Quantcast
Connect with us

a la une

RDC : L’arrêt brusque de financement est la cause principale de la débâcle du projet Bukanga-Lonzo (Enquête)

Published

on

RDC : L’arrêt brusque de financement est la cause principale de la débâcle du projet Bukanga-Lonzo (Enquête) 1

A l’issue d’une enquête menée par un groupe de journalistes de la République démocratique du Congo (RDC), un arrêt brusque de financement se trouve être la cause principale de la débacle qu’a connue le projet agro-industriel de Bukanga-Lonzo dans la province du Kwango (PAIBL).

Selon les conclusions de l’enquête, la débâcle n’est due ni à une prétendue absence d’étude du sol, ni à un quelconque détournement de fonds, moins encore à la surfacturation de certains biens et services.

Les journalistes-enquêteurs notamment Eric Tshikuma, Israël Mutala et Rachel Kitsita affirment que «l’arrêt brusque du financement par le Gouvernement en février 2017 est la cause principale de la débâcle du projet Bukanga-Lonzo».

Responsabilités partagées

Les enquêteurs affirment que dans cette affaire, ils n’y a pas de fatalité. Il se pose juste, croient-ils, un problème de forte volonté politique.

Il faut noter que le groupe de journalistes a travaillé sur cette question pendant près de quatre mois afin de déceler les causes, les responsabilités et les perspectives autour de ce projet qui avait pour objectif la quête de la souveraineté alimentaire et de la diversification de l’économie nationale.

« La cause principale de la débâcle du PAIBL est l’arrêt brusque de son financement par le Gouvernement en février 2017. Bien que le management d’AFRICOM, gestionnaire financier et technique du PAIBL, ne soit exempt de tout reproche, car des fautes ont été décelées, mais celles-ci n’étaient pas de nature à provoquer l’effondrement du projet. C’est l’assèchement du financement, pour un jeune projet qui en avait encore cruellement besoin, 520 millions USD pour la maturité du projet, qui sonna le glas du PAIBL. Toutefois, ce fiasco n’est pas irréversible. Si le Gouvernement décide de le relancer, l’investissement déjà consenti, près de 153 millions USD sera récupéré et rentabilisé », peut-on lire dans le rapport rendu public à l’issue de l’enquête qui a été publié le lundi 25 janvier 2021 à Kinshasa.

520 millions USD sur 10 ans

Rappelons que le Gouvernement congolais a pris la décision de lancer, en 2014, le projet agro-industriel Bukanga-Lonzo, avec un coût d’investissement de 520 millions USD à débloquer sur dix ans, période prévue pour que le projet atteigne sa maturité.

Après y avoir injecté près de 153 millions USD des fonds publics, deux ans après (en 2017), le projet n’a plus continué.

Le rapport d’enquête publié par les journalistes note un certain partage des responsabilités à plusieurs niveaux. Quelques perspectives sont également esquissées.

D’après le rapport d’enquête, plusieurs théories spéculatives sur les causes de l’échec du PAIBL ont fleuri. Elles sont essentiellement de trois ordres.

La première postule que le PAIBL était voué à l’échec à cause de son sol non approprié à la culture. C’est « la théorie du sol sablonneux » de Bukanga-Lonzo.

Cette théorie présuppose qu’aucune étude du sol n’a été faite préalablement.

Il faut noter qu’il existe une étude pédologique sur le PAIBL. Elle décrit les 4 types de sol de Bukanga-Lonzo. Il s’agit de Cartref, Clovelly, Constancia et Ferwood.

Sur les 80 000 hectares, cette étude révèle qu’il n’y a que 53 000 qui sont arables. <<C’est en fonction de cette étude que, notamment, une stratégie de fertilisation a été définie>>, renseigne le rapport d’enquête journalistique.

La deuxième thèse spéculative en rapport avec le projet soutient que c’est la mauvaise gouvernance du PAIBL et par AFRICOM et par l’ex-Premier ministre Augustin Matata Ponyo Mapon, qui aurait causé sa débâcle.

153 millions USD débloqués

« Si AFRICOM, le gestionnaire technique et financier du PAIBL est directement mis en cause, accusé notamment de détournement et de surfacturation, l’ex-Premier ministre Matata est indexé pour sa responsabilité indirecte par l’IGF. Aucun mot sur le Comité de pilotage du PAIBL constitué de quatre ministères sectoriels : ministère de l’Agriculture, ministère de l’Industrie, ministère du Portefeuille, ministère des Finances », indique le rapport.

Concernant les allégations de détournement et de surfacturation, un audit de Ernst and Young (EY), parmi les quatre plus grands cabinets d’audit au monde (Big four), n’a pas fait état d’actes de corruption.

A cet effet, AFRICOM a reconnu avoir reçu près de 153 millions USD du Gouvernement. Le ministère des Finances ainsi que la Banque centrale du Congo (BCC), relevés bancaires à l’appui, soutiennent aussi avoir décaissé près de 153 millions USD au profit de AFRICOM pour le compte du PAIBL. Aucune de deux parties n’a admis avoir perçu, pour l’un, ou octroyé, pour l’autre, la somme de 285 millions USD telle qu’avancée dans le rapport de l’IGF.

Plusieurs experts comptables interrogés sur la notion de «responsabilité indirecte» ou « responsabilité intellectuelle » sont formels sur le fait que cette notion est très « discutable ». « Soit on est responsable, soit on ne l’est pas », commentent-ils le rapport de l’IGF. Ils reprochent aussi à ce rapport l’absence de preuve alors que les actes de détournement sont facilement repérables.

Olivier Kamo

Continue Reading
Advertisement
Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Advertisement

Edito