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RDC : Didier Mumengi préconise un « état d’urgence agricole »

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L’économiste-écrivain, Didier Mumengi a préconisé un état d’urgence agricole en Rd Congo. Dans son ouvrage « Le livre bleu », il explique les mécanismes d’opérationnalisation de cette action d’envergure nationale. « La faim déshonore l’humanité que nous représentons au cœur de l’Afrique. Vaincre à la hussarde l’insécurité alimentaire est le prix de notre fierté, en tant que peuple et pays », alerte – t – il à travers le projet novateur numéro 7 pour le bâtir le nouveau Congo. Zoom Eco amorce la série de synthèse des aspects économiques et financiers de cet ouvrage qui lance le débat sur la future économie congolaise.

L’enjeu est de taille au vue du potentiel dont dispose la RDC pour assurer sa sécurité alimentaire. D’où, l’impératif de décréter  l’état d’urgence agricole, qui induit au premier chef la nécessité de reformulation du modèle territorial rural en, vigueur, à travers : « un nouvel aménagement du territoire rural en vue d’un nouveau zonage agricole national ».

Les idées de Mumengi

Cette transformation des systèmes territoriaux ruraux a pour but d’améliorer les conditions d’exploitation des propriétés rurales agricoles ou forestières, d’assurer la mise en valeur des espaces naturels ruraux et de contribuer à l’aménagement paysager du territoire rural, à travers des plans locaux d’aménagement rural. Ce nouvel aménagement du territoire rural va couvrir notamment des actions en faveur de la sécurisation foncière par l’élaboration de règlements fonciers et de zonage agro-pastoral sur terres coutumières, y compris la réalisation de baux sur terres coutumières.

Cette réorganisation des territoires ruraux concernera également, d’après lui, des dispositifs structurants. Dans le lot, la réglementation des boisements ; la construction des pistes, routes, ponceaux pour la mobilité rurale ; opportunités locales d’énergie électrique (solaire, éolienne ou hydraulique ou mix-énergie) ; et, mise en valeur des terres incultes ou sous exploitées et gestion stratégique des ressources naturelles.

Pour parvenir à ce nouvel aménagement du territoire rural en vue du zonage agricole, Didier Mumengi préconise une intervention sur trois axes stratégiques.

Village agro-pastoral (VAP)

Le concept veut que la raison d’être de chaque village congolais corresponde à la volonté de la vie rurale d’intégrer une division productive nationale, en forgeant une organisation communautaire axée sur la pleine activité agropastorale locale.

« Le chef du village, au-delà du pouvoir traditionnel, doit être un moniteur agricole. Le Conseil du village devra être compétent pour administrer une vie rurale dorénavant en phase avec les exigences de productivité agropastorale intensive », a – t – il proposé.

Agro-groupement (AG)

Il a vocation de fédérer et de regrouper l’ensemble des acteurs des villages du groupement, pour mieux planifier le cycle cultural entre lesdits villages, et définir un système de culture cohérent, harmonieux et enthousiasmant. Et ce, en couvrant l’ensemble des segments de la chaîne de valeur agricole.

En sa qualité d’Agro-planificateur, soutient Didier Mumengi, le chef de l’Agro-groupement a l’obligation de s’assurer que toutes les activités secondaires et tertiaires relevant de l’agriculture sont prises en considération dans le plan général des activités agro-pastorales du groupement. Et son administration devra veiller à faciliter l’accessibilité des services agricoles divers et des équipements ruraux dans une optique d’équité territoriale.

District agro-industriel (DAI)

Il s’agit du lieu où devront s’élaborer les programmes de développement rural fondés sur les besoins des territoires. Sa mission d’accompagner la mutation économique des territoires ruraux est orientée sur cinq priorités.

Le transfert de connaissances et l’innovation ; l’amélioration de la viabilité et la compétitivité de tous les types d’agriculture et la promotion des technologies innovantes ; la promotion de l’organisation de la chaîne de production agro-alimentaire industrielle ; la restauration, la préservation et le renforcement des écosystèmes liés à l’agriculture et la foresterie ; et, la promotion de l’inclusion sociale, la réduction de la pauvreté et le développement économique dans les zones rurales.

Par ailleurs, le 7ème projet novateur pour bâtir le Congo dans le secteur agricole prévoit également la mise en place d’une plate-forme d’incubateurs agro-alimentaires dans chaque District agro-industriel. Objectif : favoriser davantage l’aspirant agriculteur dans une agriculture et une ruralité données. Ainsi, le Contrat d’appui au projet d’entreprise agricole (CAPEA) permettra de contractualiser l’entrée de tout porteur de projet dans l’incubation. Par cet acte, la structure incubatrice s’engage à fournir au bénéficiaire un appui pédagogique, des moyens logistiques et des conseils personnalisés.

Didier Muengi préconise aussi deux dispositifs d’accompagnement de l’état d’urgence agricole. D’abord, la Banque d’expension agricole et du développement rural (BEADR) avec un réseau national établi à travers les 145 territoires et 26 provinces. Ensuite, un impératif d’accorder 22% des prévisions budgétaires de l’Etat à l’agriculture pendant trois ans.

L’état d’urgence agricole exige à l’exécutif national l’érection de quatre Zones d’investissement agricole prioritaire (ZIAP) à travers le pays et le lancement du programme « essor agro-industriel accéléré ». Mais aussi, la création d’un Commissariat général à la sécurité alimentaire nationale chargée d’élaborer et gérer le programme de sécurité alimentaire nationale décliné en différentes filières.

Zoom Eco

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