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Afrique

Afrique Subsaharienne : les pays frappés par des conflits comptent 1,3 milliard d’habitants en proie à d’immenses difficultés

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En 2024, note l’institution financière internationale, 18 des 39 pays fragiles ou touchés par un conflit (PFC) reconnus par le FMI se situaient en Afrique subsaharienne, soit plus de 670 millions de personnes.

Dans son édition d’avril 2025 du rapport sur les « Perspectives économiques régionales », le Fonds monétaire international (FMI) renseigne que l’Afrique subsaharienne paye un lourd tribut à sa situation de fragilité et aux conflits …

Selon le rapport, les pays fragiles ou touchés par un conflit comptent 1,3 milliard d’habitants en proie à d’immenses difficultés. Une croissance qui stagne, des institutions fragiles, des services publics insuffisants, une extrême pauvreté, des guerres et des déplacements forcés.

« Près d’un habitant sur six des PFC de la région est en situation d’insécurité alimentaire aiguë ; les PFC en Afrique subsaharienne sont particulièrement exposés aux catastrophes naturelles et aux chocs climatiques, dont les effets sont amplifiés par une faible résilience et une capacité d’adaptation limitée. Par conséquent, les catastrophes naturelles y sont à la fois plus fréquentes et plus meurtrières : les décès dans les PFC sont 64 % plus nombreux que dans les autres pays de la région. », renseigne le rapport du FMI.

Graves menaces

Ainsi, il ressort des projections que, d’ici à 2040, le PFC médian pourrait subir des températures supérieures à 35 °C pendant 74 jours par an, soit quatre fois l’exposition des autres pays de la région. Ce qui fait peser de graves menaces sur la production agricole et la sécurité alimentaire, et accroît les risques de maladies et de pathologies liées à la chaleur.

Concernant les catastrophes naturelles, le FMI pense qu’elles mettent à rude épreuve des ressources déjà peu abondantes, déstabilisent les moyens de subsistance et aggravent l’insécurité alimentaire. Ce qui expose les populations des PFC à un risque plus élevé de famine.

Les périodes de sécheresse et les inondations font plus qu’endommager les cultures : elles exacerbent les tensions sociales et découragent l’investissement, ce qui accentue les pressions sur des pouvoirs publics déjà aux prises avec des institutions fragiles et des moyens limités, et renforce les cycles de fragilité.

La richesse, une malédiction

Selon les experts du FMI, plus de 60 % des PFC de la région sont tributaires des ressources naturelles : près de 30 % des recettes du pays fragile médian proviennent de l’extraction des ressources naturelles.

Cette richesse, constatent-ils, au lieu de stimuler la croissance et le développement, est souvent devenue une « malédiction des ressources naturelles », en accentuant la vulnérabilité et l’instabilité des institutions.

Sur le plan politique, la fragilité aggrave encore ces difficultés, plus de la moitié des PFC de la région étant soit touchés par un conflit, soit victimes de récents coups d’État, soit voisins de pays en conflit.

« Entre 2000 et 2023, l’Afrique subsaharienne a connu plus de 60 % des 69 tentatives de coup d’État à l’échelle mondiale, dont 40 % dans les PFC. Les conflits de longue date ont provoqué le déplacement de millions de personnes, à l’intérieur de leur pays ou à l’étranger. Par conséquent, les PFC de la région sont à la fois d’importants pays d’origine des réfugiés et de grands pays de destination. Le Tchad et l’Éthiopie figurent parmi les 10 pays qui accueillent le plus de réfugiés dans le monde. Plus de la moitié des près de 6 millions de réfugiés que compte la région sont originaires du Soudan du Sud et de la République démocratique du Congo. », explique le rapport.

Une instabilité croissante

Le FMI pense que les PFC sont soumis à de fortes contraintes budgétaires, avec un accès restreint au financement et une faible mobilisation des recettes intérieures.

Le ratio médian recettes fiscales/PIB, égal à 10 %, est inférieur de 5 points de pourcentage à celui des autres pays de la région. Bien qu’elle soit indispensable, l’aide extérieure diminue de manière structurelle depuis 20 ans.

En 2023, les PFC de la région ont bénéficié de presque 60 % du total de l’aide publique au développement destinée à l’Afrique subsaharienne, soit 20 % du montant global, même si les besoins de développement demeurent nettement plus importants.

L’annonce récente de la baisse du financement de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) fait peser un risque accru sur l’Afrique subsaharienne, qui a reçu environ 40 % des versements totaux de l’USAID en 2024.

L’Éthiopie et la République Démocratique du Congo ont chacune perçu 1,2 milliard de dollars en 2024, soit 1 % et 1,5 % de leur PIB respectif, alors que les décaissements au profit du Soudan du Sud, à savoir 750 millions de dollars, ont représenté jusqu’à 15 % du PIB en 2024.

D’autres pays donateurs traditionnels ont aussi annoncé une réduction de leur budget d’aide, parmi lesquels le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Belgique, notamment. À plus long terme, ces éventuelles perturbations auront probablement un effet prononcé sur les PFC.

Olivier KAFORO

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