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RDC : Financer l’industrie, la nouvelle vision managériale du FPI

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RDC : Financer l’industrie, la nouvelle vision managériale du FPI

Laver l’image négative que présente le Fonds de Promotion Industrielle (FPI) comme une banque de financement des politiciens et faire de ce Service public un véritable instrument au service de l’essor des PMI-PME et de l’industrie congolaise. C’est désormais le leitmotiv de la nouvelle direction du FPI.

Au cours d’une matinée d’échanges avec la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) vendredi 21 avril à Kinshasa, Patrice Kitebi Kibol Mvul, Directeur Général du FPI a présenté, à une brochette d’opérateurs économiques, cette nouvelle vision managériale.

Avant tout, le FPI est une création des entrepreneurs au regard de son mode de financement à travers la Taxe de Promotion Industrielle (TPI) qui est prélevée sur les produits importés et sur ceux venant de la production nationale.

Etat des lieux

Le DG du FPI a passé en revue quelques écueils qui plombaient jusqu’à l’avènement de la nouvelle direction, un fonctionnement optimal de cette institution.

Allusion faite à : la baisse sensible des ressources provenant de la TPI, de l’ordre de 22% fin exercice 2016, le niveau élevé du taux des impayés avoisinant les 58 % soit environ 151 millions USD, le faible taux de satisfaction de la demande de financement de 35%, les charges d’exploitation très élevées, et les processus de décaissements des financements par tranches qui pouvaient s’échelonner parfois sur une période de un à deux ans.

La Direction générale indique avoir amorcé un train de réformes à travers une nouvelle feuille de route mettant l’accent sur de nouvelles méthodes de gouvernance, notamment en matière de financement des projets.

« Désormais chaque lundi de la semaine, une réunion du Comité de Direction présidée par le Directeur Général examine de manière minutieuse la situation générale de l’entreprise et de sa trésorerie. Par ailleurs, toutes les agences du FPI à travers le pays ont reçu une lettre de mission détaillée sur la marche à suivre pour optimiser les ressources du Fonds, et une gestion sur base caisse a été instaurée, tandis que de gros efforts sont en cours pour ramener les charges d’exploitation de l’entreprise à des niveaux compatibles avec la mission du FPI », a déclaré Patrice Kitebi.

Toujours dans le cadre de l’amélioration de la bonne gouvernance en interne, une cellule interne de passation de marchés a été mise en place au sein du FPI.

Nouvelle vision

La direction générale est face une urgence de disposer d’un bon portefeuille de projets, de manière à rencontrer les bailleurs de fonds et les demandeurs nationaux des crédits. Alors que la taxe TPI a subi au fil des années une forte érosion du fait de l’accumulation des impayés, l’option est celle d’aller sur le marché international des capitaux, afin de lever des fonds importants au bénéfice des opérateurs économiques nationaux. Mais cette volonté passe par un assainissement drastique de son portefeuille, plombé aujourd’hui par des actifs toxiques.

Pour le DG Kitebi, cette démarche pourrait passer par un système de mise en gage d’une partie de la taxe TPI auprès des bailleurs internationaux pour obtenir des financements à un taux favorable et sur une longue durée. Pour augmenter l’impact des projets dans leur milieu d’implantation, le FPI envisage de tenir désormais compte des chaînes de valeurs en amont et en aval du projet principal.

A une inquiétude exprimée par l’Administrateur-Délégué de la FEC sur le taux d’intérêt jugé élevé, Patrice Kitebi a indiqué le taux pratiqué par son institution est de loin plus bas que celui en cours dans le système bancaire. Il a par ailleurs annoncé que désormais le FPI a décidé de recourir à un taux variable en tenant compte de la situation économique du moment.

Il a ajouté qu’en terme réel, le taux pratiqué par le FPI était négatif en monnaie nationale. Ce qui pourrait entrainer, à terme, une décapitalisation de l’entreprise. Le FPI veut aller vers un taux variable indexée sur le taux directeur de la Banque Centrale du Congo, a-t-il précisé.

Autres mesures

A en croire Patrice Kitebi, le FPI s’est également engagé à ne plus fragmenter les financements comme par le passé, pour permettre aux bénéficiaires de réaliser leurs projets selon un calendrier précis et d’éviter les aléas d’une possible détérioration de la conjoncture économique susceptible de compromettre la réalisation de leur projet. C’est ainsi qu’il a annoncé qu’aucun décaissement ne pourra dépasser le délai de six mois.

Il a en outre proclamé sa détermination à lutter contre le détournement de l’objectif des financements et de mener une lutte sans merci contre les rétro-commissions qui ont longtemps terni l’image du FPI.

« Notre ambition est de développer des mécanismes innovants pour que les opérateurs économiques s’épanouissent dans leurs projets, et pour ce faire, nous sommes déterminés à atteindre l’objectif de recouvrement d’au moins 80% de nos prêts », a-t-il déclaré.

Si la RDC aspire à l’émergence, a-t-il ajouté, cela passe nécessairement par l’essor industriel et la transformation de nos produits primaires.

Pour rappel, l’objectif de cette matinée était celui de discuter des voies et moyens pour permettre l’émergence d’un partenariat gagnant-gagnant entre son institution et la FEC.

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