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RDC : présidentielle 2018, la « guerre de chiffres » déclenchée !

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[ANALYSE] – Tout candidat président de la République « sérieux » dispose d’un programme électoral bien pensé, structuré, réaliste et réalisable. L’époque des incantations étant révolue, certains aspirants à la magistrature suprême énoncent déjà les grandes lignes de leurs programmes. A côté des ambitions des uns et des autres, le peuple constate que la guerre de chiffres, entre candidats, plante son meilleur décor de l’histoire de la RDC. Objectif : séduire le futur électorat.

La rédaction de Zoom Eco qui se réjouit de l’adoption, par les candidats, de la rhétorique économique pour soutenir leurs traditionnels discours politiques, revient ces différents programmes et les points de convergences respectifs. Des 25 candidats ayant déposés leurs dossiers à la CENI, cinq seulement ont donné des indications chiffrées.

Vital Kamerhe, 120 milliards USD

Le candidat de l’Union pour la nation congolaise (UNC) propose, dans son programme, de mobiliser 120 millions de dollars sur cinq ans afin de financer le développement de la RDC. Le modèle proposé par le projet de société de son parti est bâti sur 20 piliers.

Il s’agit notamment, a – t – il indiqué, de l’instauration d’un nouveau leadership responsable et visionnaire ; la sécurisation du pays ; la lutte contre la fraude, la corruption et  l’évasion fiscale ; l’orthodoxie budgétaire ; la rationalisation de la dépense publique et la bonne administration de la justice qui permettront d’améliorer le climat des affaires en RDC.

Jean-Paul Moka, 100 milliards USD

Ce candidat indépendant ambitionne de mobiliser, pour son projet de société, un budget estimé à 100 milliards USD sur une année.

Jean-Paul Moka Ngola Mpati dit déterminé à récupérer 50 milliards de l’argent qui échappe des recettes du pétrole, 30 milliards du coulage des revenus des carrés miniers, 15 milliards des dollars du blanchiment des capitaux et environ sept milliards de dollars au niveau des régies financières.

Félix Tshisekedi, trois chiffres-clés

Le candidat de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), lui, a avancé trois principaux chiffres de son programme électoral. Felix Tshisekedi Tshilombo affirme vouloir mobiliser 86,71 milliards USD des ressources budgétaires, augmenter le revenu moyen du congolais à 4 288 USD et générer une croissance économique forte de 25% par an en moyenne.

D’après lui, l’éradication de la pauvreté est une grande cause nationale. Pour cela, il se dit prêt à mobiliser toutes les énergies, tous les moyens de l’Etat et tous les appuis extérieurs pour les faire converger vers ce destin commun dont la réalisation repose sur trois piliers, à savoir : l’homme, la croissance économique et une société solidaire.

Jean-Pierre Bemba, 80 milliards USD

Le programme électoral du Mouvement de libération du Congo (MLC) en cours de finalisation prévoit la mobilisation des ressources budgétaires de 80 milliards de dollars américains sur cinq ans.

Jean-Pierre Bemba Gombo, le candidat président de la République de ce parti politique d’opposition, compte recourir sur cinq principaux leviers, à savoir : l’unicité du compte général du Trésor public pour assurer une meilleure canalisation de toutes les recettes de l’Etat, la lutte contre la corruption, l’amélioration du climat des affaires, l’agriculture et la sécurisation du pays.

Noël Tshiani, 800 milliards USD

Cet économiste, candidat indépendant à la présidence de la République, propose un «Plan Marshall pour la Reconstruction de la RDC» comme étant une nouvelle vision du développement qui s’échelonnera sur 15 ans. Sa mise en œuvre exige 800 milliards de dollars sur une période de 15 ans.

D’après Noël Tshiani Mwadianvita, ce montant est à mobiliser sur une combinaison des ressources intérieures, des contributions des bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux ainsi que du secteur privé sous forme d’investissements directs étrangers. D’où, la nécessité d’un leadership politique crédible, d’une bonne gouvernance, des politiques économiques et sociales saines, des institutions stables, sans compter la paix et la sécurité dans le pays.

Autres candidats sans chiffres

Deux candidats présidents de la République se sont prononcés sur leurs programmes respectifs sans avancer des chiffres.

Il s’agit de Seth Kikuni, candidat indépendant. Il entend promouvoir sur la production locale pour résoudre le problème du chômage qui mine la jeunesse congolaise.  Ce jeune de 36 ans veut d’une RDC qui offre aux entrepreneurs et Petites et moyennes entreprises (PME) locaux l’opportunité de créer de la valeur ajoutée pour l’économie nationale.

Aussi, souhaite – t – il, œuvrer pour une RDC qui protège et améliore constamment la condition et le niveau de vie des travailleurs pour mettre fin à l’injustice en dans la redistribution des revenus. Les opportunités offertes par le numérique sont également à capitaliser, soutient Seth Kikuni.

De son côté, Alain-Daniel Shekomba, un autre candidat indépendant, a présenté son programme sous forme d’engagement politique en 12 points. L’homme prône les valeurs de paix, de lutte contre l’impunité des fonctionnaires, la réconciliation nationale, la justice, la démocratie, l’unité et surtout de cohésion nationale.

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Nécessité d’une orientation méthodique

Tous ces programmes énoncés ont quelques points de convergences. Il s’agit notamment de la canalisation de recettes publiques, l’orthodoxie des finances publiques, la lutte contre la corruption, l’instauration de l’Etat de droit et la lutte contre l’impunité.

Cependant, si tous démontrent leur volonté de briguer la magistrature suprême, personne n’a jusque-là schématisé, de manière concrète, comment atteindre ces ambitieux objectifs chiffrés avec des indicateurs objectivement vérifiables suivant les thématiques et/ou secteur de la vie nationale. Cette façon de faire a l’avantage de permettre au peuple de faire un choix conséquent, après analyse comparative objective, et assurer un bon suivi de la mise en œuvre du programme qui sera plébiscité meilleur.

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Si la soif des analystes avertis attend encore d’être étanchée, il y est plus qu’impérieux pour tous ces candidats, en course vers le palais de la Nation, d’adopter cette approche méthodique afin d’éviter que leurs bonnes intentions ne restent pas que des belles paroles pour haranguer la masse.

Emmanuel Ramazani Shadary, Tryphon Kin Key Mulumba, Martin Fayulu Madidi, Matungulu Freddy Mbuyamu, Samy Badibanga, Adolphe Muzito ou encore la seule femme candidate Marie Josée Ifoku, … qui ne se sont pas encore prononcés devraient intégrer cette méthodologie dans la présentation de leurs programmes respectifs.

Nadine FULA & Eric TSHIKUMA | Zoom Eco

Edito

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