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RDC : le franc congolais a déjà perdu plus de 12% de sa valeur depuis janvier 2020

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Le Franc congolais (CDF) connait une dépréciation constante sur le marché de change. Cette situation est entretenue notamment par la pénurie de la devise américaine. De janvier à fin juin 2020, les taux cumulés de cette dégringolade affichent 12,65% à l’indicatif et 12,94% au parallèle.

Ce matin du 17 juin 2020, le franc congolais se négocie à 2 013 pour 1 dollar américain au marché parallèle. Et ce rythme de dépréciation évolue tous les deux jours. De son côté, la Banque centrale du Congo rassure tout mettre en oeuvre pour stopper cette plonge conjoncturelle qui accélère la perte du pouvoir d’achat du congolais.

En effet, l’actuel choc est lié à la contraction de l’offre de devises sur le marché de change. Cette rareté de la devise américaine  s’explique par le fait que le flux d’exportations des ressources naturelles a baissé, entrainant avec lui la baisse de rapatriement des devises principalement de la vente des produits miniers. 

En d’autres termes, il y a moins de devises qui entrent dans l’économie nationale alors que celle-ci reste dépendante des importations de plus de 90% des biens de consommation. Cet état de dépendance aux importations de tous ce qui est consommé localement est à la base de l’exportation des devises. Quoi de plus normal qu’en cas de déséquilibre comme celui qui se vit actuellement (baisse de l’offre de devises), le franc congolais plonge.

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La Banque centrale du Congo (BCC) et le Gouvernement Ilunkamba affirment avoir pris de mesures conjointes pour notamment renforcer le rapatriement des devises issues de la vente des produits miniers sur le marché international. L’enjeu ici consiste à faire appliquer la loi minière dans ses disposition liées à la réglementation de change. 

« Nous oeuvrons pour que l’offre augmente de sorte que ceux qui ont besoin des devises pour importer puissent le faire et que nous puissions équilibrer la demande à l’offre des devises sur le marché de change et, par ricochet, à stabiliser le taux de change », a déclaré Jean-Louis Kayembe, le directeur général de la BCC dans l’émission Dialogue entre congolais de Radio Okapi.

Bien plus, rassure-t-il, la BCC s’active à stabiliser la situation grâce à son niveau des réserves pour la vente des devises aux banques commerciales opérationnelles en Rd Congo. 

Ces deux mesures pourront, sans nul doute, conforter l’offre des devises sur le marché de change dans les prochains jours. L’objectif final, à très court terme, étant de stabiliser la monnaie de change et les prix des biens et services sur le marché local pour conserver le pouvoir d’achat du peuple congolais.

A RE(LIRE) : le franc congolais a perdu 6,76% de sa valeur sur le segment parallèle au 30 avril 2020

Entre-temps, le Gouvernement devrait maintenir la rigueur dans sa politique d’ajustement des dépenses aux recettes publiques pour ne plus recourir, comme c’est le cas depuis mai dernier, au financement monétaire de ses déficits budgétaires par les réserves de la Banque centrale. 

Des experts sont d’avis que cette mesure l’oblige, d’une part, à réduire drastiquement le train de vie des institutions en compressant les dépenses publiques surtout celles qui sont ostentatoires, et d’autre part, à mobiliser plus de recettes en luttant contre le coulage dont elles dont l’objet. Et ce, dans le but d’éviter les déficit public.

Au demeurant, les autorités congolaises restent préoccupées pour l’instant à stabiliser l’économie pour atténuer les effets néfastes de la crise sanitaire qui conduit à l’atonie des recettes publiques et au confinement des activités économiques à travers le monde.

A moyen et long terme, le Gouvernement congolais devrait impérativement s’attaquer aux problèmes structurels de l’économie nationale. Il sera question de diversifier l’économie et de l’industrialiser afin notamment de produire localement tous les biens de consommations importés qui ont coutés à l’Etat 3,7 milliards USD en 2019. 

Ainsi, la Rd Congo aura moins à exporter de ses devises pour acheter des biens de première nécessité à l’étranger et plus de devises à rapatrier en exportant ses produits miniers et autres biens à valeur ajoutée. Cependant, tout cela passe par des réformes structurelles courageuses, bien pensées et planifiées pour une bonne exécution dans la durée.

Eric TSHIKUMA

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