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Kinshasa : contrôle technique, source de tracasseries ou sécurité des engins roulants?

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Le transport en commun est devenu un casse-tête depuis le lancement de contrôle technique initié par l’Hôtel de ville depuis le début du mois d’avril 2018. Si certains conducteurs s’illustrent par la pratique du « demi-terrain », d’autres évitent carrément certains endroits tels que la place Victoire et Kitambo magasin où sont postés les agents de contrôle habillés en tenue civile ainsi que des policiers.

Pourquoi l’incivisme ?

Nombreux sont ces chauffeurs, généralement, ceux du transport en commun, qui ne veulent rien entendre de ce contrôle technique, ni payer les frais requis. Pour la plupart d’interrogés, les routes de Kinshasa sont dans un piteux état.

« Pourquoi passer par un contrôle technique alors qu’à peine sorti des points où les contrôles se font, les voitures s’abîment suite aux nombreux nids de poule ? Le comble c’est que l’argent collecté ne servira qu’à enrichir des individus qui gèrent la ville. Rien de nouveau », a commenté un taximan.

Il s’observe donc une rupture de confiance entre les administrés et la province de Kinshasa. Entre-temps, la contrainte du contrôle technique oblige certains taximen à garer leurs véhicules la journée pour ne sortir que le soir. Et d’autres recourent au demi-terrain. Conséquence : la perturbation du transport en commun.

Quid de la légalité ?

Le contrôle technique relève d’un arrêté de 2013 fixant les taux de droits, taxes et redevances à percevoir à l’initiative du ministère provincial des transports, sport, jeunesse et loisir. Parmi ces droits et taxes, il y a notamment le péage, ponts, routes, l’immatriculation des bateaux, le stationnement de parkings, et la certification de contrôle technique.

Selon une source proche du ministre provincial de transport, l’objectif visé par cette opération est de s’assurer que tous les engins roulants (moto et véhicules) ne constituent pas un danger pour les passagers, chauffeurs, propriétaires. Bref, la population.

Pour plus de commodité, l’hôtel de ville a signé de contrats de partenariats avec quelques sociétés pour effectuer le contrôle technique. Il y a notamment : la société congolaise de contrôle technique (SCCT) dans l’enceinte de l’Office de routes sur poids lourds ; l’Institut national de préparation professionnelle (INPP) sur la 11ème rue Limete ; la société Trinity Three au pavillon 19 à la Fikin et une autre extension à l’ISTA ; Cabeco sur l’avenue des entrepôts dans l’enceinte d’Amicongo ; Anjie sur le croisement 14ème  rue Limete et poids lourds ; Auto sécurité sur l’avenue Menuisier 1374 à Funa.

Comment procéder ?

Il suffit pour le requérant de choisir un point de contrôle de son choix et y emmener son véhicule. Sur place, il y a le guichet de la banque Afriland First bank où il faudra payer les frais de la note de perception établie par l’ordonnateur de la DGRK qui est sur place. Le bordereau d’acquittement donne accès au contrôle technique.

Au finish, un procès-verbal détaille le diagnostic établi. Si le véhicule est en bon état, le requérant obtient le certificat de contrôle technique auprès de la division urbaine de transport. Dans le cas contraire, il lui sera obligé de faire de réparations sur le véhicule, après quoi le certificat lui sera délivré.

Il est donc recommandé aux bénéficiaires de ce service de respecter cette procédure pour que l’argent soit canalisé vers le trésor de la ville. Les frais à payer sont de 60 USD pour le véhicule (communément appelé ketch), 70 USD pour les camionnettes ou minibus ; 80 USD pour le camion ou bus.

A RE(LIRE) : Déphasage inquiétant entre recettes fiscales et potentiel fiscal de Kinshasa !

Mais où va cet argent?

Pour la ville de Kinshasa, l’argent récolté ne sert pas uniquement à la réparation de routes. Il va au trésor provincial au même titre que les taxes provenant des autres ministères. Et cet argent est affecté à des besoins de la ville, selon leur priorité.

Sur les 400 000 véhicules de transport en commun ciblés par le ministère provincial de Transport, seulement 3 000 ont été soumis au contrôle technique. Il s’observe donc un incivisme dans le chef de kinois. Lequel incivisme est fondé aussi sur la rupture de confiance avec ses gouvernants.

Les autorités de la ville ont le devoir de poser des actes concrets et d’améliorer les conditions de vie de la population. Cela passe par une bonne affectation de ressources provinciales. Ce n’est que de cette manière qu’elles pourront rassurer les kinois et les inciter davantage au civisme fiscal. D’après un analyste, chaque partie devrait s’acquitter de sa part de responsabilité.

Esther Lumande et Grâce Kelly Nseya

Stagiaires | Zoom Eco

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