Quantcast
Connect with us

a la une

Pré Cop 27 Kinshasa : l’accès aux fonds climat, un chemin parsemé d’embûches

Avatar of La Rédaction

Published

on

CAE63680 E886 4A7F 80F7 A84F430C33B2

Entre 2000 et 2010, la planète a perdu chaque année environ 0,44% de ses forêts.

Suivant les projections de l’Atlas du climat, près de la moitié des forêts du monde pourrait, à ce rythme, disparaître si rien n’est fait d’ici la fin de ce siècle.

Face à l’urgence de contribuer à la réduction du réchauffement climatique de 1.5 degré Celsius, la communauté des acteurs climatiques est confrontée, entre autres, au défi de l’accès aux fonds climat.

Alors que le continent noir n’est responsable que 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, plusieurs Etats africains sont dans une situation de dilemme, notamment à cause de la difficile cohabitation entre les questions de survie de leurs populations plongées dans une extrême pauvreté et la réduction de gaz à effet de serre.

Dans son mot de bienvenue à l’ouverture des travaux préparatoires de la COP 27, ce lundi 3 octobre 2022, à Kinshasa, Madame Eve Bazaiba, Vice-Première Ministre et Ministre de l’Environnement et du Développement Durable, est revenue sur cette préoccupation.

« Pendant que nous-nous préoccupons des moyens de gérer les urgences que le changement climatique cause dans des régions qui en sont le plus exposées, ce que nous saluons comme membres de la communauté des acteurs climatiques internationale, nous soulignons qu’il est encore plus urgent de se pencher profondément sur les changements structurels que l’adaptation au changement climatique impose aux communautés des pays les moins avancées, qui souvent se retrouvent dépourvues des ressources technologiques et financières pour ce faire. », a-t-elle déclaré.

Et de poursuivre : « Nous avons besoin d’exploiter nos ressources naturelles et trouver du pain à nos enfants, mais sur la ligne de ce devoir, il y a de plus en plus des obstacles associés à la nécessité de réduire nos émissions. Plusieurs pays africains ont du mal à opérer un choix entre la survie de leurs populations et le contrôle des émissions de gaz à effet de serre, alors que le continent n’est responsable que de 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Que faire dans ces circonstances ? Exploiter nos ressources et nourrir nos enfants ou les contempler et les laisser mourir de faim ? »

Pour Madame Eve Bazaiba, la question de l’accès aux fonds climats par les pays forestiers, notamment ceux des bassins tropicaux de la planète demeure une équation à plusieurs inconnus, alors que leurs forêts rendent des services incommensurables à l’humanité.

« Il sied de rappeler que tout investissement dans la protection et la préservation des forêts ne doit plus jamais être envisagé comme une aide au développement, mais plutôt comme un investissement dans le système climatique mondial, qui en réalité est un bien commun à toute l’humanité. Tous nous respirons le même air, et tous nous baignons dans la même atmosphère. Prenons-en donc soin en investissant dans les forêts. Songeons aussi aux gardiens de forêts car en tant que tel, ils ont droit à une rémunération. Que le monde arrête les discussions et se mette au travail. La planète brûle, et nous brûlerons avec elle si nous continuons de parler au lieu d’agir. »

S’agissant du prix de la tonne de carbone forestier, Madame Eve Bazaiba trouve anormal que le prix d’un service qui sauve la planète ne soit pas valorisé à juste titre.

« Le prix de la tonne de carbone séquestrée devait correspondre aux coûts relatifs à la préservation de ce service. A ce propos, c’est 100 dollars américains qui ont souvent été avancés, mais que nous estimons toujours insuffisant, en contrepartie à la valeur des services rendus. Que les pays pollueurs trouvent dans le rehaussement du prix du Carbonne forestier l’opportunité d’appuyer l’auto-financement de l’action climatique dans les pays dotés d’importantes ressources forestières, car nous sommes capables de contribuer aux fonds d’adaptation et d’atténuation et aider nos frères des pays les moins avancés qui ne sont pas aussi dotées naturellement que nous à lutter contre ce phénomène. Ne portez pas le poids du financement de l’action climatique mondial vous seuls. Faites de nos bassins forestiers tropicaux vos partenaires dans cette lourde responsabilité. », a-t-elle souligné.

Ouverts ce lundi 3 octobre 2022 par le Premier Ministre congolais, Jean-Michel Sama Lukonde, les travaux préparatoires de la Conférence mondiale sur le changement climat (Pré Cop 27) se clôtureront le 5 octobre 2022. Plus de 64 Ministres ayant les questions du climat dans leurs attributions prennent part à ces assises de Kinshasa.

Patrick BOMBOKA

Depuis le Palais du Peuple

Advertisement
Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Advertisement

Edito