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Afrique

Afrique subsaharienne : le revenu par habitant progresserait de 1,8 % en 2026

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Malgré une accélération de la croissance économique, l’Afrique subsaharienne peine à transformer ses performances en améliorations significatives des conditions de vie.

Selon les projections de la Banque mondiale, le revenu par habitant devrait progresser de 1,8 % en 2026, tandis que la pauvreté restera à un niveau élevé.

L’Afrique subsaharienne devrait enregistrer une croissance économique de 4,3 % en 2026, contre 4,1 % en 2025. Toutefois, cette amélioration ne se traduirait que par une hausse limitée du revenu par habitant, dont la progression passerait de 1,6 % en 2025 à 1,8 % en 2026.

Pour la période 2027-2028, elle devrait s’établir en moyenne à 2 % par an, selon les dernières projections de la Banque mondiale.

Cette dynamique économique serait soutenue par la reprise de l’activité dans plusieurs pays exportateurs de matières premières, une production agricole plus vigoureuse, le dynamisme de la demande intérieure et la mise en œuvre de réformes structurelles.

Les perspectives varient toutefois selon les sous-régions. En Afrique de l’Est et australe, la croissance devrait atteindre 4,1 % en 2026, après 3,7 % en 2025. En Afrique de l’Ouest et du Centre, elle devrait se maintenir à 4,5 % en 2026, avant de progresser pour atteindre une moyenne annuelle de 4,7 % sur la période 2027-2028.

Une croissance encore insuffisante pour réduire la pauvreté

Malgré ces perspectives relativement favorables, les retombées de la croissance économique demeurent limitées pour une grande partie de la population. La hausse du revenu par habitant reste trop faible pour améliorer sensiblement les conditions de vie et répondre aux besoins d’une population active en constante augmentation.

La Banque mondiale souligne que cette progression ne permettra pas de réduire significativement l’extrême pauvreté ni de créer suffisamment d’emplois pour absorber l’arrivée de nouveaux actifs sur le marché du travail. La réduction de la pauvreté devrait donc rester lente au cours des prochaines années.

Les chiffres relatifs à la pauvreté illustrent cette situation. Sur la base du seuil international de 3 dollars par personne et par jour, calculé en parité de pouvoir d’achat de 2021, le taux de pauvreté en Afrique subsaharienne devrait passer de 47,8 % en 2026 à 47,1 % en 2027.

Cette légère diminution ne signifie toutefois pas que le nombre de personnes pauvres reculera nécessairement.

Compte tenu de la croissance démographique, le nombre absolu de personnes vivant dans la pauvreté devrait continuer d’augmenter, malgré la baisse progressive du taux de pauvreté.

Des risques qui pourraient fragiliser les perspectives économiques

Les perspectives de croissance de la région restent exposées à plusieurs facteurs de risque. La Banque mondiale estime que les incertitudes demeurent orientées à la baisse, avec des menaces susceptibles de compromettre les progrès attendus en matière de revenus et de réduction de la pauvreté.

Parmi les principaux facteurs de vulnérabilité figurent les conflits au Moyen-Orient, la diminution de l’aide publique au développement, le poids élevé du service de la dette et les chocs climatiques associés au phénomène El Niño.
Ces pressions pourraient peser davantage sur les ménages les plus pauvres, notamment ceux confrontés à l’insécurité alimentaire. Elles risquent également de réduire les marges de manœuvre budgétaires des États et de limiter leur capacité à financer les investissements nécessaires au développement économique et social.

Dans ce contexte, le principal défi pour les économies subsahariennes ne consiste pas uniquement à maintenir un rythme de croissance soutenu. Il s’agit surtout de rendre cette croissance plus inclusive, en favorisant la création d’emplois productifs et l’augmentation durable des revenus des ménages.

Le capital humain et la productivité au cœur des solutions

Pour renforcer les effets de la croissance sur les conditions de vie, la Banque mondiale préconise une intensification des investissements dans le capital humain.

L’amélioration de l’accès à l’électricité, le développement de la connectivité numérique et le renforcement des compétences figurent également parmi les leviers susceptibles de soutenir la transformation économique de la région.

L’institution met par ailleurs en avant le potentiel de l’intelligence artificielle (IA) pour répondre à certains défis structurels de l’Afrique subsaharienne, notamment la faible productivité, les insuffisances en matière de capital humain et les difficultés liées à la fourniture des services essentiels.

Selon ses simulations, des gains de productivité largement répartis dans l’économie pourraient permettre à trois fois plus de personnes de sortir de la pauvreté que dans des scénarios où les bénéfices de ces technologies profiteraient principalement aux premiers utilisateurs.
L’enjeu sera donc de veiller à ce que les innovations technologiques et les investissements productifs bénéficient au plus grand nombre.

Pour l’Afrique subsaharienne, l’amélioration durable du niveau de vie dépendra autant de la progression de l’activité économique que de la capacité des pays à convertir cette croissance en emplois, en revenus plus élevés et en réduction effective de la pauvreté.

Olivier KAFORO

ZoomEco TV