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Richard Muyej : « Lualaba va réussir l’application de la Loi sur la sous-traitance»

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Richard Muyej : « Lualaba va réussir l'application de la Loi sur la sous-traitance»

[INTERVIEW] – La province de Lualaba est engagée à réussir la mise en œuvre de la Loi sur la Sous-traitance au profit des petites et moyennes entreprises congolaises. Son gouverneur, Richard Muyej Mangez Mans, l’a affirmé, ce samedi 17 mars 2018, dans une interview exclusive accordée à Zoom Eco au site touristique «GPM Katebi Beach» à Kolwezi.

Son schéma, en phase avec l’agenda du ministre national des PME, Bienvenu Liyota Ndjoli, est clair, nous a-t-il confié. Il part de la poursuite de la sensibilisation à la sanction en passant par le suivi et le contrôle dans les grandes entreprises. Objectif : faciliter aux PME/PMI congolaises l’accès à ces marchés de sous-traitance notamment dans le secteur minier.

Des opportunités, a révélé Richard Muyej, sont évaluées à de centaines des millions de dollars américains. D’où, son instance pour un partenariat réellement « gagnant-gagnant ». Lequel permettrait la création d’une classe moyenne et la diversification de l’économie provinciale notamment par une nouvelle approche : « tourisme et agriculture». Ci-dessous, l’interview :

Zoom Eco : Monsieur le gouverneur, comment le Lualaba compte-t-il s’y prendre pour la mise en œuvre de la Loi sur la Sous-traitance ?

Richard Muyej Mangez Mans : En premier, j’adresse mes remerciements à l’endroit du Chef de l’Etat et du gouvernement de la République pour avoir choisi le Lualaba comme site de lancement des travaux du Comité de pilotage de la vulgarisation et de la mise en œuvre de la Loi sur la sous-traitance en RDC. En second lieu, je voudrais rassurer le Ministre des PME que le Lualaba est engagé à réussir cette mise en œuvre. Nous allons procéder de deux façons.

A RE(LIRE) : loi sur la sous-traitance, Liyota lance les travaux du Comité de pilotage pour l’application !

Le gouverneur Muyej répondant aux questions de Zoom Eco en présence du ministre des PME, Bienvenu Liyota.

Nous allons poursuivre la sensibilisation, même si on a eu suffisamment de temps. On a comme l’impression qu’il y a encore des petites résistances. Mais, je voudrais ici rappeler que dans 3 mois, nous allons célébrer le 58ème anniversaire de notre indépendance. Ces petites résistances ne doivent pas nous effrayer. C’est un tournant décisif, comme je l’ai dit au ministre, et nous avons l’obligation de réussir pour garantir cet avènement de la classe moyenne que nous attendons tous de manière à répondre au rendez-vous du Congo émergent que le Chef de l’Etat a fixé d’ici à 30 ans. Il est donc important que nous puissions l’accompagner et soutenir cet élan en réussissant cette étape.

Nous allons sensibiliser les mandataires notamment dans les entreprises en joint-ventures avec la Gécamines. Nos mandataires doivent être vigilants et ils doivent nous faire le rapport régulièrement pour nous rassurer que le texte, tel qu’il a été promulgué, soit respecté. Et j’ai proposé au ministre Bienvenu Liyota, membre du gouvernement de la République, de revenir d’ici à trois mois pour que nous puissions faire une évaluation. Mais déjà au niveau local, nous allons faire des évaluations mensuelles devant lui servir de support sur lequel il va travailler en peu de temps.

ZE : Qu’est-ce qui rassure au peuple congolais que, cette fois-ci, l’application sera stricte?

RMMM : Je ne vois pas pourquoi et comment on va échouer. Sinon, je préfère qu’on on arrête tout parce qu’on va pas assister à un partenariat «gagnant», alors qu’il devrait être «gagnant-gagnant». Le deuxième «gagnant» n’est pas pour un groupe de décideurs. Le deuxième gagnant, c’est le peuple congolais. S’il ne gagne rien, autant arrêter ce partenariat et qu’on reste tous pauvres. Il ne faudrait pas qu’on se réjouisse, que l’on vive l’autosatisfaction parce que nous sommes à 15 ou à 20 à jouir de ces biens alors que la majorité de la population croupit dans la misère. Ici, nous n’allons pas accepter cela. C’est clair et net, je le dis !

Vous reviendrez dans trois mois et vous verrez des résultats. S’il n’y a pas de résultats positifs, vous apprendrez que j’ai suggéré la fermeture d’une ou de deux entreprises.

ZE : En quelques chiffres, vous avez combien d’entreprises à Lualaba et quelles sont les opportunités pour les jeunes entrepreneurs (PME)?

RMMM : Les grandes entreprises minières, c’est autour de 15. Il y a suffisamment d’opportunités. Elles s’évaluent en de centaines des millions de dollars. Je suis même gêné de parler en termes des milliards de dollars. Parce que je sais qu’il y en a beaucoup. Mais je préfère que le Ministre national des PME, Bienvenu Liyota Ndjoli fasse d’abord son rapport au gouvernement. Nous continuons à parler avec les entreprises. Et je pourrais envoyer tout ce qu’il y a comme opportunités. De toute façon, ils ont eu 12 mois pour se préparer. Ils ne pourront plus venir brandir des prétextes ici pour bloquer le processus.

ZE : Au-delà des Mines, vous semblez vous orienter vers le tourisme et l’agriculture. Pourquoi?

RMMM : C’est une nouvelle vision. 25 ans durant, j’ai été engagé à la Gécamines. Je suis un ancien employé d’une entreprise minière, la plus grande. Nous avons fait un constat malheureux : les communautés ne s’épanouissent pas. Finalement, on a comme l’impression que les mines ne profitent qu’à quelques individus. Or ici, le Chef de l’État est catégorique là-dessus. Il faudrait que l’action que nous menons puisse profiter aux communautés de base. Et nous avons estimés qu’en diversifiant les activités économiques (et nous avons ciblés l’agriculture et le tourisme), il y a beaucoup de chance de faire que les communautés s’épanouissent.

Nous sommes en pourparlers avec les mêmes miniers. Parce que dans leurs engagements, il y a une disposition concernant l’aménagement de l’environnement de leurs projets respectifs dans le cadre de la responsabilité sociétale. Jusque-là, l’avancement de ces pourparlers est tout à fait positif. C’est pour essayer de mettre nos moyens et nos intelligences ensemble de manière à susciter le développement de l’agriculture dans nos cinq territoires. Et nous avons ciblé, pour le tourisme, le territoire de Lubudi. Mais autour de la ville, il y a aussi quelques sites attrayants comme celui qui nous reçoit «GPM Katebi Beach».

De gauche à droite : Germain Pungwe (promoteur de Katebi Beach), Bienvenu Liyota (Ministre des PME) et Richard Muyej (gouverneur du Lualaba) au terme de l’interview accordée à Zoom Eco.

Si nous faisons de gros efforts et si nous avons des hommes d’affaires qui comprennent comme l’opérateur (Germain Pungwe Mabwe) qui nous accueille aujourd’hui, d’ici trois à cinq ans, on ne pourra plus parler de la vocation minière seulement. Ça sera une vocation complexe. Car, pour le développement rapide, il faut miser sur plusieurs bases et non pas rester sur un seul pilier : les mines. On l’a vécu depuis 57 ans. On a comme l’impression de continuer à patauger. Il faut diversifier les activités économiques. Et je crois que c’est la stratégie du gouvernement de la République.

Dans cet élan, nous pourrions aller très vite. Il n’est pas normal que nous continuons à parler d’un Congo riche, très riche. Mais quand on fait le tour, il suffit qu’on sort de nos villes, à peine deux kilomètres, ça devient effrayant. Il faut que ça change !

Eric TSHIKUMA | Zoom Eco

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