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RDC : la BCC appelée à loger les réserves de change dans ses comptes bancaires à l’étranger

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La Banque centrale du Congo (BCC) est appelée à transférer les réserves de change dans ses comptes bancaires à l’étranger. Elle doit le faire cinq jours ouvrés avant la tenue du Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) prévu le 16 décembre 2019 pour statuer sur le programme de référence avec la Rd Congo.

Il s’agit d’une exigence du FMI à laquelle le Gouvernement congolais a souscrit en perspective de conclusion du Programme de référence monitoré par le staff pour une période allant jusqu’à fin 2020.

En effet, les échanges entre les équipes du FMI et celles de la Banque centrale du Congo ont, d’après le représentant résident du Fonds en Rd Congo, aboutis à la conclusion selon laquelle la partie congolaise n’utilisait pas la définition conventionnelle des réserves de change.

« Cette définition conventionnelle exige que la Banque centrale du Congo dépose ses avoir en devises dans ses comptes bancaires à l’étranger. Mais la majeure partie de ces réserves a été, malheureusement, déposée auprès de banques commerciales locales », a précisé Phillipe Egoumé.

Une option étatique à trois motivations

Si cette façon de faire est décriée par le Fonds monétaire international, elle aura été visiblement une option gouvernementale implémentée par la Banque centrale du Congo pour trois motivations.

Primo. Mettre les réserves de change en DAT (Dépôt à terme) auprès des banques commerciales locales pour pouvoir générer des revenus.

Secundo. Avoir la possibilité de garantir, grâce à une partie de ces dépôts, les prêts que le Gouvernement congolais à contractés en dollars américains auprès des banques commerciales.

Tertio. Assurer la garantie des propres prêts de la Banque centrale du Congo contractés auprès des banques commerciales.

Pour le FMI, tous ces dépôts auprès des banques commerciales locales ne peuvent nullement être comptés dans les réserves de change. D’où, la déduction des montants officiellement déclarés par les autorités congolaises pour reconstituer le vrai niveau (conventionnel) des réserves de change dont dispose la Rd Congo.

Réserves de change à une semaine d’importation

En attendant toute régularisation de ces dépôts fait en devises par la Banque centrale dans les banques locales, le premier acompte montant disponible et susceptible d’être transférer dans les comptes bancaires de l’Etat congolais à l’étranger ne représente, d’après le FMI, que 160 millions de dollars américains.

« Pour que ce montant compte dans le calcul des réserves internationales, il faut le transférer dans les banques de règlements internationaux. S’il y a par exemple des DAT qui sont arrivés à termes, il faudra les rapatrier tout comme les prêts garantis. C’est ce que la BCC devra faire graduellement. Nous souhaitons aussi qu’elle arrête de garantir les prêts du Gouvernement avec les réserves internationales », a précisé le représentant résident du FMI en Rd Congo.

A la base de la définition conventionnelle, les réserves de change ont baissé de 657 millions de dollars à fin 2018 à 302 millions de dollars américains à fin octobre 2019.

Par conséquent, ce qui représentaient deux semaines de couverture d’importations en 2018, n’équivalent qu’une semaine d’importation des biens et services en octobre 2019. Il se pose, dès lors, un réel problème de balance de paiement.

A RE(LIRE) : près de 370 millions USD de Facilité de crédit rapide du FMI attendus en décembre 2019

Deux solutions pour renforcer les réserves en devise

La première incombe au Gouvernement congolais qui, à travers la Banque centrale, doit transférer, au plus tard le vendredi 13 décembre 2019, les 160 millions USD des dépôts de change non grevés dans les banques commerciales sur des comptes bancaires de la RDC à l’étranger.

La seconde solution viendra du FMI qui, avec la probable approbation du Programme de référence par le Conseil d’administration le 16 décembre prochain, pourrait débloquer environ 368 millions USD au titre d’appui à la balance de paiements.

« Le décaissement dans le cadre de la Facilité rapide de crédit (FRC) pourrait apporter a peu près une semaine de couverture d’importation. Avec les différents transferts de la BCC, nous espérons d’ici à fin 2020 remonter à quatre à cinq semaines de couverture d’importation. La norme, c’est trois mois, soit 12 semaines d’importations des biens et services », a  indiqué Philippe Egoumé.

Le représentant résident du FMI en Rd Congo a fait, à l’attention  des représentants de la Société civile et ceux des médias, la présentation sur les principales conclusions de la récente mission du Fonds sur la Facilité rapide de crédit et le programme de référence.

Eric TSHIKUMA

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