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RDC : scène de punition de corps infligée aux ex kuluna à Kaniama Kasese, le Général Jean-Pierre Kasongo parle d’une vielle vidéo tournée en 2020

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Kaniama Kasese

Une vidéo devenue virale circule sur les réseaux sociaux montrant des jeunes recrues du Service national entrain de fouetter certains de leurs camarades sur le site du Centre d’encadrement de Kaniama Kasese dans la province du Haut-Lomami.

Face à certaines interprétations inappropriées que cette vidéo a suscitées, le Commandant du Service national, le Général Major Jean-Pierre Kasongo Kabwik, a décidé de livrer sa version des faits afin de faire la lumière sur les contours de la scène et son contexte réel.

« Juste après le culte, j’ai reçu moi-aussi la vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montrant des personnes en tenues du Service national entrain de chicotter d’autres. J’étais quand même choqué parce que c’est la première fois que j’ai vu cette vidéo. Et tout de suite, j’ai voulu vérifier. Moi, je suis présentement à Kinshasa. », a-t-il affirmé.

Après s’être renseigné auprès de ses services aussi bien à Kinshasa qu’à Kaniama Kasese, le Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik précise que « cette vidéo n’est pas récente car elle a été tournée en novembre 2020 après l’arrivée de la première vague de 650 ex kuluna au Centre d’encadrement de Kaniama Kasese ».

« Après vérification, il s’avère qu’ils ont été effectivement fouettés parce qu’ils étaient allés voler dans les champs des paysans qui avoisinent le Centre de formation et précisément dans le champ de l’ancien Gouverneur de Haut-Lomami, M. Masangu. C’est lui qui s’était plaint au niveau du Centre contre les bâtisseurs accusés d’avoir volé du manioc et du maïs. Et le commandant de l’unité (de la toute première vague qui était partie en novembre 2020) avait estimé qu’il fallait les sanctionner. », a expliqué le Général Major Jean-Pierre Kasongo Kabwik.

Et d’ajouter : « Au fait, l’armée a ses principes. Vous le savez tous, ce n’était pas des garçons de cœur. Ces jeunes sont partis de Kinshasa parce que les gens n’étaient pas contents d’eux, parce que les gens ont réclamé qu’il fallait les recadrer, il fallait les encadrer, ces jeunes ont été sources de beaucoup de problèmes dans la ville de Kinshasa en termes de violations de droits [des paisibles citoyens occasionnant l’insécurité]. Ils ont été emmenés à Kaniama Kasese pour une réinsertion. N’étant pas des garçons de cœur, quand ils sont arrivés, ils ont voulu rééditer les mêmes exploits qu’ils faisaient ici [Kinshasa]. Et pourtant, à leur arrivée, un code de bonne conduite leur avait été communiqué. Ce que nous appelons le serment du bâtisseur. On leur dit les principes. Il ne faut pas faire ci. Il ne faut pas faire ça. Ils ont été briefés mais malheureusement ils ont été surpris en train de voler. »

A en croire le Général Major Jean-Pierre Kasongo Kabwik, suivant les rapports lui transmis à Kinshasa, le commandant de l’unité avait donc choisi d’infliger une sanction pédagogique à ces bâtisseurs incriminés devant les autres membres de la brigade afin que cela serve non seulement d’exemple mais permette de dissuader les autres camarades pour que ce type de comportement ne puisse pas se généraliser.

Pour le Commandant du Service national, les personnes qui ont diffusé la vidéo sont animées de mauvaise foi en ayant mis en ligne qu’une partie de la parade.

« Les gens qui ont diffusé cette vidéo sont de mauvaise foi. Ils n’ont pas diffusé la vidéo dans son entièreté. Le commandant de l’unité a commencé par rappeler les ordres qui avaient été donnés ainsi que les consignes. Les consignes avaient été données de ne pas voler et ne pas fuir. Il l’a rappelé à l’ensemble des bâtisseurs qui étaient présents. Il a fini par dire: si nos amis ici ont volé, ils ont violé les consignes et on va les sanctionner devant l’ensemble des bâtisseurs pour dissuader les autres. », a-t-il précisé.

Contexte de l’opération

Si les résultats obtenus aujourd’hui grâce à l’encadrement des ex kuluna (bandits urbains) à Kaniama Kasese sont globalement salués, le début de l’opération a toutefois fait l’objet des contestations de diverses parties prenantes.

« Au début de cette opération, les voix se sont levées pour essayer de décourager cette opération. Vous avez vu les personnalités de tout bord faire des déclarations : non on a enlevé nos enfants, non on ne veut pas que nos enfants aillent dans cette formation. Je veux ici citer les notables de la communauté katangaise qui avait fait une déclaration pour dire que ces enfants ne devraient pas être transférés à Kaniama Kasese pour leur formation. Ils estimaient que ces jeunes allaient devenir une source d’insécurité non pas seulement pour le territoire de Kaniama Kasese mais qu’ils allaient proliférer cette insécurité sur l’ensemble de la province du Katanga. Ils ont fait une déclaration politique qu’ils ne voulaient pas de cette opération. Ils ont dit que ces jeunes, comme ils étaient connus à Kinshasa, allaient peut-être violer, voler. Dans ces circonstances, il y avait déjà des gens qui émettaient des doutes. D’autre part quand vous les voyez entrain de faire ce que les autres redoutaient, qu’est-ce qui pouvait être fait ? En tant qu’un commandement responsable, il fallait les recadrer. », a avancé le Général Major Jean-Pierre Kasongo Kabwik.

Par ailleurs, le Commandant du Service national dit comprendre le fait que plusieurs personnes se soient indignées de la manière dont la sanction a été infligée.

« Ils sont dans un Centre de formation paramilitaire. Il y a des niveaux de sanctions ? Fallait-il dès leur premier forfait les mettre devant la justice militaire. Non. Parce qu’ils n’étaient pas encore enseignés au règlement militaire. Et le commandant de l’unité a estimé qu’il fallait commencer, je ne suis pas son avocat, par une punition de corps. Les punitions de corps sont de plusieurs ordres. Etant des recrues, des débutants donc, et il l’a fait de manière pédagogique pas avec une mauvaise intention. Il ne faut pas qu’on prenne ça dans le sens d’un traitement inhumain. Non. Il l’a fait de manière pédagogique devant une parade des bâtisseurs. », a-t-il conclu.

Patrick BOMBOKA

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