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RDC : les banques octroient plus de crédits en devises qu’en francs congolais

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Les banques congolaises octroient plus de crédits en dollars qu’en francs congolais. D’après la Banque centrale du Congo (BCC), les crédits en monnaies étrangères accordés par les banques ont connu un accroissement de 4,30% entre mars 2017 et fin mars 2018. Alors que ceux en monnaie locale ont décrus de 24,96% à la période correspondante.

Un constat, une motivation

Cette situation est le reflet de la préférence par les banques d’octroyer des crédits en monnaies étrangères plutôt qu’en monnaie nationale. Dans la note de conjoncture d’avril 2018, les experts de la Banque centrale l’expliquent par « les faibles niveaux des avoirs des banques, induits notamment par le niveau élevé du coefficient de la réserve obligatoire, ainsi que de l’effet de la dépréciation de la monnaie nationale ».

A propos des coefficients de la réserve obligatoire, les taux des dépôts en devises à vue et à terme sont respectivement de 13% et 12%. Ceux des dépôts en monnaie locale à vue et à termes sont de 2% et 0%. Mais le taux directeur demeure à 14%.

Près de 2 milliards USD contre 145 millions USD

A fin mars 2018, les crédits bruts à la clientèle ont connu une progression de 2,97% par rapport à décembre 2017. Entre ces deux dates, ils sont passés de 2,213 milliards USD à 2,279 milliards USD.

« Quant aux crédits en monnaie nationale, ils ont décrus de 2,14% (au départ de 148 millions USD pour se situer à 145 millions USD) et les crédits en monnaies étrangères ont accru de 3,57 à la période correspondante, soit allant de 1,862 milliards USD à 1,928 milliards USD », apprend-on.

Dès lors, faudrait – il constater, le niveau de crédits en devises étrangères accordés par les banques commerciales en RDC est près de 14 fois plus élevé que ceux accordés en francs congolais. Quoi de plus normal pour les commerçants de monnaies, les taux des coefficients obligatoire les accrochent.

Plus de 50% de crédits au secteur privé

A décrypter les statistiques de la Banque centrale, plus de la moitié des crédits à l’économie, soit 1,45 milliards USD ont été octroyés aux entreprises privées entre décembre 2017 et fin mars 2018. Ce qui représente un accroissement de 1,39% sur la période examinée.

Après les sociétés privées, ce sont les ménages qui ont bénéficié de 571 millions USD dégageant une croissance de 0,28%. En effet, si le gros de citoyens congolais arrivait à avoir un emploi stable et bien rémunéré, ce niveau va augmenter de soi puisqu’ils seront nombreux à solliciter des crédits pour investir.

Par ailleurs, les entreprises publiques ont contractés pour 170 millions USD (avec un accroissement de 6,28%) pendant que l’Administration publique n’a pu se contenter que 86 millions USD (avec une croissance de l’enveloppe de 65% au départ de 51 millions USD).

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En rappel, d’après les statistiques du secteur bancaire congolais, le crédit domestique accordé par les banques au secteur privé en 2016 a représenté 7,98% du PIB (chiffré à 31 milliards USD) alors qu’en Afrique du Sud il était à 66% du PID (chiffré à 295 milliards USD) et au Kenya à 32,81% du PIB (chiffré à 70 milliards USD).

En dépit de l’augmentation de sa taille ces dernières années, le système bancaire congolais a  encore d’efforts à fournir afin de jouer pleinement le rôle majeur attendu de lui dans le financement du secteur productif. Cela exige qu’il ait plus d’initiatives, de créativité, d’innovations pour mieux financer l’économie nationale.

Eric TSHIKUMA | Zoom Eco

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Edito

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