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RDC : taux d’intérêt élevé, une fixation dictée à 95% par des facteurs exogènes des banques

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RDC : taux d’intérêt élevé, une fixation dictée à 95% par des facteurs exogènes des banques 1

La détermination du taux d’intérêt jugé « élevé » est dictée à 95% par des facteurs exogènes  des banques congolaises, prêteuses d’entreprises du secteur privé en RDC. C’est ce qui ressort des échanges du panel spécial « Breakfast Connexion » dédié au parcours de l’investisseur congolais organisé, samedi 13 juillet 2019, par Top Congo FM, une radio émettant depuis Kinshasa, à l’occasion de ses 16 ans d’existence.

Le banquier Hugues Bonshe a procédé par une schématisation claire pour expliquer cette situation qui part du constat selon lequel l’économie congolaise est dollarisée à 90%. Si le dollar qui circule en RDC est importé avec des coûts d’importation exorbitants, le financement des projets à moyen et long termes exige un refinancement par les banques dont le coût est déterminé par plusieurs facteurs à l’étranger (le risque pays élevé est facturé conséquemment alourdissant le taux nominal).

A cela s’ajoute, soutient – il, les intérêts sur lesquels le fisc prélève un impôt mobilier de 20% à incorporer. Il y a également l’inflation pour laquelle les banques doivent se prémunir quand bien-même elle s’est stabilisée depuis un an.

Bien plus, la réglementation de la Banque centrale du Congo (BCC) exige que pour tout crédit accordé, les banques commerciales doivent constituer une provision pour couvrir le risque de défaut. Cependant, l’administration fiscale revient à la charge pour faire prélever 30% sur cette provision. Enfin, toutes les charges opérationnelles à couvrir par la banque sont également à intégrer dans la détermination du taux d’intérêt pratiqué en RDC à environ 16%.

« Quand vous prenez ces différents éléments, vous comprendrez que 95% d’éléments sont imposés par des facteurs qui ne dépendent pas des banques aujourd’hui. L’administration est en grande partie responsable de cette situation. Si nous arrivons à faciliter ces différents points, il sera possible pour les banques de financer à un taux bas », a estimé Hugues Bonshe.

Si le taux directeur de la Banque centrale du Congo (BCC) est fixé à 9,0 %, les intermédiaires financiers qui sont des banques ont également l’obligation d’intégrer leur marge bénéficiaire.

A en croire ce panéliste, le secteur bancaire congolais dispose donc d’un portefeuille-crédit assez suffisant pour accompagner les Petites et moyennes entreprises (PME) en RDC. D’où, la nécessité pour les opérateurs économiques et entrepreneurs d’améliorer la gestion comptable des leurs entités et à monter des projets bancables afin d’en tirer parti.

« Devant des PME en quête de financement mais qui ne répondent pas à ce type d’exigences, plusieurs banques congolaises hésitent à prendre le risque d’accorder du crédit », a fait remarquer Hugues Bonshe répondant à une question lui posée.

Prenant l’exemple de la banque où il est directeur général adjoint, ce banquier a plaidé pour un accompagnement visant à informer l’opérateur économique sur les possibilités de financement qui existent, de former et de formaliser ses activités. Equity Bank Congo, a – t – il révélé, est disposée à financer un opérateur économique jusqu’à 200 millions de dollars américains.

Olivier KAMO

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