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RDC : Le franc congolais a perdu plus de 75% de sa valeur depuis fin 2015 [Tribune]

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RDC : Le franc congolais a perdu plus de 75% de sa valeur depuis fin 2015 [Tribune]

Dans une tribune intitulée : « Le déficit commercial et la dépréciation du taux de change en RDC », l’Economiste Steve Kilula constate que le taux de change s’est indûment déprécié en dépit de nombreuses interventions de la Banque Centrale du Congo. Et donc, entre fin 2015 à ce jour, il s’observe une dépréciation de plus de 75% en considérant  le taux change partant de 945 CDF à 1 650 CDF le Dollar US. Il tente d’expliquer cette situation. Zoom Eco vous propose l’intégralité de cette tribune :

[Steve Kilula] – L’usage des monnaies étrangères comme instrument de paiements, non pas seulement dans les transactions internationales, mais aussi à l’intérieur de économie congolaise, est l’aboutissement d’un phénomène progressif connu sous  le nom de « dollarisation de l’économie », parce que le dollar est la principale devise utilisée à cette fin.

La dollarisation s’est développée en RDC, suite à une forte dépréciation de la monnaie nationale qui a entraîné une forte inflation ou « inflation chronique », voire de l’hyperinflation, depuis les années quatre-vingt et surtout quatre-vingt-dix.

Après une stabilité macroéconomique entre 2003 et 2015, suite notamment une conduite des politiques monétaires plus efficace contre l’inflation (que pendant  toute la période antérieure), « les changements structurels liés à la mondialisation et un concours de circonstances favorables, i.e. à la bonne chance » (voir, Tcheta-Bampa, 2015, 2016), l’instabilité macroéconomique de la RDC est redevenue forte.

Le taux de change s’est assidûment déprécié (comme l’indique le graphique suivant), et ceci malgré les nombreuses interventions de la BCC.

Si on considère le taux change, jadis échangé à 945 FC contre un dollar américain fin 2015, aujourd’hui ce dernier s’échange à 1635 FC (soit, une dépréciation de 75 %).

Cette dépréciation entraîne en conséquence, une perte de pouvoir d’achat des ménages, en particuliers celui de des fonctionnaires et autres agents de l’Etat.

Ce qui a motivé la décision du gouvernement de payer les agents et fonctionnaires de l’Etat dès ce mois de Juillet, au taux de 1 425 CDF le Dollar US.

 

Toutefois, mais nous pensons que cette décision n’est pas une bonne et est prise à la hâte sans comprendre et s’attaquer aux vrais problèmes, qui est le déficit de la balance de paiement.

C’est ce déficit extérieur qui détermine la dépréciation du taux de change. Tcheta-Bampa, dans son article sur la leçon de l’expérience récente de la dépréciation, décrit le lien entre le déficit commercial et l’évolution du taux de change en RDC comme suit (p. 9) :  « La RDC est structurellement en crise de balance des paiements parce que la propension à importer est plus forte que le taux de croissance des exportations et des réserves en devise. La valeur de la monnaie nationale devrait baisser parce que s’il y a de déficit, c’est-à-dire les exportations de biens et services sont inférieures aux importations. Or, les exportations rapportent des dollars qui sont nécessaires pour acheter les importations. Comme les exportations sont structurellement faibles, il n’y a pas assez de dollars et donc les entreprises de la RDC qui importent, elles sont obligées de demander du dollar. Donc, elles offrent du Franc Congolais sur le marché des changes et elles demandent de dollar. Le résultat, ce qu’il y a une offre du Franc Congolais importante (parce que les entreprises congolaises ont besoins de beaucoup de dollars), et par contre la demande du Franc Congolais n’a pas tellement de raison d’être importante, parce que la RDC exporte peu, le résultat ce qu’il y a une baisse de la valeur du Franc Congolais parce que l’offre du Franc Congolais est supérieure à sa demande sur marché ».

La faiblesse structurelle des réserves internationales de la RDC est donc expliquée par le déficit commercial du à la fois à la baisse de la valeur des exportations (à cause des prix bas des produits de base) et à la faible compétitivité.

Enfin, le conflit politique a de plus en plus aggravé la crise économique.

La baisse des réserves est ainsi causée par les faibles entrées de capitaux qui entraînent les déficits extérieurs ainsi qu’à la sortie de capitaux suite à la baisse des prix des produits de base et à l’augmentation du risque politique depuis la non organisation des élections qui devraient se tenir entre octobre 2015 et novembre 2016.

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