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RDC : suspension temporaire d’exportation du cobalt, la société civile invite les autorités du Katanga à faire le suivi

Les organisations de la société civile basées dans la province du Lualaba se sont penchées, ce vendredi 28 février 2025, sur la décision prise par le Gouvernement de la République Démocratique du Congo (RDC).
En collaboration avec la Plateforme Comprendre et Agir dans les Secteurs Miniers Industriel, Artisanal et de la Gouvernance (CASMIA-G ASBL), membre du Cadre de concertation de la société civile du Lualaba, elles invitent les autorités des provinces du Lualaba et Haut-Katanga à faire le suivi de cette mesure qui leur est salutaire.
Aussi, elles invitent l’ARECOMS à être opérationnelle sur terrain pour suivre la mise en œuvre de sa décision.
D’après le communiqué publié par la société civile, l’ARECOMS est appelée à travailler étroitement avec les acteurs du secteur (entreprises extractives, sociétés coopératives et société civile) pour faire appliquer cette mesure.
« Des réunions et un cadre de concertation doivent avoir lieu le plus vite possible. Aussi, la société civile du Lualaba met en place un mécanisme de suivi de la mise en œuvre de cette décision à tous les niveaux. », peut-on lire dans ce document.
Pour les OSC de la province du Lualaba, la décision de suspension temporaire de l’exportation du cobalt de la RDC est salutaire.
« Lorsqu’un minerai perd sa valeur marchande à cause de la surproduction par les entreprises industrielles. Cette stratégie de suspension rentre dans le pouvoir d’un Etat, elle permet de revaloriser le produit tout en permettant à ceux qui ont exporté en excès de consommer d’abord leurs stocks. En conséquence, après la baisse des stocks chez les utilisateurs finaux, la demande en cobalt va accroitre et le prix acceptable sera rétabli. », estime-t-elles.
De cette réunion de la société, plusieurs autres recommandations ont été formulées sur cette suspension d’exportation du cobalt.
Les OSC demandent au Gouvernement de la République d’utiliser les Fonds pour les générations futures pour investir dans la construction d’une usine de raffinage localement de ce minerai stratégique.
Par ailleurs, la société civile du Lualaba met en garde tous ceux qui s’évertueront à toucher des pots-de-vin pour faire changer la décision et particulièrement les entreprises extractives qui tenteraient d’influencer la levée de ladite décision.
Pour rappel, le cobalt de la RDC est un minerai déclaré stratégique tel que prévu par l’article 7 bis du code minier. Ce minerai est exploité dans les provinces du Lualaba et Haut-Katanga, en grande partie par les entreprises industrielles et la partie restante (30% selon les statistiques officielles) par les exploitants miniers artisanaux regroupés au sein des sociétés coopératives.
Etant stratégique, le cobalt est l’un des minerais qui contribue efficacement au budget tant national, provincial et local grâce au prélèvement de la redevance minière (article 242 du code minier). Ces
fonds permettent la réalisation des projets divers par l’Etat congolais.
Depuis un temps, le prix de la tonne du cobalt a sensiblement baissé, allant de 90.000 USD il y a quelques années à moins de 25.000 USD.
Selon le London Metal Exchange (LME). Cette chute drastique n’a cessé de perturber les attentes du Gouvernement et plomber les efforts des exploitants artisanaux.
Malgré cette baisse de prix, les entreprises minières industrielles ont continué d’extraire et exporter le cobalt en quantité énorme : l’artisanat minier a aussi largement contribué.
A l’échelle internationale, les stocks du cobalt ont explosé. Peu à peu, le secteur artisanal a été frappé de plein fouet par cette perte de valeur marchande du cobalt jusqu’à ce que les sociétés coopératives ont commencé à vendre ce minerai à vil prix.
Les dépôts d’achats détenus par les chinois et libanais pour la plupart préfèrent acheter le cuivre et prennent le cobalt presque gratuitement. Ceci est une perte énorme pour des milliers des creuseurs dont les conditions de travail sont déjà difficiles, estime la société civile.
Cette structure invite donc le Gouvernement à prendre des mesures audacieuses pour redresser la situation.
L’Etat devra jouer son rôle de régulateur du secteur minier en instaurant un seuil de production à ne pas dépasser et parachever les dispositions de l’article 7 bis qui exigent que les conditions d’extraction, de traitement, de transport et de commercialisation d’un minerai stratégique soit bien établies par une loi spécifique.
L’Etat devrait aussi poursuivre sa réforme en procédant à l’inventaire de toutes les entreprises et entités de traitement du cobalt.
Nadine FULA
























