RDC : les effets économiques d’un hypothétique troisième mandat présidentiel !
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RDC : les effets économiques d’un hypothétique troisième mandat présidentiel !

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[EDITO] – La crise politique tient les opérateurs économiques en haleine. Cette réalité n’est pas particulière à la RDC. La non tenue des élections en 2016 et, actuellement la polémique autour d’un prétendu troisième mandat présidentiel pour le chef de l’Etat, Joseph Kabila, ont contribué et risque encore d’accélérer le ralentissement des activités économiques à travers le pays.

Autant que la classe politique, le monde des affaires affiche un intérêt particulier au dénouement de la situation politique en RDC. Ceci pour la simple raison que la stabilité politique conditionne le climat des affaires en générant des effets considérables sur les incitations à investir par le mécanisme des anticipations.

En effet, ce jeudi 19 juillet 2018, le président de la République prononcera son discours sur l’état de la Nation. Discours d’adieu, discours d’au revoir ou discours de continuité ? Le mystère reste entier tant que le chef de l’Etat a cultivé l’art du secret, du mythe sur ses réelles intentions.

Depuis la fin de son mandat en 2016, certains analystes soulignent le choix tactique du silence de la part du Chef de l’Etat, alors que ses principaux lieutenants laissent penser à un hypothétique prolongement de son séjour au commandes de l’Etat. Même si, pour d’autres analystes, quelques actes posés par l’Exécutif dans le cadre du processus électoral et politique présageraient le départ de l’autorité morale de la majorité présidentielle du Palais de la Nation.

Qu’à cela ne tienne, le discours de Joseph Kabila, très attendu autour de 15 heures locales ce jeudi, sera prononcé dans un contexte de suspicion et de tension. Une situation justifiée par une application controversée de l’Accord de la Saint Sylvestre et une violation “consensuelle” de la Constitution de la République qui constituent pourtant les balises de la bonne conduite du processus électoral inclusif, apaisé et crédible.

Au-delà des discours politiques des uns et des autres, avec l’implication de l’église catholique à travers le Comité laïc de coordination (CLC), un nouveau blocage semble se profiler à l’horizon. Ce qui risque d’attiser le feu des incertitudes politiques rongeuses et destructrices de l’économie nationale. Des scientifiques – Economiste Albert Tcheta-Bampa et Juriste Bavick Mankinda ont démontré comment la crise politique exerce des conséquences négatives sur la croissance économique, organise la prédation des élites et l’enfermement du pays dans les pièges d’équilibre du sous-développement.

Déjà que la situation économique est peu reluisante. Depuis le début de cette crise électorale à ce jour, la monnaie a perdue environ 45% de sa valeur face au dollar américain. Le pouvoir d’achat du peuple congolais n’a cessé de s’effriter sans que l’augmentation des salaires ne soit conséquente. Les bars, restaurants, café, … connaissent une baisse des chiffres d’affaires allant de 20 à 40%. Les recettes de l’Etat ont baissé sensiblement alors que les charges liées aux impératifs politiques de l’Etat ont sensiblement augmentées.

L’actuelle apparence de stabilité et de reprise est entretenue en partie par la reprise conjoncturelle de l’économie mondiale. Cependant, le spectre de la dégradation de la crise politique fait peur aux opérateurs économiques et potentiels investisseurs.

Pour d’aucuns, une nouvelle candidature du président de la République Joseph Kabila à sa propre succession serait susceptible de raviver la tension. Avec, en interne, les pressions annoncées par le CLC et d’autres partis de l’opposition projetant des journées villes mortes, marches et leurs corollaires face à d’éventuelles répressions des forces de sécurité et des coupures d’internet.

A l’instar de la Belgique, il y a risque que d’autres pays de la communauté internationale revoient totalement leur coopération avec la RDC. Des sanctions ciblées seraient encore plus durcies et pourraient d’autres proches collaborateurs et même des membres de la famille du chef de l’Etat.

A tout prendre, déduisent des observateurs indépendants, la clé de la décrispation non seulement politique mais économique se trouve entre les mains du président de la République. A Joseph Kabila de rassurer les uns et les autres de son départ, ramener tout le monde dans la barque électorale pour offrir au peuple congolais des élections crédibles et apaisées au 23 décembre prochain. Encore faudrait – il que la classe politique soit effectivement disposée à agir avec franchise et patriotisme.

L’essor économique de la RDC, en cette période de boom des ressources naturelles sur le marché mondial, étant actuellement freiné par la situation politique du pays.

Zoom Eco

Edito

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