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Afrique : près de 63 % des populations urbaines en Afrique subsaharienne peinent à accéder aux services élémentaires d’approvisionnement en eau (Étude)

Selon une récente étude de la Banque mondiale, près de 63 % des populations urbaines en Afrique subsaharienne peinent à accéder aux services élémentaires d’approvisionnement en eau ainsi qu’à une eau saine pourtant primordiale lors d’une pandémie telle que la Covid-19.
En Afrique, indique cette étude, une riposte durable au Coronavirus ne peut occulter la question de l’eau.
« Ces dernières années, de nombreuses villes africaines ont dû prendre des mesures drastiques pour éviter des pénuries d’eau potable. Nous nous souvenons tous de la pénurie historique subie par la ville du Cap en 2018. Les autorités sud-africaines avaient évité de justesse la catastrophe en rationnant l’eau potable à 50 litres par jour et par habitant, dans une ville habituée jusque-là à des niveaux élevés de consommation. », indique le document.
Alors que la première recommandation de l’Organisation mondiale de la santé pour se protéger du Coronavirus est de se laver les mains fréquemment avec du savon, il est évident que pour lutter de façon durable contre la propagation du Covid-19 et prévenir toutes les pandémies à venir, la disponibilité d’eau potable à proximité immédiate des habitations pour l’ensemble de la population est un impératif.
Le constat qui ressort de l’étude est plutôt alarmant.
« Or, en Afrique subsaharienne, près de 63 % des populations urbaines, principaux foyers de la maladie, ont du mal à accéder aux services élémentaires d’alimentation en eau et ne peuvent pas se laver les mains. On estime que 70 à 80 % des maladies sur le continent sont dues à la mauvaise qualité de l’eau et à l’absence d’installations d’assainissement adéquates, comme la dysenterie et le choléra, qui sont parmi les principales causes de mortalité infantile. », renseigne-t-on dans la note d’information.
En effet, la Banque mondiale soutient que l’urbanisation rapide oblige à trouver des solutions durables pour améliorer l’accès à l’eau.
D’après cette institution de Breton Woods, le problème de l’accès à l’eau potable est d’autant plus vital que la démographie urbaine augmente très rapidement sur le continent.
« En 2050, plus de 1,6 milliard d’africains habiteront dans des villes et des bidonvilles. Dans les prochaines années, une centaine d’immenses mégapoles actuelles, comme Lagos au Nigéria qui compte 23 millions d’habitants ou Kinshasa en République Démocratique du Congo et ses 12 millions d’habitants, doubleront leurs populations. Par ailleurs, le monde connaîtra d’autres pandémies. Et le changement climatique ne fera qu’accroître les épisodes de sècheresse ou d’inondations qui affectent déjà de nombreuses villes. », précise l’étude.
Selon la Banque mondiale, il est dès lors primordial que les Gouvernements africains mettent en place des stratégies, mobilisent une partie de leur budget et élaborent des politiques en faveur de la fourniture de services d’eau, d’assainissement et d’hygiène à l’ensemble des africains.
Quant aux solutions, la Banque mondiale préconise plusieurs solutions qui s’offrent aux Gouvernements africains notamment :
• augmenter les investissements dans l’eau et l’assainissement : Conformément au 6ème Objectif de développement durable, l’Afrique doit investir massivement dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement au cours des dix prochaines années. Il faudrait entre 10 et 15 milliards de dollars d’investissement annuels pour approvisionner toute la population en eau potable et fournir un service d’assainissement de base. Or actuellement, les pays africains ne consacrent pas plus de 0,5 % de leur PIB à ce secteur et n’y investissent qu’une petite partie de l’aide internationale;
• Garantir la viabilité financière des sociétés de traitement et distribution d’eau : Selon une étude récente de la Banque mondiale sur la performance des services d’adduction d’eau en Afrique, la moitié des sociétés ne disposent pas de recettes suffisantes pour couvrir leurs coûts d’exploitation et d’entretien. Il faudra donc renforcer les capacités opérationnelles et la résilience des sociétés publiques ou privées, afin qu’elles puissent fournir de l’eau de bonne qualité, en quantité suffisante et à un tarif politiquement et socialement acceptable tout en étant viables financièrement;
• Réutiliser les eaux usées : Dans de nombreux pays, les eaux usées deviennent une autre manière de répondre à la demande en eau, surtout autour des zones urbaines où se développent des périmètres maraîchers indispensables pour nourrir les habitants des villes. En Israël, par exemple, 91 % des eaux usées sont traitées et 71 % servent à l’irrigation des cultures. Or, dans les pays africains, seuls 10 % des eaux usées sont traitées. En réutilisant davantage l’eau pour irriguer les terres agricoles, ces pays pourront assurer la sécurité alimentaire du continent tout en appliquant des approches d’économie circulaire et de sécurité de l’eau.
Patrick BOMBOKA


















