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RDC : les cinq domaines-clés des réformes anti-corruption

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RDC : les cinq domaines-clés des réformes anti-corruption 1

La société civile tire la sonnette d’alarme sur la nécessité de lutter contre la corruption à haut niveau qui gangrène la RDC. Elle estime que la communauté internationale devrait concentrer ses efforts sur cinq domaines clés susceptibles d’avoir une incidence durable sur les ressources de l’État.

Pour Enough Project, les États-Unis, l’Union européenne et l’Union africaine devraient allouer des ressources diplomatiques et techniques à la mise en place de réformes dans les domaines prioritaires mis en avant par la société civile congolaise.

Primo. La Gécamines devrait être la cible des mesures urgentes des réformes. D’après Enough Project, il sera question d’exiger de cette société minière étatique Gécamines, au cœur d’un grand nombre de scandales de corruption, « (i) qu’elle publie ses rapports financiers annuels, (ii) qu’elle fasse l’objet d’un audit indépendant et en publie les résultats et (iii) qu’elle enquête sur ses cadres dirigeants et remplace, le cas échéant, ceux impliqués dans des affaires de corruption à grande échelle.»

Le deuxième domaine de réformes concerne la Déclaration de patrimoine. En effet, Enough Project propose de faire appliquer la loi existante imposant aux fonctionnaires de déclarer publiquement leurs patrimoines avant et après l’exercice des charges publiques. Cette mesure, insiste-il, devrait également s’appliquer à l’actuel président, Félix Tshisekedi, et à son prédécesseur Joseph Kabila.

Le troisième domaine-clé de réformes touche à la relance du programme formel avec le Fonds monétaire international (FMI). Le fait d’inviter cette institution des Bretton Woods à renouer la coopération bilatérale permettrait, d’après Enough Project, d’améliorer la situation financière du pays tout en renforçant la transparence et le contrôle du secteur minier et de la Banque centrale du Congo, l’une des principales institutions impliquées dans des scandales de corruption.

Le quatrième domaine-cible de réformes devrait promouvoir la Transparence des contrats miniers et pétroliers. A ce sujet, Enough Project plaide pour la prise d’un Décret annonçant que le gouvernement congolais rendra désormais publics tous les contrats pétroliers et miniers, conformément à la loi.

« Le président Félix Tshisekedi devrait également ouvrir des enquêtes sur les contrats opaques conclus sous le régime Kabila», insistent Sasha et Sarah.

Enfin, le cinquième domaine de ces réformes anti-corruption concerne la responsabilité du secteur de la sécurité. Il s’agit ici de mettre en place, avec l’appui de la communauté internationale, un mécanisme efficace pour exiger des comptes en matière de crimes et d’affaires de corruption internationaux graves.

« Les forces de l’ordre, groupes armés et fonctionnaires congolais se sont rendus coupables de multiples violations des droits de l’homme et faits de corruption. Il est essentiel que justice soit faite pour ces crimes. Des organisations congolaises et étrangères de la société civile ont appelé à la création de – chambres spécialisées mixtes – composées à la fois de juges congolais et
internationaux», interpelle Enough Project.

Ce mécanisme actualisé, soutient – il, devrait être établi sur la base de nouvelles consultations avec les associations de la société civile, avec l’appui des États-Unis, de l’Union européenne et de l’Union africaine.

Et de préciser : « les hauts représentants des forces de l’ordre se trouvant sous le coup de sanctions pour des faits de violences dans le contexte des élections devraient être immédiatement démis de leurs fonctions et tenus pour responsables de leurs crimes.»

Si rien n’est fait pour contrer efficacement cette corruption à grande échelle, prévient Enough Project, le conflit armé endémique,
entretenu en grande partie par les individus corrompus au sein de l’armée congolaise, se poursuivra sans diminuer d’intensité, tout comme les autres violations des droits de l’homme et la pauvreté.

« Les efforts visant à améliorer le climat d’investissement en RDC et à mettre en place les réformes de la sécurité, de la justice et de la gouvernance dont le pays a cruellement besoin se verraient eux aussi mis à mal», a insisté Sasha Lezhnev, le directeur en charge de la politique d’Enough Project.

Emilie MBOYO

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