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RDC : La rétrocession des 40 % des recettes nationales aux provinces en discussions

Après plus de cinq ans d’interruption, la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé, le 8 septembre 2025, une réunion du Comité interministériel de pilotage de la décentralisation.
Cette rencontre, attendue de longue date, marque la relance d’un processus jugé essentiel pour l’unité nationale et le développement équilibré de la République Démocratique du Congo (RDC).
Les discussions ont mis en lumière plusieurs difficultés : lenteur dans le transfert des compétences aux provinces, manque de clarté dans la gestion des finances locales et absence d’une véritable fonction publique provinciale.
La Première Ministre a souligné l’importance de surmonter ces obstacles afin de donner aux entités locales les moyens d’agir concrètement au service des citoyens.

La question de la Caisse nationale de péréquation, conçue comme un outil de solidarité nationale, a également été abordée. Son rôle, jugé encore flou face à des programmes ponctuels comme le PDL-145T, devra être clarifié et renforcé.
Autre enjeu majeur, la rétrocession des 40 % des recettes nationales aux provinces.
Le Gouvernement congolais reconnaît les difficultés posées par le contexte économique actuel, mais affirme vouloir trouver des mécanismes durables pour respecter l’esprit de la Constitution. Une nouvelle réunion est prévue en novembre 2025, avec l’ambition d’aboutir à des mesures concrètes et rapidement applicables.
En relançant ce Comité, Judith Suminwa a rappelé que la décentralisation constitue un levier de gouvernance locale, d’équité territoriale et de transparence, et non une option. Elle a appelé les Ministres sectoriels à travailler en étroite collaboration avec les provinces et la société civile afin de lever les blocages administratifs et financiers.
L’objectif, selon elle, est clair : rapprocher l’action publique des citoyens, renforcer les capacités de gestion des provinces et consolider la cohésion nationale.
Plusieurs voix ont réagi à cette initiative. Le sénateur Jean Bamanisa s’est félicité de la relance du processus.
« La décentralisation semblait oubliée, alors qu’elle est au cœur de la Constitution de 2006. Nous avons longtemps dénoncé les dysfonctionnements observés. Il faut désormais un suivi rigoureux à la Primature et à la Présidence pour garantir l’application des lois. », affirme-t-il.
Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a pour sa part, insisté sur le respect de l’autonomie des provinces : « Il faut permettre aux institutions provinciales de se développer sans chercher à les freiner ni à les concurrencer. »
La relance de la décentralisation apparaît comme un test de crédibilité pour l’équipe de Judith Suminwa.
Si les promesses annoncées trouvent une traduction concrète, la RDC pourrait franchir un pas important vers une gouvernance de proximité, où chaque province devient actrice de son développement.
Mitterrand MASAMUNA






















