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RDC : 48H après, l’énigme reste entière

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Au lendemain de son Congrès, trois mois seulement après le début de l’année 2017,  une première depuis 2006. Le Président de la République, Joseph Kabila n’est pas allé faire le bilan de l’année comme le veut la coutume en la matière. Alors que nous ne sommes qu’au premier trimestre de l’année rien ou presque n’a pu être fait par le Gouvernement Badibanga.

Trimestre plutôt noir, au plan sécuritaire, marqué par la mort de plus d’une centaine des compatriotes parfois dans des circonstances atroces dans une région pourtant réputée calme.

Au plan économique, c’est le trimestre du Yo-Yo dans le rouge du Franc Congolais et de la dégringolade continue du pouvoir d’achat des congolais.

Au plan politique, la mort du Président Tshisekedi a porté un coup dur au processus des négociations autour de la CENCO. Un temps suspendu dans l’espoir de l’organisation des obsèques, un temps de repis le temps de finir « l’Arrangement particulier » vocable péjoratif résumant l’intérêt devenu primordial de la classe politique, toutes tendances confondues, à partager le pouvoir.

Le Président de la République, conscient de ces réalités, a pour chacune proposée des pistes de solution. Si au plan militaire son domaine de prédilection, une série d’ordonnances a été prise pour mettre en place un dispositif plus dissuasif pour juguler la violence qui endeuille le Kasaï.

En revanche, pour les autres questions notamment celles de la résorption de la crise économique avec tout son corolaire et l’organisation des élections ; celles-là  restent intimement liées à la nomination du prochain Gouvernement et par sa capacité d’une part à reprendre les discussions avec les instituions financières internationales en vue d’atténuer la crise sociale toujours plus dévastatrices et d’autre part l’organisation des élections qui rappelons le coûteront près d’un milliard des dollars.

Consensus impossible ? 

Joseph Kabila conscient de la fragilité de l’accord du 18 octobre a confié à la CENCO la mission de poursuivre ces pourparlers en vue de déboucher sur un consensus qui permette la tenue des élections apaisées et inclusives.

Si la conclusion de l’accord du 31 Décembre en lui même n’a pas duré longtemps la conclusion des discussions sur l’arrangement particulier qui devrait préciser l’accord ont accouché d’une souris.

Deux principales questions ont opposé la Majorité de Joseph Kabila et le Rassemblement conduit désormais par le fils Tshisekedi de connivence avec Pierre Lumbi. Les positions des uns et des autres sur les conditions de nomination du Premier Ministre et la désignation par consensus du Président du CNSA ont fini par agacer Les évêques.

Ces derniers ont fustigé à maintes reprises l’intransigeance et l’égoïsme des hommes politiques. Ils ont été contraints à rendre la main à Joseph Kabila terminant ainsi sur une note mitigée leur médiation tant portée et soutenue par la communauté internationale. Et présentée comme la médiation de la dernière chance.

Joseph Kabila, cette fois dans son rôle du Garant de la nation, a entrepris des consultations auprès de toutes les parties prenantes aux discussions aussi bien de la cité de l’OUA qu’autour de la CENCO pour essayer de trouver une voie médiane de sortie de crise.

Felix Tshisekedi, Chef du Rassemblement a décliné l’invitation et pourtant dans l’émission Top Presse sur Top Congo, il a dit sa disponibilité à voir le Président confirmant ainsi une demande d’audience faite le 08 mars dernier. La suite qui y a été réservée par le Dircab Mwilanya et largement partagée sur les réseaux sociaux consacre aux yeux du Rassemblement la reconnaissance par Kabila et son camp de l’aile dissidente du Rassemblement.

Garant de la Nation ou Chef de la Majorité ?

En annonçant la nomination d’un Premier Ministre dans les 48 heures, le Chef de l’état a-t-il voulu mettre la pression sur le Rassemblement ou justifier un nouveau débauchage à la Badibanga?

Dans les prochaines heures, peut-être, nous en saurons davantage par le profil du Premier Ministre qui sera nommé. En sommant le Rassemblement de taire ses divergences et de lui proposer des noms dans un délai si bref, Joseph Kabila savait que l’unité est impossible avec la vague des expulsions lancées par Felix au nom du respect de la ligne du Rassemblement. Mubake en est la dernière victime. Il tranchera donc à sa façon sur les deux questions restées pendantes.

Adieu l’arrangement particulier, pour certains, il ne sera jamais signé n’en déplaise au Rassemblement originel qui continue d’y croire se référant au communiqué signé ce 05 avril 2017 en réaction au discours de Joseph Kabila.

Pour la Primature, Joseph Kabila, sauf surprise devrait nommer dans le Rassemblement dissident. Et même s’il arrivait à nommer Felix, cela ne relèverait plus du plan tracé par l’accord qui subordonnait cette nomination à la signature de l’arrangement particulier.

Élections sans communauté internationale ?

Comme Il en a pris l’habitude, Joseph Kabila a réservé une partie de son discours à la communauté internationale. Sans ambiguïté, le Chef de l’Etat semble avoir fermé toutes les portes à un quelconque ingérence de la communauté internationale pour l’organisation des élections qui relèvent pleinement de la souveraineté nationale, d’après Joseph Kabila.

A bien le lire ou à bien le comprendre, Joseph Kabila est resté égal à lui même. Dans le mystère qu’on lui reconnaît, aucun mot sur son avenir et aucune assurance que l’idée du référendum a été totalement écartée.
Le pays reste donc suspendu au choix du futur Premier Ministre. Le profil tracé, l’autorité de nomination connue, reste à savoir qui ce sera et quelle sera sa marge de manœuvre. Sera-t-il un Badibanga bis? Qui ne laisse presqu’aucun souvenir de son passage au prestigieux bureau de Lumumba ou ce sera l’homme qui pourra rassurer le peuple congolais, Joseph Kabila et la communauté internationale pour assurer enfin le rendez-vous de l’alternance ?

Le discours n’a duré que 30 minutes, de 12h12 à 12h42, dans une salle chauffée par ceux que d’aucuns qualifient des «djalelistes» et vide des Députés du Rassemblement. Joseph Kabila est resté insondable et l’énigme sur l’avenir immédiat du pays reste entière.

 Cheveux et moustaches grisés du fait de l’âge ou des responsabilités, seul Joseph Kabila en sait quelque chose.

Bien au-delà, observent certains analystes, l’attitude du fils ressemble à celle du père. Mais le fils ne sera jamais le père.

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