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RDC : le cobalt artisanal a généré près de 800 millions USD en 2020

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La contribution de creuseurs artisanaux est une donne non négligeable dans la prise en compte des statistiques relatives à la production des minerais en République démocratique du Congo (RDC). C’est le credo d’Albert Yuma Mulimbi, Président du Conseil d’administration de la Gecamines, lors du lancement officiel des activités de l’Entreprise Générale de Cobalt (EGC), le 31 mars dernier.

Dans un speech prononcé pour la circonstance, Albert Yuma a fait comprendre à l’opinion tant nationale qu’internationale, le calvaire vécu par des creuseurs artisanaux en RDC.

Il faut noter que 80% des réserves mondiales connues de cobalt sont localisées en RDC. 67 % de la production mondiale en 2020 a été produite en RDC soit 94.000 tonnes. 20% de ce dernier, soit un peu plus de 18.000 tonnes, est supposé être du cobalt artisanal.

Ainsi, le marché artisanal représenterait un marché d’une valeur théorique de 800 millions de dollars américains aux cours et payables actuels de l’hydroxyde de cobalt. Cette valeur serait celle de la vente par des industriels, et non pas par des artisanaux.

« Pensez-vous que nos artisanaux aient perçu pour le minerai vendu le juste prix de leur labeur ? », s’est interrogé le Président du Conseil d’administration de la Gecamines, avant de répondre lui-même par la négative.

Et d’ajouter : « A tous les étages de la chaîne de valeur et je ne parle même pas des exportations purement et simplement illégales dont nous sommes les victimes collectivement. Les abus sont constatés au détriment des creuseurs, mais aussi du Trésor public qui ne reçoit pas les taxes qu’ils devraient percevoir sur cette activité économique ».

Avec EGC et ARECOMS, Albert Yuma pense que les achats seront désormais faits dans la transparence, la traçabilité sera garantie par des sociétés spécialisées depuis l’extraction jusqu’au client final grâce à une technologie blockchain. Les analyses, elles, seront réalisées par des laboratoires certifiés aux normes ISO internationales depuis la mine jusqu’au client final, rien n’échappera à la légalité.

Mais cet aspect de la situation n’est pas le seul qui constitue un manque à gagner dont nous sommes les victimes.

« L’afflux de minerais issu de l’artisanat informel non réglementé constitue également un risque très important qui pèse sur les cours mondiaux, comme en 2018 où en raison d’une offre incontrôlée dopée par le prix du cobalt à près de 100 000 dollars la tonne, l’offre artisanale avait saturé la demande des industriels et avait entraîné à la baisse le prix du cobalt sur les marchés mondiaux », pense Albert Yuma.

Le PCA de la Gecamines est d’avis que « l’impact de cette chute des cours s’est surement chiffré en milliards de dollars de pertes pour la RDC pour l’année 2019, quand on additionne la baisse attendue des recettes du budget de l’Etat, qu’en bénéfices des principaux partenaires industriels du pays mais aussi de revenus pour les mineurs artisanaux ».

Olivier Kamo

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