Afrique
Afrique : La RDC s’imprègne du modèle éthiopien, Addis-Abeba en vitrine continentale des infrastructures

Addis-Abeba n’est plus seulement le siège de l’Union africaine. La capitale éthiopienne s’impose désormais comme un laboratoire grandeur nature des ambitions infrastructurelles du continent. C’est dans ce décor que le Ministre des Infrastructures et Travaux publics (ITP) de la République Démocratique du Congo (RDC), John Banza, a posé ses valises, le lundi 12 janvier 2026, à la tête d’une mission d’État d’imprégnation à haute portée stratégique.
L’objectif est clair, assumé et revendiqué : apprendre d’un modèle africain qui a osé penser grand, et surtout financer grand.
« Nous sommes ici, en Éthiopie, pour nous inspirer du modèle Éthiopien. Une invitation officielle sera lancée aux experts de ce pays afin qu’ils arrivent à Kinshasa pour une séance de travail avec leurs collègues congolais. », a déclaré John Banza, cité dans un communiqué du ministère des ITP.

Dès les premières heures à Addis-Abeba, la délégation congolaise est entrée dans le vif du sujet. Une séance de travail stratégique s’est tenue avec le Ministre éthiopien de l’Eau et de l’Énergie, Habtamu Itefa Geleta, autour d’un projet devenu emblématique sur le continent : le Barrage de la Renaissance. Un mastodonte énergétique entièrement financé sur fonds propres, capable de produire 5.150 mégawatts, sans apport extérieur.
Le message est limpide : l’Afrique peut financer ses rêves, à condition d’une vision politique ferme, d’une discipline budgétaire et d’un consensus national.
« Un tableau reluisant des efforts fournis par son pays », souligne la source, présentant l’Éthiopie comme un cas d’école, là où beaucoup de nations restent dépendantes des financements exogènes.
Pour la RDC, pays aux potentialités hydroélectriques parmi les plus élevées au monde, l’enseignement est majeur. Inga, longtemps annoncé, trop souvent reporté, trouve ici un miroir africain crédible. Addis-Abeba devient ainsi une boussole, Kinshasa un chantier en devenir.

En s’ouvrant au modèle éthiopien, glisse un think tank du secteur, la RDC semble amorcer un virage : celui d’un État bâtisseur, qui regarde d’abord vers l’Afrique pour construire son avenir. Une dynamique Sud-Sud qui redessine, lentement mais sûrement, la cartographie du leadership infrastructurel africain.
Flory MUSISWA






















