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Afrique : le Conseil d’administration du FMI se prononce fin juin 2022 sur la deuxième revue du programme conclu avec la RDC

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Le Ministre congolais des Finances, Nicolas Kazadi, a présidé une réunion de la troïka politique à l’issue de laquelle les services du Fonds Monétaire International (FMI) ont présenté les conclusions de la deuxième revue du programme et de la consultation au titre de l’article 5 avec la République Démocratique du Congo (RDC).

Selon le communiqué de presse publié au terme de cette réunion, « les services du FMI et les autorités congolaises sont parvenus à un accord au niveau des services sur la deuxième revue au titre de l’accord triennal de la Facilité élargie de crédit (FEC). »

Il sied de signaler qu’une mission du Fonds monétaire international (FMI) dirigée par Madame Mercedes Vera Martin a séjourné à Kinshasa du 27 avril au 9 mai pour mener des discussions sur la consultation pour 2022 au titre de l’article IV et la deuxième revue du programme économique et financier de la République Démocratique du Congo (RDC) appuyé par une facilité élargie de crédit (FEC).

L’accord au titre de la FEC de 36 mois au profit de la RDC pour 1 066 millions de DTS (100% de la quote-part, soit environ 1,52 milliard de dollars) a été approuvé par le Conseil d’administration le 15 juillet 2021, pour aider à répondre aux besoins de financement liés à la pandémie de Covid-19. La première revue ayant été achevée mi-décembre 2021.

Au terme la mission en République Démocratique du Congo RDC, Madame Mercedes Vera Martin s’est exprimée en ces termes : « L’équipe du FMI et les autorités congolaises sont parvenues à un accord au niveau des services pour la deuxième revue du programme. Cet accord au niveau des services doit être soumis à l’approbation de la Direction du FMI. La réunion du Conseil d’administration pour cette revue et la consultation Article IV est prévue fin juin 2022. »

Notons que les discussions entre les deux parties ont permis de relever le fait que la mise en œuvre du programme appuyé par la FEC est restée satisfaisante.

« La croissance réelle du PIB, estimée à 6,2 %, a rebondi en 2021, soutenue par le secteur minier et les services, tandis que l’inflation s’est établie à 5,3 % à la fin de 2021. Le déficit du compte courant s’est réduit à 1% du PIB, grâce au niveau élevé des exportations minières. Un rebond dans le secteur minier a permis une augmentation significative des réserves internationales brutes, atteignant près de 3 milliards de dollars ou 6,4 semaines d’importations à la fin de 2021. Le déficit budgétaire global s’est amélioré à 1 % du PIB en raison de recettes plus élevées et d’investissements inférieurs aux prévisions. », a déclaré Madame Mercedes Vera Martin, la cheffe de mission du FMI.

Et d’ajouter : « Dans ce contexte, la mise en œuvre du programme appuyé par la FEC est restée satisfaisante. Les données préliminaires suggèrent que tous les critères de réalisation à fin décembre 2021 ont été remplis. Cependant, l’objectif indicatif sur les dépenses de santé prioritaires n’a pas été atteint en raison de lacunes dans la mise en œuvre et un manque de coordination entre agences exécutantes. Les autorités ont également avancé dans leur programme de réformes structurelles. »

D’après elle, « malgré d’importants risques à la baisse, notamment en lien avec la guerre en Ukraine, les perspectives pour 2022 restent relativement favorables et offrent des opportunités de consolider la stabilité macroéconomique ».

Elle a noté par ailleurs que « la prévision de croissance a été révisée à 6,1% contre 6,4% ».

Aussi, dit-elle, un léger excédent du compte courant, tiré par des dons plus élevés et un déficit commercial relativement stable, soutiendra une accumulation de réserves supplémentaire.

Elle a soutenu par ailleurs que la hausse des prix internationaux de l’alimentation et de l’énergie devrait peser sur l’inflation et augmenter les dépenses courantes en raison de subventions non ciblées sur les carburants. Toutefois, la détérioration budgétaire devrait être contenue grâce à la bonne performance des recettes.

« Les services du FMI ont apprécié l’engagement des autorités à renforcer leurs efforts de réforme afin de contenir les dépenses courantes et d’adapter les dépenses d’investissement à la capacité d’absorption. Une réforme progressive des subventions aux carburants réduira les pressions budgétaires et créera un espace pour des transferts sociaux ciblés plus efficaces afin de protéger les pauvres des futurs ajustements de prix. La maîtrise de la masse salariale, tout en assurant une rémunération adéquate, repose sur une réforme globale de la fonction publique qui rationalise les effectifs, révise la grille des salaires et prévoit le financement des retraites. D’autres réformes visant à continuer de mobiliser les recettes, à améliorer la gestion des investissements et des finances publiques, et la gouvernance budgétaire restent essentielles pour améliorer l’efficacité des finances publiques. », a-t-elle affirmé.

Il faudrait savoir que les discussions ont également porté sur les réformes à la Banque Centrale du Congo (BCC) pour améliorer les sauvegardes, renforcer le cadre de la politique monétaire, continuer à augmenter les réserves internationales et améliorer la supervision bancaire, tout en soutenant l’inclusion financière.

A en croire Madame Mercedes Vera Martin , « l’avancement des réformes structurelles reste essentiel pour favoriser la croissance inclusive et l’inclusion sociale. »

Pour soutenir l’activité économique, elle est persuadée qu’il faudra répondre aux importants besoins d’infrastructure, avec une hiérarchisation stricte et une mise en œuvre opportune des projets d’investissement propices à la croissance.

A son avis, la simplification du système fiscal et l’amélioration du climat des affaires et de la gouvernance restent essentielles pour soutenir la diversification économique, mobiliser les investissements et promouvoir une croissance tirée par le secteur privé. La transition énergétique mondiale offrant des opportunités, notamment dans la mobilisation des financements climatiques.

Madame Mercedes Vera Martin a remercié les autorités congolaises pour leur coopération.

« La mission tient à remercier les autorités de la RDC pour leur forte coopération et des discussions constructives », a déclaré Madame Mercedes Vera Martin.

En deux semaines, la mission du FMI a, tour à tour, rencontré le Chef de cabinet du Président de la République, Guylain Nyembo Mbwizya, le Vice-Premier Ministre et Ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau Ebua, le Ministre d’État en charge du Budget, Aimé Boji, le Ministre des Finances, Nicolas Kazadi, la Ministre des Mines, Antoinette Nsamba Kalambayi, la Gouverneure de la BCC, Malangu Kabedi Mbuyi, d’autres hauts fonctionnaires, des partenaires au développement, ainsi que des représentants du secteur privé et de la société civile.

Patrick BOMBOKA

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