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Chine-Afrique : le plaidoyer de la RDC en quatre points !

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La septième conférence ministérielle du Sommet Chine – Afrique s’est tenue dimanche 2 septembre 2018 à Pékin. Elle a été présidée par des ministres chinois et sud-africains. La délégation ministérielle congolaise a été conduite à ce forum par le vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères et Intégration Régionale, Léonard She Okitundu en compagnie de la ministre du Portefeuille, Wivine Mumba Matipa. Retour sur l’essentiel du plaidoyer de la RDC en quatre points.

Dans son discours, She Okitundu a plaidé pour la jeunesse, la lutte contre le réchauffement climatique, le projet Grand Inga et la promotion d’un ordre international mondial plus juste et équitable.

Jeunesse, opérationnaliser le fonds de 10 milliards USD

Pour la RDC, un des défis urgents à régler pour maintenir la viabilité du partenariat sino-africain est celui de la jeunesse. Si le continent possède la population la plus jeune et la plus dynamique de la planète, il représentera le quart du réservoir mondial de main d’œuvre en 2050. D’où, l’urgence pour l’Afrique de profiter, à long terme, profiter du dividende démographique avec un fort pourcentage de jeunes adultes productifs et pourrait atteindre une croissance économique à deux chiffres.

Dans cette optique, la création d’emplois ne peut passer que par une transformation de la structure économique africaine au travers d’un investissement massif dans l’industrialisation du continent notamment dans les secteurs porteurs de croissance et d’infrastructures intégrateurs du marché africain.

“Voilà pourquoi nous plaidons pour une accélération de la mise en œuvre des recommandations du Sommet FOCAC de Johannesburg sur ce plan concernant le Fonds pour la coopération sino-africaine sur les capacités de production promis avec un capital initial de 10 milliards de dollars américains pour soutenir les partenariats industriels et la coopération sur les capacités de production entre la Chine et l’Afrique ainsi que la délocalisation ordonnée des capacités de production industrielle compétitives et à forte intensité de main-d’œuvre de la Chine vers l’Afrique, permettant de l’aider à accroître l’emploi, les impôts et les devises, et de réaliser le transfert de technologies et le développement partagé”, a déclaré She Okitundu.

Changement climatique, une convergence stratégique !

La lutte contre le changement climatique fait partie des défis les plus cruciaux du monde. L’Afrique pourtant continent le moins pollueur est celui qui subit le plus fortement les conséquences du dérèglement du climat. Pour la RDC, c’est une injustice inacceptable ! Au-delà de l’adhésion à l’Accord de Paris sur le Climat par la majorité des pays africains dont la RDC ainsi que la Chine, soutient She Okitundu, il est impérieux que le partenariat stratégique sino-africain opte pour une spécificité commune d’action.

“Cette convergence stratégique doit se concrétiser dans le cadre de ce Forum par une engagement plus accru pour financer ce Centre de Coopération Environnemental Sino-Africain dont la tâche sera le développement des technologies respectueuses de l’environnement, la protection de l’écosystème, la gestion environnementale ainsi que de la prévention et du contrôle de la pollution, la promotion du dialogue et de la coopération sino-africaine sur le financement environnemental entre les capitaux publics et privés de deux parties”, a recommandé l’émissaire de Joseph Kabila.

Si la RDC salue la mise sur pied le mois dernier, d’un secrétariat intérimaire en charge de la gestion du Centre de coopération Chine-Afrique (CCCAE) pour l’environnement à Nairobi au Kenya décidée par le dernier Sommet FOCAC, en sa qualité de second poumon mondial avec plus de 70% de la forêt équatoriale, elle souhaite jouer un rôle de premier plan dans cette lutte notamment en accueillant ce centre sino-africain de manière pérenne.

Energie, urgence de développer le projet Inga

En effet, la RDC part du constat selon lequel le déficit chronique d’énergie sur le continent africain est un handicap majeur pour son industrialisation et son émergence. D’où, l’impérieuse nécessité pour le partenariat sino-africain d’avancer dans ce domaine.

« La République Démocratique du Congo saisit le FOCAC pour permettre le développement du projet du barrage hydroélectrique Grand Inga d’une capacité estimée de 44 GW pouvant électrifier le continent mais dont l’étape de Inga III avec un potentiel évalué à 11 GW est actuellement en phase opérationnelle de constitution avec un consortium sino-espagnol. C’est une énergie propre et une opportunité pour le continent et le partenaire chinois », a plaidé She Okitundu.

D’après les études de faisabilité, ce projet présente deux hypothèses dans sa phase de réalisation. Primo, réaliser Inga III en deux phases dites basse et haute chute avec une configuration physique. Secundo, passer carrément à Grand Inga en faisant un barrage unique qui serait équipé en commençant par Inga III, IV, jusqu’à VIII. Si pour la première hypothèse la facture totale est estimée à 12 milliards USD, pour la seconde le coût d’installation avoisinerait le 100 milliards USD. Et ce, sans compter le coût du transport.

Ordre international mondial gagnant-gagnant

En effet, le système international fait face à des défis complexes et dangereux pour la paix et la concorde notamment le terrorisme global, le non-respect du droit international, la prolifération de l’unilatéralisme de certaines puissances, l’imposition de forces des valeurs, une injustice dans les relations commerciales et financières.

Pour la RDC, “le FOCAC devra réaffirmer la promotion d’un ordre international mondial plus juste et équitable axé sur la coopération gagnant-gagnant pour favoriser un développement plus équitable, juste et rationnel du monde et préserver et promouvoir les droits et intérêts légitimes des pays en développement en demeurant attachés au principe du multilatéralisme, opposés à l’ingérence dans les affaires intérieures d’autres États et à la menace ou à l’emploi de la force dans les affaires internationales”.

AInsi, soutient She Okitundu, le partenariat sino-africain rappellera qu’il est impérieux de réparer la question historique africaine notamment au sein du Conseil de Sécurité et dans les autres organes des Nations Unies qui doivent devenir plus démocratiques, efficaces, transparents et plus représentatif.

En rappel, le Sommet Chine Afrique a ouvert ses portes ce 3 septembre 2018 à Beijing. Une affluence record de Chefs d’Etat africains démontre l’intérêt que se porte les deux parties. La RDC y est représentée par le Premier Ministre Bruno Tshibala.

Eric TSHIKUMA | Zoom Eco

Edito

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