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RDC : Des lobbies « politiques » luttent pour la disparition du FPI !

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Des puissants lobbies s’activent à signer l’arrêt de mort du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI). Au centre, l’insolvabilité délibérée de quelques gros débiteurs parmi lesquels certains acteurs politiques congolais. Et à la clé : la bagatelle de 162 millions USD de prêts qu’ils ne veulent – ou ne peuvent – plus rembourser, sans avoir posé la moindre pierre d’un projet industriel visible. D’où, la tentative de faire disparaître cette entité de l’Etat, envoyer leurs créances à la poubelle pour ainsi s’assurer de ne jamais les rembourser. L’un de plus grands stratagèmes : la transformation du FPI en Banque de développement ! 

Rude bataille au sommet

En effet, depuis l’éclatement au grand jour du scandale sur l’insolvabilité délibérée ces débiteurs du FPI, apprend – on, deux camps s’affrontent au plus haut niveau de l’Etat à propos de ce dossier légué par Constantin Mbengele à l’actuelle équipe dirigeante. D’une part des « faucons » déterminés à préserver leurs intérêts personnels, peu importe les moyens pour ce faire, et de l’autre, le camp ceux des responsables qui tiennent encore à sauver les Intérêts Nationaux portés par cet établissement public, ou ce qu’il en reste.

A l’évidence, les insolvables ne s’avouent pas vaincus. Ils ne tarissent pas d’imagination pour tourner désormais en dérision la moindre initiative susceptible de redorer le blason du FPI. Pourtant, rien ne devrait logiquement opposer les décideurs congolais dans cette affaire ni même, dans une certaine mesure, ceux des étrangers qui ont choisi la RDC comme seconde patrie y trouvent leur compte.

Conséquence : le fonds est d’un apport plus que significatif de ce catalyseur de l’industrialisation indispensable de la RDC dont les uns et les autres ne peuvent se passer. En témoignent ses nombreuses réalisations à travers le pays qui sont souvent noyées dans le flot de ce qu’il faut bien considérer comme des turpitudes politiciennes.

A RE(LIRE) : FPI, les deux défis du Directeur Général Patrice Kitebi !

Des risques majeurs à éviter

Ceux des décideurs qui se permettent de torpiller le FPI font courir à la RD Congo le risque de devenir à la longue un simple marché de consommation pour la production des nombreux pays africains qui l’entourent et du reste de la planète.

@Politico.cd

A la différence des autres institutions financières comme les banques commerciales qui dans leurs interventions visent prioritairement le profit et ne participent que de manière marginale au financement des investissements à long terme, le FPI assure la prise en charge des infrastructures et de la recherche appliquée en vue de relancer la production industrielle.

Il accorde des subventions, et a mis en place le développement et financement des chaînes des valeurs suivant les orientations des pouvoirs publics, conformément aux priorités définies par le gouvernement, tout en privilégiant l’appui aux jeunes entrepreneurs, au moyen des incubateurs comme les start-up.

Transformer le FPI en Banque, erreur stratégique !

La disparition du FPI est contraire à l’intérêt national de la RDC. C’est malheureusement ce qui transparaît en filigrane de la stratégie de la transformation pure et simple de cet établissement public en une banque de développement annoncée par le Gouvernement de la République parmi les 28 mesures urgentes de remise sur les rails de l’économie nationale.

Des observateurs avertis sont d’avis que pareille mesure serait de nature à anéantir tout essor industriel d’un pays comme la RDC qui devrait, au contraire s’impliquer dans la voie de la promotion des initiatives nationales d’industrialisation pour soutenir son émergence dans un délai prévisible.

LIRE (AUSSI) : Financer l’industrie, la nouvelle vision managériale du FPI

Il est certes légitime de mettre le FPI à contribution pour participer à la création d’une banque de développement et des investissements. Mais il n’est paraît guère avisé pour le Gouvernement de se priver de cet outil dont la flexibilité lui permet de réaliser au moindre coût des projets qui le propulsent vers l’émergence ainsi que l’a démontré sa contribution à la naissance de notre compagnie aérienne nationale Congo Airways.

D’après des spécialistes du domaine, « la création d’une banque requiert plusieurs paramètres notamment d’ordre financier que par ces temps de vaches maigres, l’Etat n’est pas en mesure, sauf miracle, de réaliser, notamment une capitalisation obligatoire 30 millions de dollars ».

Du prétexte à la responsabilité des décideurs

Les autorités gouvernementales devraient ouvrir l’œil, et le bon, dans ce dossier sulfureux. Car rien, en l’état actuel de la situation de la RDC, ne saurait justifier cette démarche pour qui a à cœur le devenir industriel du pays.

En effet, la tentative de faire disparaître le FPI (même sous le couvert d’une transformation en banque de développement) rappelle étrangement une autre survenue sous la deuxième République de Mobutu : celle de l’accaparement sans vergogne des petites et moyennes entreprises des expatriés par les oligarques de l’époque du Parti-Etat. Les conséquences de cette tristement célèbre aventure connue sous l’appellation de « zaïrianisation » ont rattrapé la RDC lors de l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE.

Le pays fut sommé par les institutions de Breton Woods de renoncer à une partie du contrat chinois de 9 milliards USD au motif de contenter ses créanciers réunis au sein du Club de Paris. Jamais les bénéficiaires de la zaïrianisation, ne serait-ce que par devoir moral, ne se sont excusés auprès des générations actuelles qui ont ainsi fait les frais de ce véritable crime économique commis par les mobutistes. Cela devrait interpeller !

Aujourd’hui plus que jamais, le Gouvernement et le Parlement ont encore, chacun en ce qui le concerne, la possibilité de faire échec à ce rouleau compresseur lancé contre le Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI). Le Gouvernement en renonçant à la fausse idée qu’une banque de développement et d’investissement ne peut être créée que sur les cendres du FPI et le Parlement en examinant les différentes réformes qui lui ont été d’ores et déjà soumises pour (i) la stabilisation de sa ressource ; (ii) la protection de l’institution ; (iii) l’élargissement de l’assiette de perception ; et (iii) l’octroi des moyens de contrainte (à l’instar de ceux dont disposent les régies financières) pour booster le recouvrement des créances du FPI.

A RE(LIRE) : Scandale politico-financier au FPI, les recommandations de l’Assemblée nationale ignorées !

Pour rappel, le FPI est la seule structure créée par l’Etat pour financer le développement industriel de la RDC. Une action prémonitoire du Gouvernement en ce qu’à l’avènement du FPI, voici près de trois décennies, personne ne pouvait s’imaginer que quelques années plus tard, les Chefs d’Etats et des Gouvernements d’organisations régionales comme le COMESA, la SADC auxquelles appartient la RDC engageraient instamment leurs membres à recourir notamment à leurs fonds de retraite ou de pension et à se doter d’un fonds dans l’objectif de financer leur développement industriel.

Donc, commentent certains analystes, des lobbyistes qui remuent ciel et terre pour la disparition pure et simple du FPI sont uniquement mus par des intérêts particuliers de ceux qui, dans la sphère décisionnelle publique, ont dépouillé cet établissement public de 162 millions USD de prêts non remboursés et sans avoir concrétisés des projets industriels pour lesquels ces fonds ont été empruntés.

AN/Zoom Eco

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