Quantcast
Connect with us

a la une

RDC : La fin du cycle d’effondrement des cours est une opportunité à saisir

Published

on

Le choix opéré par le Gouvernement Matata de faire baisser le budget de l’Etat n’était pas en phase avec l’évolution du cycle de baisse des cours des produits de base et sa perception de l’évolution du déficit public a conduit à une lecture erronée de l’orientation de la politique budgétaire. Si toutes les publications mondiales montrent que les prix des métaux industriels (cuivre, zinc, étain, manganèse, coltan,…) ont eu tendance à reprendre du poil de la bête en 2016, les économistes avertis estiment que le Premier Ministre actuel ne devrait pas couvrir les erreurs de son prédécesseur qui cacher ses erreurs derrière la baisse des cours des produits de base.

Dans cette analyse, Albert Tcheta-Bampa montre que le cycle de l’effondrement des cours des produits de base est terminé (fin du choc).

Les cycles des cours des produits de base, 2000-2016

En effet, le FMI, dans ses perspectives économiques régionales de 2016 sur l’Afrique, décrit que « après avoir connu pendant les dix premières années 2000 une hausse soutenue […] Les cours du pétrole brut ont chuté de quelque 70 % entre juin 2014 et février 2016, et l’indice des prix des métaux a reculé de 35 % depuis le début de 2011. » (p. 28).

Toutefois, plusieurs sources indiquent que les cours des produits de base commencent à monter depuis le début de cette année. Il y a des raisons de penser que le gouvernement congolais doit arrêter sa politique de réduction des dépenses publiques menée durant l’effondrement des cours des produits de base.

Pendant plus d’une décennie, l’économie congolaise a surfé sur la vague mondiale des matières premières. La demande mondiale de métaux et ressources énergétiques a dépassé l’offre, poussant les prix à la hausse vers des niveaux quasiment jamais atteints dans certains cas. Durant cette période, la croissance de la RDC s’est principalement appuyée sur le boom des industries extractives et les investissements des compagnies énergétiques et minières étrangères.

L’évolution des cours mondiaux de nos deux produits de base est représentée sur les figures 1, de janvier 2000 jusqu’à juillet 2016. Les prix des produits de base ont augmenté de manière spectaculaire depuis 2000. Cette augmentation soutenue des prix de l’énergie et des métaux a été brièvement interrompue par la récession économique mondiale de 2008 qui a entraîné une interruption d’environ une année, pendant laquelle le cuivre et le pétrole se vendaient à bas prix (graphique 1).

En gros, le monde a connu un épisode d’une forte hausse des cours s’est amorcé au début des années 2000 pour atteindre en 2008, dans la plupart des cas, des sommets sans précédent. Après s’être remis de la crise entre 2009 et 2010, les prix de l’énergie et des métaux ont amorcé une nouvelle baisse en 2011, qui s’est accélérée à partir du milieu de l’année 2011 pour le cuivre et du milieu de l’année 2014 concernant le pétrole (graphique 1). Les cours du pétrole brut ont chuté de quelque 66 % entre juin 2014 et décembre 2015 et l’indice des prix de cuivre a fléchi de 52 % entre juillet 2011 et novembre 2015.


Sources : auteur à partir des données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE, France) et de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (UNCTADstat).

Cependant, peu d’indices laissent entrevoir la continuité d’un effondrement des cours. La situation semble s’améliorer depuis le début de l’année 2016, comme témoigne l’évolution des cours du pétrole brut, et des indices des prix du cuivre et de l’or (tableau 1). Il y a des raisons de penser que le troisième supercycle depuis la Seconde Guerre mondiale, va continuer comme prévu dans la littérature portant sur les booms des matières premières.

Par exemple, Erten et Ocampo (2012) soutiennent que le monde est encore dans la phase médiane du troisième supercycle des matières premières. Il s’agit de périodes durant lesquelles la tendance des prix à la hausse dure beaucoup plus longtemps que d’habitude (entre 10 et 35 ans) et couvre une large variété de produits.

Dorbec (2016) quant elle, suggère que la phase descendante va se poursuivre jusqu’à ce qu’un nouveau « principal moteur de croissance structurelle» émerge, aussi puissant que la Chine au cours des deux dernières décennies, que l’Europe et le Japon dans la période de l’après-guerre et les États-Unis à la fin du 19ème siècle.

Ces informations sur l’évolution récente des cours du cuivre, de l’or et du pétrole (graphique 1 et tableau 1) et les travaux sur les cycles des matières premières en général, laissent entrevoir le début d’une période qui suit immédiatement l’effondrement des cours des produits de base, i.e. fin de choc.

Comme nous l’avons annoncé déjà, le choix des politiques de la Troïka stratégique de baisser le budget de l’Etat à cause de déficits opérationnel et courant était inaproprié. Le choix d’un ajustement du budget de l’Etat doit être en phase avec l’évolution du cycle de baisse des cours des produits de base afin d’éviter une lecture erronée de l’orientation de la politique budgétaire.

Nous pensons donc que la RDC peut utiliser la marge de manœuvre des politiques budgétaires et monétaires disponible. Notre pays est aujourd’hui libéré de contraintes liées à la soutenabilité de la dette et peut laisser jouer le stabilisateur automatique .

Albert Tcheta-Bampa
PhD in Economics
University Paris 1-Panthéon-Sorbonne
Centre d’Économie de la Sorbonne (CES)
Maison des Sciences Économiques

Continue Reading
Advertisement
Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Advertisement

Edito