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RDC : refus de déclasser les parcs Virunga et Salonga du patrimoine mondial !

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Les membres de la société civile œuvrant dans le secteur de l’environnement sont opposés contre le déclassement des parcs Virunga et Salonga du patrimoine mondial. Ils ont exprimé leur position dans une déclaration faite ce jeudi 24 mai 2018 à Kinshasa.

En effet, ils ont montré, noir sur blanc, les dangers de l’exploration pétrolière dans ces deux sites classés sur la liste du patrimoine mondial. Ces sites, à une valeur exceptionnelle et dont l’écosystème constitue une richesse pour la planète, constituent une réponse à ce problème du changement climatique.

La société civile, a par la même occasion, lancé sa campagne de refus de ce projet de déclassement. Elle affirme avoir déjà récolté des signatures pour une pétition engageant la position de plusieurs ONG de Kinshasa comme des provinces dont le Nord Kivu.

Enjeux du déclassement

Le projet de désaffectation d’une partie des blocs pétroliers 4 et 5 du parc national des Virunga et des blocs 1 et 2 du parc de la Salonga a été présenté au gouvernement, le 28 mars 2018 par le ministre des Hydrocarbures, Aimé Ngoi Mukena. Au total, 2 767,5 km2 devraient être déclassés dans la Salonga, sanctuaires des singes bonobos, outre les 400 km2 du bloc 5 du Graben Albertine et la totalité du bloc 4 (1 320,75 km2), représentant 21,5% de la superficie totale du Parc des Virunga.

« Nous ne cesserons jamais de rappeler que les activités liées à l’exploitation du pétrole présentent les risques notamment le fait que c’est un écosystème très fragile et très vulnérable, face à toute forme de pollution surtout par les hydrocarbures et dont les effets sont connus par tous, à savoir, la destruction de la biodiversité en général, la pollution de l’eau du bassin du Nil », indique la déclaration des membres de la société civile.

En effet, le parc des Virunga est une zone de nidification des oiseaux migrateurs venus du monde entier et une zone stratégique en tant que bouclier contre le changement climatique. De surcroît, la société civile s’inquiète de la menace sur l’existence des tourbières du Parc de la Salonga que fait planer l’exploitation pétrolière.

Le ministre des Hydrocarbures a bétonné sa démarche au plan juridique. Dans sa note au gouvernement, il rappelle que la loi du 1er août 2015 sur les hydrocarbures prescrit que « pour cause d’utilité publique, un décret délibéré en Conseil des ministres peut autoriser les activités d’exploration » dans les parcs,

Aussi, écrit-il, la Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine mondial de 1972 admet la possibilité d’exploitation dans les parcs nationaux. Enfin, la législation congolaise autorise la révision unilatérale des accords instituant les aires protégées si l’intérêt national l’exige. Qu’à cela ne tienne, la société civile est déterminée à gagner cette bataille comme ce fut le cas avec Soco.

Recommandations

La société civile a formulé quelques recommandations. Au gouvernement et au Parlement, elle leur demande de mettre un terme à ce projet visant le déclassement de ces deux parcs du patrimoine mondial et de tout mettre en œuvre pour finaliser les engagements pris au niveau international en matière du climat, de la forêt et de la biodiversité. Ils sont invités également à renforcer le cadre légal sur l’exploration-exploitation pétrolière en RDC en vue de garantir la protection de l’environnement et les droits des communautaires.

Au secteur privé et entreprises pétrolières, il leur est exigé de respecter les standards internationaux et les normes environnementales qui interdisent toute opération d’exploration-exploitation dans les parcs, sites du patrimoine mondial. Ils devront également engager un dialogue social avec les communautés riveraines avant le lancement de tout projet pétrolier en RDC ainsi que de mener des études d’impact environnemental avant toute opération contractuelle dans un état fragile.

Dès lors, il appartiendra aux partenaires au développement d’appuyer techniquement et financièrement la démarche des ONG pour la protection et valorisation des parcs nationaux ; de partager les informations sur les initiatives d’exploration-exploitation pétrolière et des normes internationales y afférentes avec les OEC particulièrement ; de subordonner toute aide à la RDC pour respect des engagements et accords ratifiés par le pays.

Nadine FULA et Agnès Kayembe (Stagiaire) | Zoom Eco

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