Connect with us

a la une

RDC : JED propose quatre mesures au gouvernement pour renforcer la liberté de la presse 

Published

on

RDC : JED propose quatre mesures au gouvernement pour renforcer la liberté de la presse  1

Journaliste en danger (JED) constate que la situation de la liberté de presse demeure précaire en RD Congo. Six mois après l’accession au pouvoir du président de la République, Félix Antoine Tshisekedi, et en dépit de son engagement à « promouvoir la presse pour en faire véritablement un quatrième pouvoir », déplore cette structure de défense des droits des journalistes, aucune mesure concrète sur le plan juridique ou sécuritaire n’a été prise pour renforcer la liberté de la presse et la protection des journalistes.

Dans un rapport sur « la sécurité des journalistes et le problème de l’impunité pour des crimes commis contre des journalistes » réalisé, au mois de juin 2019, avec l’appui du Réseau Africain de la Liberté d’Expression (AFEX), Journaliste en danger (JED) constate une détente précaire dans le climat général de travail des journalistes en RDC.

Afin d’appuyer une dynamique générale et collective de changement nécessaire à la promotion de la liberté de la presse en général, et de la sécurité des journalistes, JED  a formulé plusieurs recommandations au gouvernement de la République :

· Réformer le cadre légal répressif sans délai en consacrant la dépénalisation des délits de presse afin que les journalistes puissent exercer sereinement et librement leur indispensable rôle de quatrième pouvoir ;

· Mettre fin aux arrestations des journalistes et aux suspensions arbitraires des médias en confiant à un organe de régulation indépendant l’exclusivité des prérogatives de sanctions et en sensibilisant les forces de sécurité et acteurs du monde judiciaire aux droits et devoirs des journalistes ;

· Mettre en place un mécanisme national de protection des journalistes doté des moyens et des relais dans les différentes institutions afin que les exactions commises contre les professionnels du secteur ne restent pas impunies;

· Mettre fin à l’impunité des crimes commis contre les journalistes en relançant les enquêtes sur les journalistes assassinés pendant la période de l’ancien régime.

Par ailleurs, ce Rapport de JED analyse schématiquement la situation de la liberté de la presse au cours de la période allant de 2017 à 2019. Il rapporte que les années 2017 et 2018 n’ont pas connu des progrès significatifs en matière de la sécurisation physique, judiciaire et légale des journalistes dans l’exercice de leur profession.

« Le nombre des journalistes attaqués et des médias réduits au silence était resté toujours élevé. La liberté d’expression en ligne n’était pas épargnée. La volonté d’étouffer les médias en ligne et de restreindre les espaces de liberté et d’expression était très manifeste en RDC, surtout pendant la période de tension électorale. Ce tableau sombre justifie la mauvaise place de la RDC au classement mondial établi par Reporters Sans Frontières où la RDC y occupe la 154ème place sur 180 pays, soit son rang le plus bas », précise – t – il.

Depuis la publication, le 2 novembre 2018, de son Rapport annuel sur l’état de la liberté de la presse et d’expression en RDC, JED affirme avoir déjà recensé une quarantaine de cas d’attaques ou d’atteintes à la liberté de la presse, dont près de la moitié des cas enregistrés après la prise de pouvoir par le nouveau président.

Quatre ans après le dernier Examen périodique universel (EPU) devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies réuni en 2015, la RDC n’a toujours pas mis en application les recommandations relatives à la liberté de la presse qu’elle avait pourtant acceptées. Aucune “mesure appropriée” n’a été prise pour “protéger les journalistes” par exemple.

A RE(LIRE) : Kabila cède une presse moribonde, Fatshi invité à protéger les journalistes (JED)

« Jusqu’aujourd’hui en fait, la RDC s’appuie encore sur un texte de loi adopté en 1996, sous la dictature du Maréchal Mobutu, texte prévoyant, en référence au Code pénal, des peines de prison et de fortes amendes pour la diffamation ou l’outrage aux autorités. Ce texte de loi menace et limite ainsi la liberté d’expression et son corollaire la liberté de la presse, d’une part, et donne aux détenteurs des pouvoirs publics et privés, une marge de manœuvre suffisante pour attaquer les journalistes, d’autre part », peut-on lire dans ce Rapport de JED.

Pour JED, malgré les multiples appels lancés à l’Etat congolais aucune mesure concrète n’a été prise par les autorités du pays en faveur de la liberté de la presse en général, et de la sécurité des journalistes en particulier. Et c’est cette culture d’impunité qui encourage les actes de violence contre les journalistes.

Nadine FULA

Sur le même sujet :

RDC : JED publie la liste de «bourreaux» des journalistes en 2018 !

Continue Reading
Advertisement
Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Edito

Advertisement