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RDC : créances vis-à-vis du Rwanda et du Burundi, une dette étatique héritée et non de la Banque centrale (Officiel)

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La dette vis-à-vis du Rwanda et du Burundi est une créance de l’Etat congolais et non celle de la Banque centrale du Congo (BCC) tel que distillé par certains analystes. La précision a été apportée par le gouverneur de la Banque centrale du Congo, Deogratias Mutombo, au cours d’un échange avec les médias locaux dans son cabinet de travail.

« C’est une dette qui est née des soldes négatifs des opérations issues d’un mécanisme de compensation très lointaine de l’époque zaïre, dans le cadre de la Communauté économique des pays de grands lacs (CEPGL). Un mécanisme de compensation, en rapport avec un arrangement monétaire qui avait été signé par les banques centrales de la CEPGL. A l’époque, il y avait ce solde négatif que nous avons trouvé, vers les années 1980 », a déclaré le gouverneur.

D’après lui, la Banque centrale du Congo a également une chambre de compensation avec l’Angola qui lui doit actuellement plus de 10 millions USD, montant qui n’a jamais été payé non plus.

A Deogratias Mutombo d’insister : « il ne s’agit donc pas d’une dette de la Banque centrale à proprement parler. Ce mécanisme de compensation consistait à accroitre les échanges commerciaux entre nos trois pays. C’était un système où les résidents payaient des marchandises des autres pays en monnaie nationale. C’est ce que ça signifie. Mais, ils se sont arrêtés avec un solde négatif d’un pays vis-à-vis d’un autre. Et la RDC est restée avec une dette vis-à-vis du Rwanda de 908 000 DTS et 2,950 millions DTS vis-à-vis du Burundi, pour des raisons d’Etat ».

Selon la Banque centrale du Congo, il était même question, à moment donné, de verser ces créances dans le panier de la dette publique. Et les démarches étaient avancées avec les pays concernés. Car, ce ne sont pas des dettes des banques.

« Pour raison de transparence et de responsabilité, nous continuons à les garder. Effacer cette situation est une fuite en avant. Nous la gardons, espérant peut être qu’on pourra trouver un mécanisme de règlement. Nous avons une dette propre envers le FMI parce qu’une institution comme le FMI ne prête pas aux Etats. Quand le FMI prête de l’argent, c’est au niveau des banques centrales. Et quand nous remboursons la dette du FMI, c’est à partir de notre bilan de notre compte d’exploitation. On ne débite pas le compte du Trésor. C’est comme ça que ça se passe. Mais les autres dettes sont des décisions des chefs d’Etat de l’époque. Ce n’est pas la Banque centrale qui avait emprunté à l’époque pour financer ses activités », a insisté Deogratias Mutombo.

A RE(LIRE) : les sous-comptes évoqués dans les états financiers 2019 de la Banque centrale appartiennent au Gouvernement (officiel)

Une certaine opinion s’est dite scandalisée – à tort ou à raison – lorsqu’elle a appris à travers les états financiers 2019 de la BCC, l’existence des créances vis-à-vis du Rwanda et du Burundi. A la Banque centrale, l’on conseille que l’interprétation des états financiers tels que publiés, soit faite par les seuls initiés.

En rappel, le cabinet d’audit Deloitte qui a certifié les états financiers de l’exercice 2019 de la Banque centrale du Congo atteste dans son analyse sommaire que le total bilantaire s’est établi à 6 094 158 millions de CDFen 2019 contre 4 451 962 millions de CDF à fin décembre 2018, soit une progression de 1 642 196 millions de CDF.

Olivier KAMO

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