Quantcast
Connect with us

a la une

RDC : expulsions d’Angola, la crise humanitaire au Kasaï s’aggrave et exige de l’aide financière

Published

on

«L’expulsion de congolais d’Angola au cours du mois écoulé est vraiment choquante et risque de déstabiliser davantage la situation au Kasaï», a alerté Ulrika Blom, directrice de pays du Conseil norvégien pour les réfugiés (CNR) pour la RDC. Environ 360 000 personnes traversant la frontière avec le Congo exercent une pression encore plus grande sur une situation humanitaire déjà catastrophique. Et ce, face à une maigre assistance humanitaire disponible.

Cette menace énorme dans un contexte déjà fragile et instable se justifie par le fait que 1,3 million d’habitants de la région du Grand Kasaï sont toujours déplacés même si au moins 2 millions sont rentrés chez eux. A cela s’ajoute le financement du Plan d’intervention humanitaire du Congo qui est largement inférieur à 50% et une présence humanitaire restreinte dans la région.

Dès lors, tout porte à croire que le dernier afflux de personnes dans le besoin risque de nourrir les conflits et d’entraîner des centaines de milliers de personnes dans le besoin à se battre pour la maigre assistance disponible.

« La réponse médiocre des donateurs à la crise humanitaire globale en RDC est venue nous hanter avec cette dernière urgence à la frontière entre le Congo et l’Angola. Le budget humanitaire de 2018 est fondamentalement obsolète en raison du nombre de crises et de revers que nous avons connus à travers le pays au cours des trois derniers mois », a déclaré Blom.

Les conditions dans lesquelles se trouvent les expulsés à leur retour au Congo sont choquantes. D’après le CNRC, le risque de maladies d’origine hydrique est élevé en raison du manque de latrines et de systèmes d’assainissement. Les villes frontalières comme Kamako ne peuvent pas se baigner régulièrement en raison du manque d’eau potable.

« Des milliers de personnes dorment à l’extérieur, ce qui met leur sécurité en péril, car il n’y a ni abri ni logement pour les afflux de personnes franchissant la frontière. L’extorsion de marchandises des deux côtés de la frontière est monnaie courante. Les enfants expulsés – dont beaucoup sont séparés de leurs parents – s’inscrivent dans les écoles frontalières locales sans uniformes ni matériel scolaire », rapporte CNRC.

L’autre face de la crise concerne les prix des denrées de base telles que le riz, la farine et l’huile qui ont triplé. Cette hausse inquiétante de prix est justifiée par la peur accentuée des marchands angolais qui traversent normalement la frontière pour vendre leurs produits. D’où, la paralysie de l’économie des communautés frontalières congolaises.

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (CNR) entend fournir de l’eau, des abris et de l’argent, et travailler à l’amélioration des installations d’assainissement en consortium avec l’organisation humanitaire française Solidarités International, et le financement de l’UNICEF et de l’Agence européenne pour la protection civile et les opérations humanitaires (ECHO).

« Ce n’est pas une crise sur le point de commencer, c’est une urgence à part entière. La communauté internationale doit augmenter de toute urgence le financement de l’aide humanitaire », a commenté Ulrika Blom.

Depuis mai 2017, le CNRC a aidé plus de 300 000 personnes dans le besoin dans la région du Grand Kasaï sous forme d’argent, d’abris, d’articles ménagers, d’éducation et de nourriture.

 Emilie MBOYO | Zoom Eco

Sur le même sujet :

RDC : 530 millions USD d’aide humanitaire collectés à la conférence de Genève !

Advertisement

Edito