleurs perdants sur l’ensemble de la province et ceux-ci seront proclamés Sénateurs selon le nombre de sièges prévus pour ces fonctions dans chaque province.

2° Sur l’élection des Gouverneurs

Après ce que nous avons connu pendant le pouvoir du Maréchal Mobutu et les deux dernières expériences sur l’élection des Gouverneurs des provinces, ayons le courage de reconnaître que ces fonctions sont réservées aux plus nantis financièrement. Entre temps, les provinces ne décollent pas, et des forts dangers guettent notre unité nationale avec la montée d’un régionalisme, d’un territorialisme et d’un tribalisme sans âme.

Pour mettre fin à cette farce et à la menace, je propose que soit supprimée l’élection des Gouverneurs des provinces et que ceux-ci, comme Chefs des Exécutifs provinciaux, soient nommés suivant la même procédure qui préside à la nomination du Premier Ministre, Chef de l’Exécutif national.

En termes clairs, le Gouverneur de province sera nommé par le Chef de l’Etat et issu de la majorité au niveau de l’Assemblée provinciale, sur proposition de celle-ci ou sur décision du Président de la République, usant de son pouvoir discrétionnaire. Il peut tout aussi nommer une personnalité indépendante (société civile) dont la notoriété impacterait positivement sur le décollage de la province.

Partant de ce pouvoir discrétionnaire, le Président de la République peut nommer dans une province une personnalité non originaire appartenant à un des partis majoritaires au niveau de l’Assemblée provinciale, car l’autochtonie montre de plus en plus ses limites.

Pour le dire mieux, je propose que les fonctions de Gouverneur de province soient calquées sur le modèle de la désignation et de la nomination du Premier Ministre dans la mesure où le Gouverneur est le Chef de l’exécutif provincial. Plutôt qu’une « élection formelle », les Gouverneurs des provinces sont nommés par le Président de la République après concertation et avis des parties idoines.

Mais pour ne pas diminuer les pouvoirs des Assemblées provinciales, le Gouverneur est sanctionnable par celles-ci et le Président de la République a l’obligation de démettre le sanctionné endéans 14 jours.

3° Sur la suppléance au niveau provincial et national

Pour lutter contre le clientélisme et le népotisme, je pense que l’on doit passer de la suppléance électorale à la suppléance des fonctions. En effet, l’expérience congolaise montre que c’est sur base des considérations partisanes que les candidats aux différentes élections se choisissent les suppléants qui les remplaceront en cas d’incompatibilité, et qu’ils pourront revenir à la charge dès que le miel rêvé prend fin.

Et généralement, les suppléants se recrutent dans la coterie, et ils ne sont pas connus des électeurs. Il semblerait même que certains suppléants qui ont siégé par le passé ne touchent pas la totalité de leurs émoluments parce que le gros morceau revient à l’élu lui-même. C’est une farce qu’il faut endiguer.

Au regard de ce qui précède et de tout ce que vous savez à ce sujet, je propose que la suppléance des fonctions du Député National, de Sénateur et du Député Provincial revienne aux meilleurs perdants de la liste des candidats proclamés élus.

Excellence,

Honorables,

Je vous invite patriotiquement à oublier les calculs personnels du passé et de voir l’avenir. J’estime important que nous apprenions tous à faire autrement que de copier chaque fois ce qui se passe ailleurs. Vous et moi sommes conscients que le clientélisme, le favoritisme, le népotisme et la corruption ont atteint des proportions très inquiétantes.

Nous vivons pratiquement dans une société où la pétition des principes devient la règle. Nous ne devons pas nous limiter à observer ou à dénoncer, mais nous devons par la pensée et l’action tous agir, vous les Elus en premier, pour tenter de mettre fin à ces pratiques honteuses.

Face à cela, seules, alors seules les bonnes dispositions légales et réglementaires qui s’attaquent aux maux connus peuvent nous sortir de cette société devenue quasiment une caste des mandarins.

Albert Einstein n’avait pas du tout tort lorsqu’il disait, je cite : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire ». Il le dit davantage mieux : « Le monde est dangereux à vivre. Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire ».

Excellence,

Honorables,

Prenez courage, oubliez-vous un moment, oubliez celui ou celle qui est derrière vous, voyez le peuple qui vous entoure de partout, et avançons ! Que dis-je, faites-nous avancer ! Oui, un élu, par essence, est un visionnaire. Il en va de votre honorabilité.

Je vous fais confiance. Et ceux qui partageront mon point de vue attendent, crosse levée !

Au nom de la Rationalité,

Sentiments patriotiques.

Vive la République !

Fait à Kinshasa, le 11 juillet 2019

Professeur KINKANI MVUNZI KAMOSI Frédéric Adelbert, PhD

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