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RDC : CORAP et plusieurs structures de la société civile appellent Félix Tshisekedi à dissuader tout soutien au projet EACOP

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La Coalition de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique (CORAP) et plusieurs organisations citoyennes appellent le Gouvernement de la République Démocratique du Congo à arrêter le processus d’appel d’offres sur les blocs pétroliers et gaziers, et à ne pas investir dans le projet d’oléoduc en Afrique de l’Est (EACOP). C’est ce qui ressort de leur déclaration faite le lundi 29 mai 2023.

En effet, ces organisations de la société civile justifient cette position par quatre (4) raisons liées aux risques pour lesquels le pays ne devra pas s’engager. Il s’agit notamment de :

1° L’abandon progressif des combustibles fossiles et l’adoption croissante des énergies renouvelables, la demande pour les énergies fossiles diminuera considérablement au cours des 25 prochaines années. Ainsi, les investissements dans les blocs pétroliers et gaziers de la RDC risquent de devenir des actifs échoués, se dévalorisant de manière signiticative au fur et en mesure que les conditions du marché changent.

A en croire Emmanuel Musuyu de CORAP, ces facteurs devraient interpeller le Gouvernement central à considérer l’exploitation du pétrole comme un grand risque pour l’économie du pays.

« La RDC est parmi le plus grand pays riche du monde. En sa qualité de pays solution, elle doit se positionner pour développer ses ressources en se focalisant sur la transition énergétique.
Nous encourageons le Gouvernement à mettre en place des stratégies et des visions qui permettront au pays à se positionner comme ce leader mondial ».

2° Tous les blocs pétroliers de la RDC sont situés dans des zones écologiquement très sensibles aussi bien pour le pays que le monde entier. Nombreux chevauchent au moins 13 aires protégées en RDC et d’autres se superposent aussi largement à des zones administratives habitées par des peuples autochtones.

Sur le plan national, l’exploitation du pétrole implique la destruction des sources de subsistance durables en exploitant des sources épuisables, et laissant un environnement dépouillé de toutes substances, inutile pour la survie.

3° En choisissant d’investir maintenant dans de nouvelles extractions pétrolières, la RDC perd en même temps toutes ces opportunités d’emploi à une jeunesse majoritairement chômeuse.

Les recherches montrent qu’investir dans une transition énergétique ambitieuse qui s’aligne sur l’objectif de 1,5°C pourra significativement booster le secteur de l’emploi en Afrique – de 0,35 millions d’emploi en 2020 à 4 millions à l’horizon 2030 et plus de 8 millions d’emplois à 2 050.

Le nombre d’emplois créés grâce à la transition énergétique en Afrique serait quatre fois supérieur à celui des pertes d’emploi liées aux combustibles fossiles.

Le secteur de l’électricité en RDC a désespérément besoin d’investissements, étant donné que moins de 10% de la population congolaise a aujourd’hui accès à l’électricité.

4° L’EACOP est devenu l’un des projets les plus controversés au monde en raison de l’ampleur de ses impacts environnementaux et sociaux potentiels.

Plus long oléoduc chauffé du monde (1 443 kilomètres), l’EACOP présente des risques pour l’ensemble de l’Ouganda, la Tanzanie et la RDC, ainsi que pour le climat mondial.

Environ 118 000 personnes seront déplacées économiquement ou physiquement le long du tracé de l’oléoduc, principalement des communautés agricoles pêcheuses qui vivent de leurs terres et lacs.

A ce sujet, Jimmy Munguriek Ufoy, Sécretaire Général permanent de CDC/RN a expliqué que les acteurs importants ayant pris conscience de ces dangers se retirent progressivement de ce
projet.

« A ce jour, 26 banques et 23 assureurs qui avaient souscrits pour appuyer le projet EACOF ont publiquement déclaré qu’ils ne serviront plus d’appui au projet. Le cas le plus récent est le retrait de Sumitomo Mitsui Financial Group Inc, auparavant l’un des trois conseillers financiers du projet EACOP°. Ce retrait intervient peu après que Standard Chartered a décidé de ne plus
financer le projet EACOP, après deux ans de réflexion. », a-t-il dit.

De ce fait, les signataires de ce mémo ont formulé quatre recommandations au Chef de l’Etat congolais. Il s’agit de :

Primo : arrêter le processus d’appel d’offres sur les blocs pétroliers et gaziers ;

Secundo : arrêter toute implication de la RDC dans le projet EACOP;

Terco : entreprendre des études de faisabilité pour la mise en œuvre des alternatives à l’exploitation des combustibles fossiles pouvant offrir de meilleurs résultats sociaux et économiques pour la RDCet
sa population;

Quarto : développer des partenariats dont la RDC devra être bénéficiaire dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat.

Parmi les structures signataires il y a notamment le cadre de concertation de la société civile de l’Ituri sur les ressources naturelles (CDC/RN); Alerte congolaise pour l’environnement et les droits de l’homme (ACEDH); Initiative pour le développement Local (IDEL); Actions pour la promotion et protection des peuples et espèces menacés (APEM); la Coalition de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique (CORAP); Save Virunga, etc.

Agnès KAYEMBE

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