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Kinshasa : construction des «sauts-de-mouton», l’Etat obligé d’ouvrir l’œil

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Kinshasa : construction des «sauts-de-mouton», l’Etat obligé d’ouvrir l’œil 1

[ANALYSE] – Dans le but de lutter contre les embouteillages dans la ville de Kinshasa, le gouvernement congolais a pensé construire des sauts-de-moutons dans certains grands carrefours de la capitale. Pour ce faire, deux entreprises publiques, en l’occurrence l’Office des voiries et drainage (OVD), l’Office des routes (OR) ont été mises à contribution. Est-ce le début d’une nouvelle ère ? L’avenir nous en dira peut être plus.

Le 19 avril 2019, ces entreprises de l’Etat signent des contrats avec quelques sociétés chinoises sous l’égide du ministère des Infrastructures, travaux publics et reconstruction, pour la construction des sauts-de-moutons dans la ville de Kinshasa.

Durée des travaux, 90 jours

Quelques carrefours « stratégiques » ont ainsi été identifiés pour abriter ces infrastructures qui, selon leurs initiateurs, visent à éradiquer les embouteillages sur les artères de la ville de Kinshasa.

Parmi les sites identifiés, on cite le boulevard Lumumba dans sa jonction avec le boulevard Sendwe au niveau de l’avenue Université, le croisement de boulevard Triomphal et Kasa Vubu au niveau du Pont Cabus dans la commune de Kasa-Vubu ; le croisement de l’avenue Libération et sergent Moke au niveau de ASSANEF dans la commune de Lingwala.

Le boulevard du 30 juin dans sa jonction avec l’avenue libération a également été ciblé. Le rond point Socimat, le rond-point Kitambo magasin, le rond-point Pompage ainsi que la route Matadi au croisement avec l’avenue Lalou figure également parmi les tronçons devant abriter les sauts-de-moutons.

Selon le contrat, les entreprises chinoises avaient entre sept et dix jours de préparation avant de débuter les travaux proprement dits.

Quant au coût des travaux pour chaque ouvrage, il varie entre 1,2 millions USD et 4 millions USD par site. Selon les termes du contrat signé, la livraison des sauts-de-moutons devaient intervenir entre trois et quatre mois.

Quid de l’effectivité des travaux ?
Depuis la signature du contrat entre le gouvernement congolais et les sociétés chinoises, des tôles bleues jonchent quelques carrefours transformés en chantiers. Du coup, il s’observe des embouteillages interminables sur les quelques endroits où les travaux devaient être réalisés.

Au sein de l’opinion, on s’interroge depuis des mois sur ce que cachent ces tôles bleues. A première vue, on est tenté de croire que derrière ces tôles il n’y a rien. Face à cette cacophonie, l’Etat se réveille de son sommeil et cherche à comprendre ce qui se passe réellement.

La première institution à se réveiller, c’est la Présidence de la République. Trois mois après la signature de contrat, aucun béton n’est encore visible à hauteur. Or, le timing fixé pour la livraison des ouvrages est de 90 jours (trois mois).

« Là où rien n’est fait, les tôles bleues seront démontées. Les sites, rouverts à la circulation et les régies des travaux passeront á la caisse, rembourser l’argent perçu », a prévenu Kasongo Mwema Yamba Yamba, selon qui les intouchables étaient prévenus.

Selon certains analystes, le porte-parole du chef de l’Etat ferait référence au fait qu’il n’y a pas si longtemps, les indélicats n’étaient pas contrôlés et pouvaient ne pas effectuer les travaux en gardant les fonds décaissés par le Trésor Public.

Le feuilleton sauts-de-moutons remet sur la surface la problématique de sanctions en République démocratique du Congo. Depuis plusieurs années, des marchés publics sont offerts de gré à gré.

Parfois, les clauses des contrats ne sont pas respectées et les responsables courent librement les rues, sans être inquiétés. Ce qui ne doit plus être le cas dans un pays qui se veut «démocratique.»

Olivier KAMO

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