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RDC : Projet du Budget 2018 à 40 milliards USD, l’irréalisme de Tshibala !

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RDC : Projet du Budget 2018 à 40 milliards USD, l'irréalisme de Tshibala !

[EXCLUSIF] – De 7 milliards USD en 2017 à 40 milliards USD en 2018, le Premier Ministre, Bruno Tshibala semble avoir choisi d’exploser les chiffres budgétaires. Conséquence : entre patriotisme et réalisme de cette ambition, le fossé de la démesure est grand. Si pour lui, c’est un Budget de Rupture, pour des analystes avertis, c’est une véritable utopie.

D’après une source confidentielle proche de la Primature, Bruno Tshibala aurait remis en cause l’avant-projet du Budget lui soumis par les services attitrés. Au motif de revoir à la hausse ces prévisions.

Ce qui vient ajouter de l’eau au moulin à propos de ce que nous disions dans notre livraison de vendredi dernier. Toutefois, apprend-on, les travaux continuent entre le Cabinet Tshibala dirigé par M. Michel Nsomwe et la Commission Économique, Financière et Reconstruction du Gouvernement pour ramener les prévisions budgétaires de 2018 à la réalité.

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A ce stade, l’enjeu serait de ramener à la réalité, le Premier Ministre et son Cabinet qui tiennent mordicus à doter le pays d’un Budget de 40 milliards USD. Un exercice qui devrait donc tenir compte de la réalité économique actuelle. Selon notre analyse, cet exercice pourrait se solder soit par le statu quo ante, soit par l’accroissement moyenne.

Cependant, pour de analystes avertis, la réalité voudrait que le prochain Budget soit revu à la baisse par rapport au Budget 2017. Car, les prévisions des recettes propres alignées de 4 milliards USD ont du mal à être réalisées par le Gouvernement à cause de la faible capacité de mobilisation et le ralentissement de l’activité économique à travers le pays.

Qu’à cela ne tienne, Bruno Tshibala fonde ses espoirs sur les 40 milliards USD à mobiliser pour le projet Budget 2018 pour 3 principales raisons.

Primo, le recours aux revenus de seigneuriage par la production de billets de banques pour près de 30 milliards USD. Secundo, la mobilisation accrue des recettes par les régies financières et la lutte contre le coulage des recettes publiques pour plus de 5 milliards USD. Tertio, le recours aux investisseurs et bailleurs non traditionnels pour des emprunts de 2,5 milliards.

Si les deux dernières options semblent réalisables avec des contraintes assez rigides, la première paraît suicidaire pour le peuple congolais dont le pouvoir d’achat est déjà suffisamment rongé. Les revenus de seigneuriage sont une création monétaire de la Banque Centrale qui devrait être soutenue par un investissement solide en tenant compte de la dollarisation du marché congolais comme contrainte.

Non seulement cette création monétaire représentera, sans nul doute, un coût significatif, elle compromettrait les efforts en cours pour l’obtention de la Facilité de Crédit Rapide (FCR) du Fonds Monétaire International (FMI) et mêmes les perspectives d’un nouveau programme avec les institutions de Bretton Woods.

Contacté par Zoom Eco, le Directeur de Cabinet du Premier Ministre, Michel Somwe s’est refusé de tout commentaire estimant que seul le Ministre du Budget est habilité à se prononcer à ce sujet. Toutes nos tentatives de joindre ce dernier se sont avérées vaines.

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D’après l’Economiste Albert Tcheta-Bampa, le recours au seigneuriage en pareil contexte est inopportun. Il en évoque la motivation.

« Le gouvernement congolais prend souvent des mesures avec retard. L’usage du seigneuriage était nécessaire durant la période 2012-2016, quand le taux d’inflation était en RDC historiquement bas, proche de zéro. Ce niveau d’inflation bas maximisait les revenus du seigneuriage (malgré le niveau de la dollarisation élevé), nécessaires durant l’effondrement des recettes fiscales des exportations des produits de base. Il était nécessaire de laisser l’inflation augmenter jusqu’au son niveau optimal : [4,5 – 9,5] selon mes estimations et [4 – 7] selon les chercheurs de la BCC). Aujourd’hui, le taux d’inflation (qui est une forme de taxe pour les agents économiques) est environ de 50%, largement supérieur à son niveau optimal. Le Gouvernement ne peut donc pas continuer à créer de la monnaie pour obtenir plus de seigneuriage. Parce que le financement du seigneuriage générera de l’inflation qui exercera à son tour un effet distorsif sur les agents économiques », a – t – il commenté.

Pour rappel, l’histoire des finances publiques renseigne que depuis le début de cette législature, aucun Budget de l’Etat n’a été réalisé à plus de 60%. Quoi de plus normal que le Gouvernement s’applique dans la mise en œuvre efficace de politiques définies et des recommandations pertinentes du Parlement pour atteindre l’objectif de maximisation des recettes de l’Etat.

Avancer ou rétropédaler, jusqu’où ira Bruno Tshibala? C’est qui est sûr, les prochaines nous en diront plus.

Zoom Eco

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Edito

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