Connect with us

a la une

RDC : alerte orange, l’appui budgétaire du FMI consommé à 75% vire à l’épuisement !

Published

on

RDC : alerte orange, l’appui budgétaire du FMI consommé à 75% vire à l’épuisement ! 5

L’appui budgétaire du Fonds monétaire international (FMI) au Gouvernement congolais consenti à 363,62 millions USD a servi à près de 75% à financer le déficit des opérations financières de l’Etat congolais. De mai au 2 octobre 2020, les Condensés d’informations statistiques de la Banque centrale du Congo (BCC) indiquent que 531 milliards de CDF ont été déjà consommé.

Au taux de change indicatif de 1 961,10 CDF le dollar américain, ce montant représente l’équivalent en devises de 271,69 millions USD.

RDC : alerte orange, l’appui budgétaire du FMI consommé à 75% vire à l’épuisement ! 6

En effet, la Facilité rapide de crédit (FRC) accordée à l’Etat congolais par le FMI le 22 avril dernier aura été d’une grande utilité en cette période de crise internationale qui n’épargne pas la Rd Congo. Ces ressources ont servi pour à compenser, mieux à couvrir le gap de financement des recettes de l’Etat. 

Car, face à une augmentation de la pression sur les dépenses publiques dans un contexte de confinement de l’économie nationale, le niveau de mobilisation des recettes publiques a fortement baissé depuis le début de la pandémie en Rd Congo. Conséquence, les maigres recettes n’ont pu couvrir les besoins financiers de l’Etat. 

Alerte rouge du Comité de politique monétaire ! 

Si 271,69 millions USD ont déjà été consommés sur l’enveloppe globale de 363,62 millions USD mise à la disposition de la caissière du Gouvernement, il reste logiquement que 91,93 millions USD. Avec ce reliquat, d’aucuns estiment que le Gouvernement ne peut tenir qu’environ un mois et demi, au regard des résultats d’utilisation de cet appui budgétaire du seul mois de septembre dernier. 

En réalité, révèle le CPM dans son compte-rendu du 8 octobre 2020, les ressources tirées de l’appui budgétaire du FMI, soit 132,5 milliards de CDF (soit 67,5 millions USD au taux indicatif de 1 960,9 CDF/USD) ont permis non seulement de financer le déficit, mais également rembourser les Bons du Trésor. 

A la réunion précédente, soit du 19 septembre 2020, le Comité de politique monétaire de la Banque centrale se préoccupait déjà par la faible mobilisation des ressources publiques dans un contexte d’épuisement progressif de l’appui budgétaire du FMI. Une situation qui présente des risques potentiels sur le cadre macroéconomique. 

« Le Comité de politique monétaire lance un appel urgent pour la mise en oeuvre rapide des réformes préalables à la négociation d’un programme à moyen terme avec le FMI, lequel permettrait d’élargir la marge de manoeuvre budgétaire », précisait – il. 

RDC : alerte orange, l’appui budgétaire du FMI consommé à 75% vire à l’épuisement ! 7

Conditions à remplir pour le sauvetage 

A ce stade, la balle est dans le camp du Gouvernement qui devrait implémenter, en toute urgence, les mesures correctives du Programme de référence bouclé avec le FMI afin d’entamer les négociations du Programme triennal qui, lui, sera assorti d’une Facilité élargie de crédit (FEC).

  • D’abord, il faudra élaborer un Budget 2021 réaliste et maintenir la stabilité macroéconomique sur la base des engagements pris dans le Pacte de stabilité macroéconomique et monétaire entre le Gouvernement et la Banque centrale du Congo (BCC). 
  • Ensuite, il est attendu du Gouvernement de consolider la transparence minière en publiant les récents contrats miniers conclus notamment avec la SOKIMO et la MIBA ainsi que de mettre en place la feuille de route dans le cadre de l’ITIE afin d’améliorer davantage la gouvernance minière.
  • Enfin, il devra finaliser le processus de restructuration de la Banque centrale du Congo (BCC) qui passe, à la faveur de la nouvelle loi en vigueur, par la nomination des commissaires aux comptes, le renouvellement de son Conseil d’administration et la nomination des deux vice-gouverneurs.

Toutes ces réformes « urgences » et « prioritaire » faisant partie des conditions imposées par le Fonds monétaire international (FMI) n’ont pas encore atteint 30% de leur exécution. Plus le temps s’égrène sans connaitre des enjambées nécessaires dans ce processus, plus le Gouvernement repousse le temps du début de négociations et d’entrée en programme avec le FMI initialement prévu au premier trimestre 2021.

« Tout dépend de la vitesse avec laquelle le Gouvernement va mettre en oeuvre les mesures qui lui sont recommandées pour renforcer la performance du Programme intérimaire comme préalables à toute discussion en vue de la conclusion du programme triennal », avait rassuré Philippe Egoume, le directeur pays du FMI en Rd Congo lors d’un échange avec la presse 

A RE(LIRE) : Gouvernement et BCC vont signer un accord sur les modalités de gestion des 363 millions du FMI

Il y a lieu de rappeler que le 22 avril 2020, le FMI avait accordé à la Rd Congo une Facilité rapide de crédits (FRC) consentie à titre exceptionnel pour servir d’un appui budgétaire afin de permettre au Gouvernement Ilunkamba de faire face aux besoins liés à la riposte au Covid-19.

Dans la lettre d’intention signée conjointement par le FMI et le Gouvernement congolais dans le cadre de cet appui, les deux parties s’étaient mises d’accord sur quatre principales conditions à observer. 

Il s’agit respectivement de : (1) la publication mensuelle des données liées à l’exécution du Budget de l’Etat ; (2) la publication mensuelle des détails sur les dépenses liées aux actions de riposte et d’atténuation de la crise du Covid-19 ; (3) l’organisation d’un audit a posteriori de la Cour des comptes sur le rapport financier global de l’appui budgétaire ; (4) l’observance des règles de passation des marchés publics liés aux dépenses du Covid-19 qui sont à respecter de manière rigoureuse et selon la loi congolaise en vigueur.

A ce stade, apprend-on, le FMI n’a pas encore réussi à avoir toutes ces informations tant que les résultats des audits de dépenses de Covid-19 lancés par l’Inspection générale des finances (IGF) ne leur sont pas encore parvenus. 

Qu’à cela ne tienne, l’épuisement de cet appui budgétaire du FMI contraint le Gouvernement à rapporter l’utilisation de 363,62 millions USD obtenus de cette institution de Bretton Woods pour faire face aux effets directs et indirects de la pandémie de Covid-19 en Rd Congo.

Emilie MBOYO

Sur le même sujet :

RDC : vers le programme triennal avec le FMI, Georgieva optimiste !

Continue Reading
Advertisement
Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Edito

Advertisement