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Alassane Ouattara : «le secteur privé doit être le moteur de la croissance en Afrique»

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Alassane Ouattara : «le secteur privé doit être le moteur de la croissance en Afrique» 1

Le président ivoirien, Alassan Ouatarra a appelé le secteur privé à jouer son rôle de moteur de la croissance en Afrique. Dans son mot d’ouverture de l’Africa Ceo Forum ce lundi 26 mars 2018 à Abidjan, il a évoqué quelques données chiffrées pour justifier la motivation de cet appel à l’engagement et à l’action. Et cette action, a – t – il préconisée, devrait être menée aussi bien par les gouvernants que par le secteur privé et, orientée vers des priorités qu’il a préconisées. Ci –dessous, l’extrait de son message :

Je voudrais partager avec vous quelques données sur notre continent.

  • Le continent africain possède aujourd’hui 60 % des terres arables du monde et d’abondantes ressources minières et énergétiques (y compris renouvelables) ;
  • Notre continent abrite quatre des dix économies les plus dynamiques du monde (dont la Côte d’Ivoire) et il a des fondamentaux solides pour continuer sa trajectoire de croissance ;
  • Dans ce monde vieillissant, d’ici 2050, selon les Nations Unies, une personne sur quatre sera africaine et notre main-d’œuvre sera la plus importante du monde ;
  • D’ici 2025, selon McKinsey, il existerait un potentiel de 5600 milliards de dollars d’opportunités d’affaires en Afrique (contre 4 000 milliards aujourd’hui) dont 2100 milliards de dollars pour la consommation des ménages et 3500 milliards de dollars de dépenses « d’entreprise à entreprise » (B2B) ;
  • Nous ne disposons en Afrique que de 400 entreprises dont le chiffre d’affaire dépasse 1 milliards de dollars et aucune d’elles n’est dans le classement « Fortune Global 500 » des 500 plus grandes entreprises au monde ;
  • Le secteur manufacturier africain est moins performant que celui des autres économies émergentes. Cependant, la production pourrait doubler à 1000 milliards de dollars en 2025 si nous arrivons à satisfaire la demande intérieure des consommateurs et des entreprises ;
  • L’émergence du numérique, la robotisation, l’intelligence artificielle influencent nos politiques traditionnelles d’industrialisation, nos modes de production et la vie de nos populations. L’impact de ces technologies sur l’emploi n’est pas neutre mais il nous appartient de le transformer en opportunité.

Messieurs les Présidents,

Chers participants,

Le secteur privé doit être le moteur de la croissance en Afrique. Aussi, pour offrir plus d’opportunités à notre jeunesse et nos entreprises, des actions doivent être menées à la fois par les gouvernements Africains et par le secteur privé. Lesquelles ?

En ce qui concerne les gouvernements, l’accent devrait être mis sur les quatre priorités suivantes :

Premièrement, la diversification de nos économies et l’amélioration du climat des affaires pour attirer le secteur privé. Même s’il reste encore beaucoup à faire, nous sommes sur la bonne voie comme l’atteste nos classements au Doing Business. L’économie numérique deviendra indéniablement l’un des moteurs de notre croissance et d’amélioration de la gouvernance.

La Côte d’Ivoire ne fait pas exception avec 17 millions d’abonnés à internet en 2017 (contre environ 200 000 en 2011) et l’exécution du processus de dématérialisation de l’administration publique.

Deuxièmement, la réduction du gap en infrastructure pour renforcer notre compétitivité et la mobilisation de ressources pour le financement des infrastructures. A titre d’exemple, selon la Banque mondiale, les 48 pays d’Afrique subsaharienne, avec 800 millions d’habitants, génèrent approximativement la même quantité d’électricité que l’Espagne qui a 45 millions d’habitants.

En Côte d’Ivoire, nous investissons annuellement 30% du budget de l’Etat dans le financement des infrastructures. Nous exportons de l’électricité vers sept pays de la sous-région et notre capacité énergétique, en hausse de 55% depuis 2011, est de 2250 MW. L’objectif est d’atteindre 4000 MW d’ici 2020.

En ce qui concerne le financement des infrastructures, il nous faudra être innovant. La Côte d’Ivoire est par exemple, le premier pays en Afrique à avoir mobilisé, mi-Mars 2018, des ressources longues à 30 ans en euros sur les marchés internationaux pour le financement de ses besoins en infrastructures.

Troisièmement, l’accélération de l’intégration régionale pour permettre aux entreprises d’avoir accès à des marchés de grande taille et faciliter les échanges. La signature à Kigali, la semaine dernière, de l’accord sur la zone de libre-échange continentale est la preuve de la volonté des pays Africains de créer un marché commun de plus 1,2 milliards d’habitants.

En outre, les pays de la CEDEAO ont décidé de lancer une monnaie commune en 2020 ; la Côte d’Ivoire et le Ghana se sont engagés à renforcer leur coopération dans le secteur du Cacao.

Quatrièmement, enfin, l’éducation des jeunes, notamment celle des jeunes filles, pour leur permettre de faire face aux défis de demain. C’est ce que nous avons entrepris de faire en Côte d’Ivoire, en allouant plus d’un tiers de notre budget annuel aux dépenses sociales, en particulier dans les domaines de l’éducation et de la santé, en mettant l’accent sur l’égalité des sexes, l’éducation obligatoire jusqu’ à l’âge de 16 ans et la formation professionnelle.

En ce qui concerne le Secteur Privé Africain, il devrait (i) améliorer sa productivité et ses performances pour tirer le meilleur parti des opportunités en Afrique, (ii) mettre l’accent sur l’innovation technologique comme dans les autres économies émergentes notamment l’Asie et (iii) travailler avec les gouvernements pour trouver des solutions aux facteurs qui entravent sa capacité à produire et exporter des biens.

Messieurs les Présidents,

Chers participants,

Aujourd’hui plus que jamais, l’Afrique est décidée à prendre son destin en main, avec la ferme détermination d’être l’acteur principal de son développement.

Je souhaite donc que ce Forum constitue une opportunité pour les dirigeants des secteurs public et privé de faire des propositions concrètes et sceller des alliances pour la mise en œuvre des projets structurants dont le continent a besoin pour réussir sa transformation et son développement.

Pour terminer, j’invite les dirigeants d’entreprises à venir investir en Côte d’Ivoire. C’est un pays plein d’opportunités avec un environnement des affaires favorable pour le secteur privé et un cadre macroéconomique solide, où les visions sont efficacement transformées en actions concrètes et cohérentes.

Je vous remercie.

 

Edito

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