Afrique
Afrique : Face au surendettement, les institutions multilatérales lancent un système d’alerte précoce

Les principales institutions financières multilatérales africaines passent à l’offensive face au risque croissant de surendettement sur le continent.
Réunies au sein de l’Alliance des institutions financières multilatérales africaines (AAMFI), elles ont annoncé, le 29 janvier 2026, le lancement d’un système d’alerte précoce destiné à détecter les premiers signaux de détresse de la dette souveraine.
Portée par Samaila Zubairu, président de l’AAMFI et Directeur Général d’Africa Finance Corporation, l’initiative vise à intervenir en amont des crises, afin d’éviter les défauts de paiement et les restructurations conflictuelles.
Le dispositif doit permettre une réponse collective, à travers des instruments financiers adaptés, dès l’apparition des premiers déséquilibres.
Ce lancement intervient dans un climat de fortes tensions autour des restructurations de dette du Ghana et de la Zambie. Ces deux pays ont contesté le statut de créancier privilégié revendiqué par certaines institutions régionales, notamment Afreximbank et la Trade and Development Bank, estimant qu’elles devaient participer à l’effort d’allègement de la dette au même titre que d’autres créanciers officiels.
La controverse a culminé en janvier avec la rupture entre Afreximbank et Fitch Ratings, suivie de la dégradation de la note de la banque en catégorie spéculative, après son accord avec le Ghana acceptant des pertes sur un prêt de 750 millions de dollars.
Dans un contexte de vulnérabilité accrue, la démarche de l’AAMFI apparaît comme une tentative de reprendre la main sur la gestion des risques de dette en Afrique.
Selon Afreximbank, neuf pays du continent sont déjà en situation de surendettement, tandis que près d’une vingtaine présentent un risque élevé.
L’alerte précoce s’impose désormais comme un outil stratégique pour éviter une nouvelle crise systémique de la dette africaine.
Olivier KAFORO
























