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RDC : Albert Tcheta réagit l’analyse de Florent Lushima sur les «Miracles de Kabila en chiffres»

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[OPINION] – Le PhD en économie, Albert Tcheta-Bampa a recadré l’analyse sur les performances économiques de l’Etat congolais depuis 2001 faite par Florent Lushima Djunga, directeur retraité de la Société nationale d’électricité (SNEL). Ce dernier a publié récemment une étude dénommée : «Miracles de Joseph Kabila en chiffres». Ci-dessous, la réaction :

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Oui, Monsieur Florent Lushima Djunga, analyste financier, la fin des conflits armés (la paix) qui ont lieu entre 1996 et 2001 en RDC, ont un impact positif parce qu’ils ont fait naître par la suite, un nouveau processus de consolidation de l’État, qui a offert quelque chose de comparable à l’expérience de la guerre qui a joué un rôle véritablement essentiel dans la formation de l’Etat, la centralisation politique de la nation en Europe.

Expliquer la performance relative enregistrée durant le régime du Président Joseph Kabila, en utilisant les consommation  de l’électricité  et de celle de carburant comme étant des proxy d’efficacité du gouvernement, c’est à mon sens très largement insuffisante.

Votre analyse est remise en cause par les ‘indicateurs suivants: l’évolution du PIB par habitant, l’évolution de la valeur ajoutée de l’agriculture, et l’évolution d’accès à l’électricité (% de la population) et d’accès à l’électricité, zones rurales (% de la population rurale).

L’explication de cette amélioration relative que je privilégie dans cette note, les effets de la réduction fortuite des perturbations exogènes (bonne fortune), ce que les économistes appellent BRUIT.

Je considère que le Président Joseph Kabila a eu la chance d’arriver au pouvoir au moment de la fin des conflits armés qui ont déchiré la RDC entre 1996 et 2001. Il n’y est pas arrivé par sa propre conviction ou volonté politique, mais à la suite d’un choc exogène (assassinat du Président Laurent-Désiré Kabila, son père), qui a changé l’équilibre des forces entre le gouvernement et l’opposition.

Quel que soit le dirigeant qui accède au pouvoir dans un pays après des conflits armés destructeurs de capital, la littérature sur la croissance économique suggère qu’ « un pays dont le rapport de départ capital humain/capital physique est élevé au lendemain d’une guerre qui a détruit une grande partie de son stock de capital physique tendra à croître rapidement… » (Barro, 2000, p. 6).

Ainsi, le stock de capital physique et les investissements depuis 2002 croissent rapidement car ils sont davantage sujets à une expansion rapide au lendemain des conflits armés.

Mondialisation (retour dans le commerce mondial et l’industrialisation des pays émergents) a entraîné la hausse des prix des ressources minérales pour une large variété d’exportations de ressources naturelles.

C’est une chance parce que Mobutu est arrivé au pouvoir à la fin de la 1ème  forte hausse des cours (après la Seconde Guerre mondiale), boom qui remonte aux années 1950. Malgré le deuxième boom des  années 1970, les prix de cuivre n’ont pas augmenté et  le marché du cuivre, est devenu encore plus volatile au cours du régime de Mobutu. Ce qui n’est pas le cas de Kabila.

Joseph Kabila est arrivé au pouvoir au début du dernier boom qui est « encore en cours ». Depuis le début des années 2000, la demande mondiale en métaux et en ressources énergétiques a dépassé l’offre, poussant les prix à la hausse vers des niveaux quasiment jamais atteints dans certains cas.

Albert Tcheta-Bampa
PhD in Economics
University Paris 1-Panthéon-Sorbonne
Centre d’Économie de la Sorbonne (CES)
Maison des Sciences Économiques

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