Autres actualités
Kinshasa : En trois ans, la production de la Regideso a augmenté de 350.000 m³ par jour

La production d’eau potable dans la ville de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo (RDC) a enregistré une augmentation significative au cours des trois dernières années, selon le Directeur général de la Régideso, David Mulumba Mutombo.
Cette progression, estimée à près de 350.000 mètres cubes d’eau supplémentaires par jour, constitue l’une des plus fortes hausses jamais enregistrées dans l’histoire du secteur de l’eau en République démocratique du Congo.
Lors d’une interview consacrée à l’évolution de la desserte en eau potable dans la capitale, David Mulumba a indiqué que la production quotidienne a augmenté d’environ 330.000 à 340.000 mètres cubes par jour, grâce à la réhabilitation et à l’amélioration des performances de plusieurs installations de production.
Selon lui, cette capacité additionnelle permet aujourd’hui de fournir de l’eau potable à plus de six millions d’habitants de la capitale congolaise.
« Dans l’histoire de notre pays, nous n’avons jamais enregistré une augmentation de production aussi importante dans un laps de temps aussi court », a-t-il affirmé.
Malgré ces progrès, les autorités reconnaissent que l’accès à l’eau potable demeure encore limité pour une partie importante de la population de la capitale.
Actuellement, environ 65 % des habitants de Kinshasa ont accès à l’eau potable, tandis que près de 35 % restent encore non desservis.
Face à cette situation, la Régideso indique que plusieurs projets d’extension et de renforcement du réseau sont en cours.
L’objectif affiché par les autorités est d’atteindre une couverture totale de la ville d’ici 2030, avec un accès à l’eau potable dans toutes les communes et sur l’ensemble des grandes artères urbaines.
D’après les données communiquées par la direction de la société publique, la production totale d’eau potable à Kinshasa se situe actuellement entre 900.000 et 920.000 mètres cubes par jour.
Cette production provient principalement de plusieurs installations majeures :
l’usine d’Ozone, avec une capacité d’environ 330.000 m³ par jour ; l’usine de N’Djili, également estimée à 330.000 m³ par jour ; l’usine de Ngaliema, produisant près de 110.000 m³ par jour ; ainsi que les installations de Lukonga et Lukaya, qui apportent environ 75.000 à 80.000 m³ par jour.
À ces infrastructures s’ajoutent plusieurs unités de production de plus petite taille qui contribuent à l’approvisionnement global de la capitale.
Malgré ces capacités, les besoins en eau potable de la ville dépassent encore largement l’offre disponible.
Le déficit est estimé entre 400.000 et 600.000 mètres cubes d’eau par jour, notamment en raison de la croissance rapide de la population.
Selon les projections démographiques évoquées par le Directeur Général de la Régideso, la population de Kinshasa augmente d’environ 4,2 % par an, ce qui accentue progressivement la pression sur les infrastructures existantes.
Pour faire face à cette demande croissante, plusieurs projets structurants sont envisagés. Parmi eux figure le programme « Kinshasa amont – Kinshasa aval », qui prévoit la construction de nouvelles grandes stations de production d’eau.
Ces installations pourraient être implantées à l’Est de la ville, notamment dans la zone de Maluku ou de N’Sele, ainsi que dans la partie Ouest, vers le site de Tendélé, afin de renforcer l’approvisionnement dans les zones les plus éloignées du centre urbain.
Ces investissements visent également à accompagner le développement de la future ville nouvelle de Kinshasa, projetée dans la partie orientale de la capitale et appelée à accueillir de nouvelles zones industrielles.
Selon les estimations préliminaires, cette zone pourrait nécessiter près de 500.000 mètres cubes d’eau supplémentaires par jour.
Les autorités du secteur de l’eau affirment inscrire ces projets dans une vision de long terme, avec des projections allant jusqu’à l’horizon 2050 pour anticiper l’expansion urbaine de la capitale.
À court et moyen terme, l’objectif affiché reste toutefois d’atteindre une couverture complète de l’accès à l’eau potable à Kinshasa d’ici 2030, en ligne avec les engagements internationaux liés aux objectifs de développement.
Pour la Régideso, les progrès réalisés ces dernières années constituent ainsi une étape importante, même si les besoins liés à la croissance démographique et au développement urbain continuent de poser un défi majeur pour l’approvisionnement en eau potable dans la capitale congolaise.
Mitterrand MASAMUNA






















