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RDC : Et si la RDC confiait la construction d’Inga 3 aux chinois ?

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La Chine se propose de construire le barrage du grand Inga. « Nous avons les moyens de le réaliser », a dit le président Xi-Jinping à son homologue Joseph Kabila lors de leur tête-à-tête le 4 septembre dernier à Pékin. En processus avec la BM et la BAD, la RDC pourrait-elle accepter l’offre de la Chine ? Et si cela arrivait, quelles seraient les implications  et conséquences ? Hypothèse.

Au 15 septembre prochain, il est prévu le dépôt des offres techniques et financières des 3 consortiums d’industriels présélectionnés pour la construction du barrage Inga 3. Il s’agit de China Three Gorges Corporation et SinoHydro (Chine) ; SNC-Lavalin (Canada), Daewoo et Posco (Corée) ainsi que ACS et Eurofinsa (Espagne). Sauf que des filiales de ces sociétés chinoises et SNC-Lavalin figurent sur la liste noire de la Banque mondiale, soupçonnées de fraude et de corruption en Afrique notamment.

Rien ne prouve que dans la sélection, l’influence de la BM ne s’exercerait pas sur les cabinets conseils prestigieux du gouvernement (Banque d’affaires Lazard, Cabinet d’avocats Orrick et Société d’ingénierie Tractebel). Car ces derniers ont peaufinés le cahier de charges avec le financement de la BM. De quoi douter de la crédibilité de ce processus.

Décision de souveraineté

La RDC peut, en importe quel moment, arrêter le développement du projet Inga 3 en cours avec ses partenaires des institutions des Bretton Woods pour de raisons de « souveraineté ». Dans cette hypothèse, il peut arriver que la BM et la BAD soient informées de la décision qui aurait été prise par le gouvernement congolais.

La lourdeur administrative et les conditionnalités qui entourent les engagements et décaissements des bailleurs des fonds traditionnels paraitrait dès lors comme l’une des motivations majeures de la RDC. Selon un analyste, il serait judicieux de ne plus tourner autour du pot après avoir perdu près de 5 ans dans ce processus. Nous risquons d’attendre 10 ans.

Le pragmatisme de la Chine dans l’exécution des projets et la nature du partenariat (le troc) qu’elle offre pourraient ainsi prendre le dessus sur les propositions des prêts contraignantes et rigoureuses des occidentaux. Selon Xi-Jinping, cité par CCTV-Français, la Chine est prête à travailler avec la RDC pour approfondir la coopération et développer le partenariat stratégique, afin d’obtenir des résultats gagnant-gagnant.

Réorientation du projet

L’arrêt de la collaboration avec les bailleurs traditionnels, pourtant très intéressés par le projet Inga 3 et peut-être le Grand Inga, présente des implications auxquelles l’état congolais devra faire face. La BM et la BAD ont déjà financés les études de faisabilité évaluées à 142 millions USD. Montant qui devrait être remboursé par la RDC sans compter des pénalités et taux d’intérêts.

Les 3 cabinets conseils du gouvernement seront dès lors remerciés pour le travail accompli jusque là et pour lequel ils ont été payés de manière ponctuelle. Leurs contrats varieraient, selon des sources, de 18 millions à 24 millions de dollars pour la période 2011-2018, soit environ 1 million de dollars par société par an.

Avec la RSA, le problème ne se poserait pas. Car selon  le traité, il est prévu que la RDC lui fournisse, selon les conditions définies, ses 2500 MW pour achat le moment venu. Une garantie de rentabilité du projet donc.

Conséquences

Avec l’étude de faisabilité et l’offre technique et financière du consortium Trois Gorges – Synohydro, les chinois dégaineraient sur terrain pour passer à l’ouvrage. Ce, après signature du contrat et l’obtention par la RDC de la caution souveraine chinoise dans le cadre de ce partenariat basé sur du troc (mines, pétrole, gaz, etc.)

En toute liberté, la RDC pourrait ainsi construire avec l’appui de la Chine le barrage Inga III à 8,6 milliards USD tout en gardant la main mise sur son patrimoine de manière exclusive. Alors qu’elle aurait pu payer des intérêts de plus de 3 milliards ramenant le projet à 12 milliards.

Visite du Chef de l’Etat dans les installations du barrage des trois gorges en Chine. Ph. Top Congo FM

Toutefois, ce partenariat chinois, du type win-win, peut s’étendre sur le projet « Grand Inga » évaluer à 80 milliards USD. Imaginez qu’avec une production attendue de 40.000 mégawatts, ce site pourrait, à lui tout seul, alimenter en électricité la moitié du continent africain : de l’Afrique du Sud à l’Egypte, en passant par le Nigeria.

Il est vrai que cette hypothèse n’enchanterait pas les bailleurs traditionnels et va certainement créer un précédant qui pourrait avoir des répercussions sur les institutions politiques actuelles. Il est aussi évident qu’aller avec les chinois serait un acte de bravoure de la part de Joseph Kabila. Mais le plus important, c’est de privilégier l’option garantissant les intérêts du peuple congolais qui veut du concret.

Le gouvernement est depuis toujours à la cherche un concessionnaire capable de construire et d’exploiter Inga III (en apportant des capitaux conséquents) et non plus un simple développeur de projet. Pourquoi ne pas associer l’enthousiasme du congolais, manifesté par ses dirigeants, au pragmatisme des chinois ?

Wang Yu, Directeur de l’investissement international du groupe des 3 Gorges espère, selon Top Congo Fm, que la RDC fera le choix de la Chine pour ce grand projet, seul ou dans un consortium. Et si Joseph Kabila confiait le projet Inga 3 aux chinois ?

Eric Tshikuma / Zoom Eco

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