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Isidore Kwandja : ” la RDC est-elle prête à accueillir les Jeux de la Francophonie en 2021?”

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Isidore Kwandja : " la RDC est-elle prête à accueillir les Jeux de la Francophonie en 2021?" 1

[POINT DE VUE] – Selon les dernières nouvelles en provenance de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le Conseil permanent se réunit en ce début de semaine pour désigner probablement la République démocratique du Congo (RDC) à accueillir les Jeux de la Francophonie en 2021.

Pour rappel, deux provinces canadiennes membres de la Francophonie, le Nouveau-Brunswick et le Québec, étaient en compétition pour accueillir la 9ème édition des Jeux de la Francophonie. C’est le Nouveau-Brunswick qui avait été retenu et qui a finalement renoncé à les organiser, parce que trop c’est cher.

Conformément au guide de candidature de l’OIF, le cadre financier de base est fixé à plus au moins 10 millions d’euros (15 millions de dollars), pour obtenir les Jeux de la Francophonie. Mais même les organisateurs de l’OIF sont très conscients qu’il est impossible de tenir un événement de telle envergure avec un budget de 10 millions d’euros.

Les coûts estimés par le Nouveau-Brunswick en 2015 étaient de 17,5 millions de dollars. Quelques années plus tard, les coûts ont explosé, passant de 17,5 millions de dollars au moment où la candidature du Nouveau-Brunswick a été acceptée à 130 millions de dollars en 2018, pour ensuite être revu à 62 millions de dollars en 2019. Le Québec qui, à un moment donné, voulait prendre la relève, avant de renoncer lui aussi, estimait les coûts à 52 millions de dollars.

Les études démontrent que la plupart de pays organisateurs de grandes manifestations sportives de portée internationale ont vu leur budget de dépenses exploser sensiblement et dépassant de loin le budget annoncé lors du dépôt de candidature.

Toutefois, pour que les Jeux soient couronnés de succès, il est évident qu’au moins trois conditions suivantes doivent être réunies, à savoir des moyens financiers conséquents, des infrastructures sportives et hôtelières, et bien évidement le soutien populaire dans le pays organisateur.

À mon humble avis, en tenant compte du rapport coût-bénéfice, non seulement l’organisation précipitée des Jeux de la Francophonie par la RDC en 2021 n’est pas une bonne opération financière, toutes les conditions énumérées ci-dessus ne seront pas réunies pour que les Jeux se déroulent de manière satisfaisante, tout en assurant la protection adéquate de la santé et la sécurité des athlètes. Il serait donc préférable que la RDC passe son tour, étant donné l’échéancier trop serré et le risque d’occasionner les dépassements considérables de coûts.

En effet, selon des sources concordantes que nous avons interrogées au sein de l’Organisation, il semblerait que la RDC aurait proposé des dizaines de millions de dollars pour accueillir les Jeux de la Francophonie en 2021.

Comme disait l’autre, le Président de la République n’est pas un magicien pour tout savoir. C’est pourquoi il s’entoure des conseillers qui doivent faire preuve d’une connaissance approfondie dans les différents domaines tant scientifiques que de la vie politique, économique et sociale du pays, pour l’aider à prendre des décisions éclairées. Ceux-ci doivent faire preuve de jugement critique et d’analyse minutieuse de toutes les propositions qui sont faites au président, afin d’éviter de lui faire prendre des décisions à la va-vite.

Les derniers Jeux de la Francophonie qui se sont tenues en 2017 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, avaient accueilli 3 500 participants. Le Président Alassane Dramane Ouattara et l’ancienne secrétaire générale de la Francophonie Michaëlle Jean avaient mis la barre haute en organisant les Jeux exceptionnels de toute l’histoire de la Francophonie. Cette belle réussite est un succès partagé entre les autorités ivoiriennes et l’administration de Michaëlle Jean dans le domaine de la jeunesse, que personne ne peut nier ou ignorer.

Accueillir les Jeux de la Francophonie est une lourde responsabilité qui nécessite une préparation minutieuse et un défi de taille à relever pour un pays qui ne dispose pas suffisamment d’infrastructures sportives adéquates pour bien accueillir de telles compétitions internationales. De plus, le pays est toujours sans gouvernement légitime, six mois après les élections.

Pour le moment, il serait judicieux pour l’OIF de confier la tenue de la 9ème édition des Jeux de la Francophonie à un pays membre qui dispose déjà des infrastructures sportives adéquates, mais aussi des infrastructures hôtelières qui permettront à des centaines de jeunes athlètes francophones de pouvoir compétitionner en toute sécurité. Comme ce fut le cas en 2010 avec le Sommet de la Francophonie, initialement prévu à Antananarivo, et qui a finalement été organisé à Montreux en Suisse.

Même à plus grande, les exemples sont nombreux qui montrent que les pays ne se bousculent plus beaucoup pour accueillir les Jeux internationaux, parce que le retour sur investissement est incertain. C’est le cas notamment de Stockholm, Cracovie et Lviv qui avaient renoncés à l’organisation des Jeux d’hiver en 2022.

Candidates à l’organisation des Jeux olympiques 2024, Rome, Boston, Hambourg et Budapest ont préféré renoncer devant le manque de soutien de leurs populations qui jugeaient le projet trop onéreux pour moins de retombées financières. Candidate à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2026, Calgary a renoncé également à accueillir les Jeux pour les mêmes raisons.

Si la RDC veut poser sa candidature pour accueillir les Jeux de la francophone, un nouvel appel à candidature sera lancer en novembre prochain pour la 10ème édition en 2025. Pendant ce temps, elle pourra commencer les travaux de construction et de rénovation des infrastructures sportives et se préparer sérieusement à accueillir les athlètes dans des conditions optimales.

Le RDC a beaucoup d’autres priorités nationales qui nécessitent des moyens financiers et une attention particulière du président de la République. De toute façon, Félix Tshisekedi n’est pas engagé dans une course contre la montre pour rattraper un retard quelconque. À vouloir aller trop vite, on risque d’obtenir l’effet inverse à celui escompté.

Isidore KWANDJA NGEMBO, Politologue

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