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Afrique : encore plus de réglages et de temps prévus, avant la mise en œuvre effective de la ZLECAf !

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Afrique : encore plus de réglages et de temps prévus, avant la mise en œuvre effective de la ZLECAf ! 1

Selon le calendrier prévu, la mise en place de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine, Zlecaf, devait entrer en vigueur dès ce mois de janvier 2021. Déjà au mois de décembre, les membres de l’Union Africaine ont adopté une mesure historique lors de la 13ème session de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement.

Ils se sont convenus d’encadrer désormais les échanges commerciaux d’une base tarifaire commune et ils ont fait un nouveau pas important dans la mise en place de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Pour de spécialistes comme Jakkie Cilliers, expert sud-africain à l’Institut d’études sur la sécurité à Pretoria, « la Zlecaf est une réalité encore lointaine ». Il faut encore plus de réglages à finaliser que ce qu’on l’on pensait !

Cet expert est formel, ” ça va prendre du temps ; l’application effective du principe de libre-échange à l’échelle du continent prendra “plusieurs années”, affirme avec conviction Jakkie Cilliers. Pour cause, de nombreux points sur les droits de douanes sont encore en négociations entre les différents pays membres.

Des réglages à faire avant cette mise en œuvre…. Parmi ces réglages, nous avons ciblé quelques-uns. Tout d’abord, les 55 pays membres de l’Union Africaine n’ont pas tous ratifié l’accord, seuls 34 pays l’ont fait.

Ensuite, il faut souligner que parmi les 33 pays qui ont ratifié l’accord, jusqu’à présent beaucoup ne disposent pas des procédures douanières et des infrastructures nécessaires pour faciliter le libre-échange, fait remarquer, l’expert sud-africain, Jakkie Cilliers.

Un autre réglage important, c’est la question des rapports entre la nouvelle ZLECAf et les huit Communautés économiques régionales (CER) existantes. Il s’agit de l’Union du Maghreb arabe (UMA), la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE), l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) ,la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) , le Marché commun de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique australe (COMESA), la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD).

Par ailleurs, les accords commerciaux signés avec l’Europe, la Chine et les États-Unis sont encore un autre obstacle à surmonter. En juillet, les États-Unis ont par exemple ouvert des négociations avec le Kenya.

« La corruption dans certains gouvernements, la lourdeur de l’administration et le manque de moyens seront un défi pour la mise en œuvre du projet par l’Union africaine », ajoute cet expert.

L’économie du continent ne pèse que 3% de l’économie mondiale et elle est en outre morcelée entre 55 systèmes économiques différents ce qui constitue un “énorme frein” à la croissance du continent, estime Cilliers.

Avec cet accord, explique – t – il, l’idée est de construire des relations à l’échelle régionale et permettre aux Africains d’échanger des produits de base, mais aussi davantage de produits à valeur ajoutée.

Si elle atteint ses objectifs, la Zlecaf permettra de sortir 70 millions d’Africains de la pauvreté et 30 millions d’une situation d’extrême pauvreté d’ici 2035, selon la Banque mondiale

Craintes largement partagées par le Secrétaire Général de la Zlecaf. D’après lui, la mise en œuvre du libre-échange intra-africain, censée démarrer ce mois de janvier de l’année en cours, risque d’être lente, car de nombreux États ne disposent pas d’installations frontalières.

« Cela va nous prendre beaucoup de temps. Si vous n’avez pas les routes, si vous n’avez pas l’équipement adéquat pour que les autorités douanières à la frontière puissent faciliter le transit rapide et efficace des marchandises… si vous n’avez pas l’infrastructure, souple comme matérielle, cela réduit la portée de cet accord », a affirmé Mene.

Aussi, soutient-il, la plupart des pays africains ne sont pas prêts à appliquer les termes de la Zone de libre-échange continentale africaine, entrée en vigueur le 1er janvier.

Enfin, l’Afrique “est restée prise au piège d’un modèle économique colonial”, selon le secrétaire général de la Zlecaf, Wamkele Mene. Pour en sortir, elle doit mettre en œuvre presque “de manière agressive” le nouvel accord.

Aussi soutient-il, « nous voulons éloigner l’Afrique de ce modèle économique colonial qui consiste à être perpétuellement un exportateur de matières premières allant être transformées ailleurs ».

Les pays membres devront se rendre compte que la mise en conformité des lois prendra du temps, peut-être des années avant de mettre les lois des pays en conformité avec les nouvelles exigences, avertit Wamkele Mene. L’Éthiopie, par exemple, a interdit les investissements étrangers dans son secteur financier, ce qui constitue une violation potentielle des règles de la Zlecaf, a-t-il affirmé.

Pour sa part, David Luke, qui coordonne la politique commerciale à la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA) est d’avis que les biens échangés en Afrique étaient davantage transformés que les matières premières exportées du continent vers la Chine, l’Inde, l’Europe et d’autres partenaires commerciaux importants.

« Les décideurs politiques ont compris que, bien que limité, le commerce sur le continent est à valeur ajoutée », a-t-il déclaré. « C’est là que se trouvent les emplois, par opposition au commerce avec le reste du monde, qui est essentiellement constitué de marchandises ».

Des défis énormes à relever mais pas du tout impossible. Même si actuellement, seulement 16% des échanges commerciaux du continent se font entre pays africains.

L’ambition de la Zlec est de faire passer ces échanges à 60% d’ici 2034 entre les 55 pays membres de l’Union africaine, qui représentent 1,2 milliard de personnes. L’idée est que l’accord, déjà ratifié par 34 Etats, soit opérationnel “d’ici 2034 avec la suppression d’environ 97% des taxes douanières”.

Nadine FULA

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