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RDC : le Gouvernement compte mettre fin à l’anarchie dans l’implantation des stations-service

Le Gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) entend mettre de l’ordre dans l’implantation et l’exploitation des stations-service à travers le pays.
La Ministre d’État, Ministre des Hydrocarbures, Acacia Bandubola Mbongo, a réuni, le mercredi 30 septembre 2026, les dirigeants de plusieurs sociétés commerciales pétrolières pour leur présenter un projet d’arrêté ministériel portant réglementation de l’implantation des stations-service.

La rencontre a notamment réuni les responsables de Cobil, Engen et TotalEnergies RDC.
Les échanges ont porté sur les nouvelles dispositions envisagées pour encadrer la construction de ces infrastructures et renforcer les exigences en matière de sécurité.
Selon le projet présenté, toute nouvelle construction d’une station-service devra désormais être précédée d’une autorisation technique de l’administration du ministère des Hydrocarbures. Des techniciens du ministère devront notamment vérifier le respect des distances réglementaires, les conditions environnementales ainsi que la proximité avec les habitations.
Cette mesure vise notamment à répondre à la multiplication des stations-service implantées à proximité les unes des autres ou dans des zones résidentielles, avec des risques potentiels pour les populations et l’environnement.
Pour le Directeur général de Cobil S.A., Placide Mutabunga, cette réglementation devrait contribuer à mettre fin aux implantations qui ne respectent pas les normes en vigueur.
« Nous avons constaté, nous les sociétés commerciales, qu’il y a beaucoup de stations qui se mettent juste côte-à-côte ou face-à-face avec nos stations », a-t-il déclaré, estimant que l’intervention préalable des services techniques permettra notamment de vérifier les distances et les aspects environnementaux.

Le responsable de Cobil estime également que le nouveau dispositif pourrait contribuer à une meilleure organisation du marché.
« Ça fait 3 ans que je suis chez Cobil, je vois les anarchies dans les concessions. Je pense qu’avec cette politique, les choses vont se réglementer et tout le monde va s’adapter », a-t-il ajouté.
Même position du côté d’Engen RDC. Son Directeur général, Moussa Konaté, considère que l’instauration de règles communes permettra de réduire les écarts entre les opérateurs qui investissent dans des infrastructures conformes aux normes et ceux qui engagent des investissements moins importants sans nécessairement respecter les mêmes exigences.
« Une ville moderne a besoin d’une réglementation stricte. L’arrêté est venu au bon moment. », a-t-il déclaré, soulignant que les stations-service constituent des infrastructures essentielles qui doivent néanmoins répondre à des règles précises en matière d’implantation et de sécurité.
De son côté, le Directeur général de TotalEnergies RDC, Cheick Omar Diallo, le projet d’arrêté répond à trois enjeux : la modernisation du secteur, la sécurisation des investissements et la protection des populations.
« Une station-service n’est pas un endroit neutre, c’est un site où sont stockés des hydrocarbures. En réglementant, on encadre les risques et on sécurise les populations riveraines. », a-t-il expliqué.
Le dirigeant de TotalEnergies estime par ailleurs qu’un cadre réglementaire clair peut contribuer à renforcer la confiance des investisseurs dans le secteur pétrolier congolais.
À travers ce projet d’arrêté, le ministère des Hydrocarbures entend ainsi renforcer le contrôle préalable des nouvelles implantations, en mettant notamment l’accent sur les distances de sécurité, les normes environnementales et les conditions de construction.
Le texte devrait être signé et entrer en application dans les prochains jours, selon les informations communiquées à l’issue de la rencontre.

Cette réforme intervient dans un contexte où l’implantation des stations-service constitue un enjeu à la fois économique, urbain et sécuritaire, particulièrement dans les grandes agglomérations du pays.
Mitterrand MASAMUNA







