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RDC : ce que révèle l’enquête de l’ONU sur crime contre l’humanité à Yumbi

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La mission conjointe d’évaluation menée par différentes agences des Nations Unies a levé un pan de voiles sur des actes susceptibles d’être qualifiés de crime contre l’humanité perpétrés notamment à Yumbi, dans la province de Mai-Ndombe. Zoom Eco revient sur quelques points saillants des résultats de cette enquête.

En effet, le rapport indique que les attaques ont été vraisemblablement planifiées et organisées suivant un même mode opératoire selon lequel les assaillants auraient reçu des instructions.

Dès lors, ces enquêteurs sont d’avis que ces attaques ont été extrêmement violentes et rapides, laissant peu de temps à la population pour fuir.

« L’enquête a permis de conclure que les violences documentées à Yumbi pourraient présenter des éléments constitutifs de crime contre l’humanité par meurtre, persécution, transfert forcé de populations ou violences sexuelles », consigent-ils dans le Rapport.

Il en ressort autant que face à l’impossibilité d’anticiper, l’ampleur des violences desdites attaques dans le territoire de Yumbi aura été facilitée par l’absence de l’autorité et des services de l’Etat.

« En dépit des signes de tensions croissantes et des échéances électorales imminentes, aucune mesure préventive n’a été prise pour renforcer la présence de l’Etat dans ce territoire et éviter les violences entre les communautés Banunu et Batende», soutient le Rapport.

Bien plus, les autorités territoriales et provinciales étaient pourtant saisies de la situation de tensions exacerbées entre les deux communautés à partir du début du mois de décembre 2018 et à la mort du chef Mantoma Fedor à Kinshasa.

Pire encore, les autorités provinciales avaient été informées de l’imminence d’une attaque, et des préparatifs et rencontres dans les villages Batende.

Et d’ajouter : « sur instruction du gouverneur provincial, l’Administrateur du territoire de Yumbi se serait opposé à l’enterrement du chef Banunu, Mantoma Fedor, dans sa parcelle privée au cours de rencontres avec les notables Banunu et à travers une lettre adressée à la famille du défunt, à laquelle l’équipe n’a pas eu accès. Il n’aurait néanmoins pas pu empêcher l’inhumation.»

Le rapport des Nations unies renforce des soupçons sérieux qui pèsent sur certains chefs coutumiers, des éléments de la Police nationale congolaise, l’Administrateur du territoire et le gouverneur de province, Gentiny Ngobila quant à leur passivité ou l’action ayant aboutie à la commission de ces crimes contre l’humanité.

A RE(LIRE) : crime contre l’humanité à Yumbi, Gentiny Ngobila aurait brillé par l’inaction (ONU)

Face à ces éléments d’enquête, le Rapport recommande « au gouvernement de  prendre des mesures d’administration provisoire du territoire de Yumbi ainsi que des mesures conservatoires contre les autorités provinciales dont l’inaction ou l’action a pu conduire aux violences interethniques.»

Autant, le gouvernement congolais devrait renforcer la présence des institutions étatiques tout en garantissant leur neutralité.

Cela passe également par renforcement de la présence de la Police nationale, des moyens de la justice, ainsi que des capacités logistiques, humaines et matérielles de la justice civile et militaire, en particulier les cellules spécialisées dans la réponse aux crimes contre les enfants et aux violences sexuelles.

Entre temps, il s’avère urgent d’initier des efforts de réconciliation entre les deux communautés et de mener des enquêtes approfondies sur l’implication possible d’autorités étatiques dans la planification des attaques.

Emilie MBOYO

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