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RDC : de l’ANEZA à la FEC, 3 grandes réalisations à retenir du parcours du patronat congolais

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RDC : plus de 3 000 entreprises membres en son sein, voici la FEC en chiffres

La Fédération des Entreprises du Congo a totalisé, le 27 juillet 2022, cinquante ans d’existence.

Connue sous l’appellation d’ « Association Nationale des Entreprises du Zaïre » (ANEZA) sous la deuxième République, cette organisation patronale, devenue, depuis 1997, « Fédération des Entreprises du Congo » ( FEC), compte à son actif plusieurs réalisations.

En effet, en un demi-siècle d’activités République Démocratique du Congo (RDC), la FEC a été au premier plan de l’histoire économique du pays dont trois (3) grandes réalisations ressortent du lot :

Primo : le plaidoyer pour la rétrocession des entreprises nationalisées

A peine créée en 1972, l’ANEZA a dû faire face, en novembre 1973, et en 1974, aux mesures de « zaïrianisation » et de « radicalisation ». Il s’agit de l’un des épisodes les plus importants de la politique menée durant la deuxième République.

Etant des mesures visant la réappropriation nationale de l’économie ainsi que la redistribution des richesses acquises pendant la colonisation, l’ANEZA a dû s’impliquer pour que les intérêts des entreprises ne soient pas lésés.

Ainsi, après plusieurs réunions avec les autorités de l’époque et plaidoyers, l’ANEZA obtint du Président Mobutu, le 25 novembre 1975, « la rétrocession ». Elle consistait à restituer, d’abord 40 % du capital des entreprises radicalisées, puis un peu plus tard (en septembre 1976) 60 % de leurs actions aux anciens propriétaires pourvu qu’ils s’associent à des zaïrois de leur choix.

Secundo : le plaidoyer pour la promotion de l’entrepreneuriat national

Depuis sa création, la FEC a toujours milité pour l’émergence d’une classe d’opérateurs économiques « nationaux ».

Grâce au plaidoyer de la FEC, alors ANEZA, il a été édicté la Loi sur le petit commerce réservé aux congolais dans les années 1990 et, dans un passé récent, la prise des mesures d’application de la Loi sur la sous-traitance dans le secteur privé a connu une grande contribution de la FEC.

Bien plus, les difficultés d’approvisionnement en devises étrangères et l’instabilité du taux de change dans les années 1990 (fin 1993, 1 dollar américain passe à 110 000 000 de zaïres) amena la Fédération à organiser et à structurer la profession des changeurs manuels des devises (communément appelés « cambistes »).

La contribution de la FEC notamment à travers son Comité Professionnel des bureaux de change, la Banque centrale a reconnu ce corps de métier et a édicté l’instruction n°007 portant règlementation de l’activité de change manuel.

Aussi, tant le livre blanc soumis à la Conférence Nationale Souveraine que les nombreux documents transmis régulièrement aux autorités politiques contiennent plusieurs propositions et recommandations pour la relance économique de la RDC.

La FEC accompagne au quotidien plusieurs PME avec un accent mis sur les femmes et jeunes entrepreneurs. Elle organise en leur faveur plusieurs activités dont les plus importantes sont notamment les matinées d’échanges et de rencontres d’affaires avec les grandes entreprises, plusieurs séances d’informations et de formations sur diverses thématiques intéressantes, de concours et d’accompagnement personnalisé soit pour lever des fonds soit pour enregistrer les droits de propriété intellectuelle , etc.

De manière particulière, il y a lieu d’évoquer notamment la mise en place depuis 2018 de l’incubateur dénommé « Pull Up Business Women » par la Commission Nationale Femmes Entrepreneures, spécialement dédié aux jeunes femmes porteuses de projets.
A ce jour, cet incubateur a accompagné plus de 200 jeunes femmes entrepreneures.

Il faudra aussi énumérer bien d’autres activités d’envergure à savoir :

– la reconnaissance et l’accompagnement des PME locales les plus performantes à travers le « Challenge Entreprise » organisé en partenariat avec le Ministère de l’Entrepreneuriat, Petites et Moyennes Entreprises, qui a primé en 2020 et 2022 plus de 20 PME avec divers prix;

– La formation et l’encadrement de plusieurs jeunes à l’entrepreneuriat et aux métiers, à travers l’incubateur Elikya ainsi que le Salon des Métiers et de la Formation (SMF).

Tertio : le combat pour la modernisation du Droit des affaires en RDC

Après son changement de dénomination en 1997 et le changement de régime politique en RDC, la FEC s’est impliquée pour la modernisation du Droit des affaires en RDC dont les textes dataient parfois de l’époque coloniale.

Ainsi, grâce au plaidoyer de la FEC :

– Il a été institué des Tribunaux de commerce et des tribunaux de travail en RDC;

– Plusieurs secteurs d’activités sont libéralisés (Mines, Télécommunications, Electricité, eau, Assurances);

– La RDC a adhéré à l’Organisation pour l’harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA) ;

– Il a été créé un guichet unique de création d’entreprise et un guichet unique intégral du commerce extérieur.

En outre, la FEC a créé, en 2004, le Centre National d’Arbitrage, de Conciliation et de Médiation (CENACOM).

Pour Albert Yuma Mulimbi, « atteindre cinquante ans, c’est une étape importante dans la vie d’une institution, comme dans celle d’un individu ».

Et de poursuivre : « Notre célébration n’est pas tant une festivité qu’une occasion solennelle de marquer une pause pour jeter un regard rétrospectif sur ce parcours de cinquante ans. C’est aussi un moment de nous tourner vers l’avenir et de scruter les montagnes que nous avons encore à gravir. »

Rappelons que depuis sa création, de l’ANEZA à la FEC, cette organisation est passée sous le leadership de plusieurs Présidents, notamment : Monsieur Tumba Tunkadi Thomas (1972-1975), Monsieur Umba Kyamitala (1975 -1979), M. Gilbert Tshiongo (1979 -1981), M. Jeannot Bemba Saolona (1981-1997), M. José Endundo (1997- 1998), M. Pascal Kinduelo (1999- 2005) et depuis 2005 M. Albert Yuma dont le mandat prendra fin en 2023.

Nadine FULA

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