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RDC : la Banque Centrale du Congo publie son rapport sur la politique monétaire 2020

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L’année 2020 était marquée par un contexte de crise pandémique. Conséquence, la conduite de la politique monétaire, en période de crise économique majeure, était à la fois une tâche délicate et ardue. C’est donc dans un tel contexte que la vingt-et-unième édition du Rapport sur la Politique Monétaire de 2020 a présenté la démarche de l’Autorité monétaire.

Généralement dans un contexte de crise, les contraintes structurelles, qui pèsent sur les canaux de transmission des impulsions monétaires, sont parfois renforcées.

« D’où la complexité de la mise en œuvre d’une politique monétaire efficace en pareille situation, laquelle requiert des analyses minutieuses et un processus décisionnel cohérent. C’est globalement cette réalité qui ressort de la présente édition du Rapport sur la Politique Monétaire que je vous présente », a indiqué le Gouverneur de la Banque Centrale du Congo, Déogratias Mutombo dans son avant-propos de ce rapport sur la Politique Monétaire en 2020.

En effet, pendant cette crise sanitaire le Gouvernement s’est vu obligé de mettre en place des mesures sanitaires de riposte à cette pandémie. Celles-ci ont eu le mérite de ralentir la propagation de cette maladie. Néanmoins, elles ont entraîné des répercussions négatives sur l’économie, en particulier dans les secteurs où les activités avaient été momentanément suspendues. A l’inverse de nombreux pays à travers le monde, paradoxalement, l’économie congolaise ne devrait pas sombrer dans la récession. Elle devrait se tirer grâce au dynamisme de son secteur extractif, en clôturant l’année avec une croissance positive, quoique faible, estimée à 0,8 %.

La Banque Centrale du Congo s’est résolue ainsi à poursuivre, sans désemparer, ses efforts visant à pérenniser la stabilité macroéconomique, quelles que soient les contraintes.

Parmi les dispositifs mis en place, cinq ont eu un impact sur le cadre macroéconomique.

Primo:
Dès le début de la crise, au premier trimestre de l’année 2020, la Banque Centrale du Congo a dû assouplir son dispositif : elle a abaissé son taux directeur et le coefficient de la réserve obligatoire sur les dépôts à vue en monnaie nationale. Cela, dans le but de fournir de la liquidité aux banques à moindre coût et leur permettre de soutenir l’activité économique.

La Banque Centrale du Congo s’est ainsi retrouvée devant un dilemme dans l’orientation de sa politique monétaire au cours d’une même année.

Secundo:
Au second semestre, la BCC a été amenée à durcir sa politique monétaire en relevant son taux de base dans un contexte d’accélération de la dépréciation monétaire et des poussées inflationnistes. Alors qu’au premier trimestre, elle avait abaissé son taux directeur.

« Ces deux orientations, en apparence contradictoires, reflètent plutôt sa flexibilité et sa capacité à s’ajuster aux évolutions de la conjoncture, surtout en période de crise, tout en restant conforme à la hiérarchie de ses objectifs », a expliqué le Gouverneur de la BCC.

Tertio:
L’action de la politique monétaire, couplée à celle de la politique budgétaire, a permis de ralentir l’inflation et de contenir la dépréciation monétaire dans des limites inférieures à celles postulées.

L’Institut d’émission tout en poursuivant prioritairement l’objectif de stabilité du niveau général des prix, a soutenu la politique économique générale du Gouvernement, sans toutefois causer préjudice à cet objectif principal.

Quarto:
La BCC a appliqué une bonne coordination des politiques macroéconomiques, surtout en période de crise.

D’après le Gouverneur de la BCC, cette coordination s’est organisée autour du dispositif de gestion des finances publiques sur base caisse et dans son prolongement, autour du pacte de stabilité signé entre le Gouvernement et la Banque centrale.

Il faut souligner que ce pacte a eu le mérite de réaffirmer le principe de non recours au financement monétaire des déficits publics, lequel a longtemps été le facteur principal à la base de l’instabilité du cadre macroéconomique.

Selon l’autorité monétaire, n’eut été ce dispositif pour lequel l’Autorité monétaire mérite d’être vivement félicité pour le respect de ses engagements, la situation économique du pays se serait davantage détériorée.

Cette crise aura au moins le mérite d’aider la BCC à se résoudre à poursuivre, sans désemparer, ses efforts visant à pérenniser la stabilité macroéconomique, quelles que soient les contraintes.

Par ailleurs, elle s’engage à entreprendre les réformes nécessaires du cadre de sa politique monétaire pour améliorer l’efficacité de son action.

Les leçons tirées de ladite crise constituent autant d’enseignements qui serviront de balises pour orienter l’Institut d’émission face aux défis futurs.

Nadine FULA

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