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RDC : 17 mai 1997 marque l’avènement du franc congolais !

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[Page d’histoire] – La révolution du 17 mai 1997 a marqué l’avènement de la réforme monétaire ayant consacrée l’arrivée du Franc congolais (CDF). La Banque Centrale du Congo, organe technique du gouvernement dans le domaine monétaire, n’y est pas allée par quatre chemins pour le constater à cette époque là. Zoom Eco rappelle cette page d’histoire racontée par François Kabuya Kalala et Tshiunza Mbiye dans la publication intitulée “l’Economie congolaise et la réforme monétaire de Juin 1998”.

« Le changement politique intervenu dans le pays depuis le mois de mai 1997 ayant entraîné le changement du nom du pays devrait également impliquer le changement de l’unité monétaire dont le nom était associé à celui du pays. Il en est de même de la dénomination de l’Institut d’émission reprise sur les billets de banque», indiquait la BCC à travers une note de sa Cellule Technique pour la Réforme Monétaire (CETEREM) publiée en juillet 1998 (p.6).

Motivations

Bien plus, au regard de la situation économique qui prévalait en 1997, il devenait encore plus urgent pour le gouvernement d’entreprendre des mesures correctives au travers d’un programme d’ajustement économique comportant deux volets : la stabilisation monétaire à court terme et la relance de l’économie à moyen terme.

En effet, rappelait la CETEREM, «les indicateurs macro-économiques des dix dernières années attestent que l’économie congolaise ploie sous l’effet des déséquilibres fondamentaux, en dépit de diverses mesures de redressement mises en œuvre».

Pour le tombeur de Mobutu, le libérateur Mzee Laurent-Désiré Kabila, l’émission d’une nouvelle monnaie appelée «franc congolais» avait une double motivation politique : celle de marquer l’avènement d’un nouveau pouvoir, et celle de se réclamer subtilement d’une monnaie, du même nom,qui s’était caractérisée par sa relative stabilité à l’époque coloniale.

Chiffres alarmants

La BCC a estimé, à l’époque, que le PIB a reculé de 42,9% entre 1990 et 1994 ; cette tendance à la baisse ne s’est que très légèrement estompée en 1995-1996 avant de se poursuivre en 1997. Hormis un excédent de 57,1 millions de dollars en 1995 provenant d’un volume important de suspens non régularisés en fin d’année, les finances publiques se sont soldées par un déficit consolidé de 157,1 millions de dollars en 1994 et de 51,7 millions et 62,5 millions de dollars respectivement en 1996 et 1997. Ces déficits budgétaires ont été financés pour l’essentiel par la création monétaire.

En 1994, soit une année après la réforme monétaire d’octobre 1993, l’expansion monétaire a été de 10 323,2% avant d’être ramenée à 308,8% en 1995 et à 471% en 1996. Par ailleurs, l’inflation est demeurée très vive : le niveau le plus élevé a été atteint en 1994 avec un taux annuel de 9 769% contre 370% et 753% en 1995 et 1996.

Quant au secteur monétaire, il a été épinglé d’une part la démonétisation progressive de l’économie. Le rapport masse monétaire/PIB était tombé à 4,3% en 1997 contre une moyenne de 10% au cours des années antérieures. D’autre part, les chèques subissaient une forte décote dans les transactions, consacrant ainsi la rupture de la parité entre la monnaie fiduciaire et la monnaie scripturale.

Les banques elles-mêmes étaient en proie à une forte désintermédiation financière, tandis que l’on assistait à la montée en flèche de la «dollarisation», signe pas trop évident de la perte de confiance généralisée envers la monnaie nationale.

Une réforme, quatre objectifs

Dans le contexte ci-haut décrit, la réforme monétaire s’imposait particulièrement pour : assainir l’environnement monétaire et financier caractérisé par la persistance de l’hyperinflation, la désarticulation du système des paiements et la multiplicité des taux de change ; stabiliser la monnaie et unifier l’espace monétaire national ; accroître le taux de liquidité en vue de financer l’économie ; et, favoriser la relance des activités de production.

En effet, le lancement du franc congolais n’était que l’ultime étape de l’ensemble des mesures faisant partie d’un programme d’ajustement économique et d’assainissement monétaire. Plusieurs actions préalables ont été menées, entre mai 1997 et juin 1998, en vue de stabiliser la monnaie, de restaurer l’éventail fiduciaire et la convertibilité au pair de la monnaie scripturale en monnaie fiduciaire, d’unifier progressivement l’espace monétaire national et de réduire la disparité des taux de change entre les différentes places.

Ainsi, lors de sa mise en circulation le 30 juin 1998, le franc congolais s’est échangé au taux de 1 CDF = 100 000NZ à Kinshasa et partout où circulaient les billets dénommés «nouveaux zaïres». Par contre, il s’est échangé au taux de 1 CDF = 14 000 000Z dans les deux provinces du Kasaï où circulaient les anciens zaïres. Cette mise en circulation s’est étendue sur toute une année, durée jugée suffisante pour permettre aux populations de l’arrière-pays d’échanger aisément leur argent.

S’agissant de la parité externe du franc congolais, les autorités monétaires ont déclaré (de par leur adhésion au principe des changes flexibles) que cette parité allait se déterminer en fonction des forces du marché prévalant à la veille du lancement de la nouvelle monnaie.

Au 30 juin 1998, indique l’histoire, le taux change officiel affiché était de 1 dollar US = 1,3 CDF contre celui de 1 dollar US = 1,48 CDF une année plus tard sur le marché parallèle. Actuellement, soit 18 ans après, 1 dollar US = 1 640 CDF.

Ce qui représente une dépréciation d’environ 111 000% depuis l’an 2000.

Eric TSHIKUMA | Zoom Eco

A RE(LIRE) :

RDC : politique monétaire, les orientations de la Banque Centrale pour 2018 !

Edito

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